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Remember Me, nouvel album d’AnneGa : As the Poems Go

La poésie que dévoile Anne-Gaëlle Bourquin dans son nouvel album porte des émotions profondes, posées à cœur ouvert sur des mélodies magiques. Le 16-titres ouvre les portes d’un monde d’une musicalité rayonnante, d’une littérature oubliée, inspirée notamment par le poète Bukowski auteur de As the Poems Go. L'œuvre se déguste à l'abri de ces quotidiens à cent à l'heure. De : Joël Achille

La bibliothèque en bois accueille des bouquins sur le développement personnel, la psychologie, des œuvres inspirantes comme Eat Pray Love.  Big Magic d’Elizabeth Gilbert, l’a poussée à sortir du stade de réflexion pour passer à celui de la réalisation. Sur la couverture d’un imposant ouvrage, l’allemand Charles Bukowski scrute les visiteurs. « Mon poète préféré », confie AnneGa en lui renvoyant un aimable regard.

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Vers les étagères du bas, des livres de littérature prennent la poussière – Une jeune femme au Mont Limon, Un Sac de Billes… – ainsi que des analyses critiques mises de côté après les examens finaux de français. Une ironie pour la jeune femme de 26 ans, qui « pense en anglais ». Son nouvel album sorti officiellement vendredi dernier regorge de vers écrits dans la langue de Shakespeare.

Sunlight, traffic, nights.

« Remember Me clôt un chapitre », souligne Anne-Gaëlle Bourquin. Posée dans la spacieuse pièce de vie de son domicile, à Flic-en-Flac, elle abandonne quelques instants son personnage de scène pour se raconter librement. Aussi apprend-on que ce chapitre se compose de réflexions profondes, de cœurs brisés, de tragédies, d’anxiété, de cloisonnement. Mais aussi de choix d’une vie, d’apprentissage, d’espoirs, d’unité, de guérison et de rêves. « I have learnt the hard way that a broken heart is an open door to poetry », écrit-elle dans le livret qui accompagne l’album.

La poésie proposée à travers les 16 titres raconte les états d’âme de cette ancienne habitante de Beau-Bassin qui, après avoir occupé les bancs de l’école Philippe Rivalland et du collège Bon et Perpétuel Secours, a complété des études en Sciences politiques à l’Université de Maurice.

Elle dessine cet imaginaire d’enfance préservé, dépeint les péripéties de l’amour, rend hommage aux disparus, à ces connaissances éphémères. Anne-Gaëlle Bourquin parle aussi de la violence faite à des générations de femmes, et du poids du confinement sur les êtres. La poésie d’une âme discrète, qui admire ce monde d’un œil innocent.

One more line now.

Le style principal retenu pour livrer ses observations lui a été inspiré par l’un de ses deux frères, sobre admirateur du rock et de la pop anglaise. À l’indie-pop balancé sur l’opus s’accroche la musicalité détonante d’Emanuel Desroches et de sa guitare insolite et l’élégance de Patrick Desvaux, parmi d’autres musiciens de talent. Tandis que les arrangements assurés par Cédric Cartier et l’Italien Ribongia ramènent vers cet univers tantôt féérique tantôt brutalement réaliste.

Un travail minutieux entrepris par toute une équipe depuis 2017 selon les écrits, « depuis 2018 » se rappelle difficilement la chanteuse. Prévu pour avril 2020, l’opus produit par Kabann Records se heurta aux répercussions de la Covid. Et c’est tant mieux ainsi. Car de multiples collaborations ont émergé par la suite, dont celles avec Jason Heerah et de Vincent Brasse.

Sous les étoiles de la côte ouest, AnneGa évoque un deuxième album. Trop tôt cependant pour en dire davantage. Pour l’heure, la jeune chanteuse propose de découvrir les expériences qui ont forgé son identité différente, qu’elle ne craint plus d’affirmer. Charles Bukowski écrit dans As the poems go : « The best writers have said very litte, and the worst, far too much ». Dans une déferlante de sonorités éphémères et vide de sens, de rythmes copiés avec outrance, Remember Me vogue à contre-courant, contant des récits émouvants.

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