Sloane Vian, née Curel a marqué l’histoire de la mode dans l’Océan indien. 30 ans plus tôt elle avait fondé la première agence de mannequin à La Réunion. Installée depuis plus de 13 ans à Maurice, la fashion designer, mannequin haute couture et créatrice de collection a longtemps choisi de rester loin des projecteurs. Lancée depuis peu dans la création d’événements et avec l’ouverture d’un premier showroom privé à Grand-Baie, cette grande dame de la mode est aujourd’hui bien décidée à sortir de l’ombre.

Crédit photo : Clique Photography Mauritius

Facebook et Instagram: Sloane Mauritius

De Paris à Milan en passant par Singapour, les États-Unis et La Réunion, Sloane Vian a défilé sur de grands podiums, pour des marques comme Nina Ricci, Lanvin, Dior, l’Oréal. Elle s’estime chanceuse “d’avoir une passion et de vivre d’elle”. Quand elle débarque à l’Île Sœur en 1987 pour le festival de la mode, elle est au sommet de sa gloire. Elle a un coup de cœur pour La Réunion, y trouve l’amour et décide de s’y installer. “Il y a un roman qui me correspond parfaitement : Va où ton cœur te porte. Je ne sais pas fonctionner autrement”.

De l’ombre à la lumière

Quelque temps plus tard, elle crée la toute première agence de mannequin de l’Océan indien Sloane & Co et une première boutique de vêtements en 1989. Une marque à son image et surtout adaptée au climat tropical. Sept boutiques plus tard, sa famille et elle font le grand saut sur Maurice 13 ans de cela. “J’ai pris mes risques et tout lâché pour venir ici. Jusqu’à présent, j’étais restée très discrète sur ma vie. Ce n’est que maintenant que les gens me découvrent ainsi que mon parcours. À Maurice, j’ai davantage été la femme d’un médecin que le mannequin haute couture et la créatrice de mode. Je consacrais ma vie à ma famille et mes enfants, Oscar et Vadim, âgés de 24 et 23 ans”. Depuis que ces derniers ont quitté le nid, l’entrepreneuse a décidé de se relancer dans la création en fondant sa première entreprise Sloane Mauritius.

C’est à Chemin Vingt Pieds à Grand Baie que son premier showroom privé s’est niché fin 2020. Un espace de création à son image, élégant, inspirant et coloré, où elle propose ses collections de vêtements, de bijoux, de sacs et d’autres accessoires. “C’est surtout un lieu avec une âme et une marque qui valorise le savoir-faire artisanal et le fait main pour incarner son identité.” Le client se voit offrir une approche personnalisée . “Chaque personne qui passe la porte est unique. De même que l’est chaque modèle de vêtement. Il faut que la personne ait un coup de cœur. Comme une artiste, je veille à ce qu’il y ait une rencontre entre le vêtement et la femme”. C’est aussi une entreprise avec un engagement social qui se reflète à travers sa recherche de fournisseurs et son mode de production responsable, souligne la créatrice de mode. Par temps de confinement, “la créativité compense la morosité ambiante”. C’est dans son atelier et son showroom, au milieu de tous ces tissus, de ces couleurs que celle qui se décrit comme une “coloriste” dans la mode se sent le mieux. “La couleur c’est la vie”. De nature très positive, le yoga et la méditation font également partie du mode de vie de Sloane. “J’envoie de bonnes vibes et j’en reçois aussi”. Raison pour laquelle elle estime avoir toujours fait de vrais choix dans sa vie.

Le mannequinat,

“Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie”, est une expression taillée sur mesure pour la créatrice de mode. À 10 ans, le choix de carrière de la Haut-Marnaise était déjà trouvé. “Mais ce n’était toutefois pas au goût de mes parents. J’étais une élève très  brillante et pour certaines personnes, la mode est un sous métier. Mes sœurs me disaient que c’était du gâchis de faire de la mode quand on a les notes que j’ai”. En parallèle à sa carrière dans le mannequinat, elle a fait des études de littérature, d’histoire de l’art au Musée du Louvre et parle plusieurs langues. C’est toujours en suivant son cœur et en faisant les bons choix qu’elle a été en mesure de se démarquer. Invité au premier événement organisé par Sloane à la Réunion, Pierre-Yves Guillen, à l’origine de la création du dé d’or de la haute couture française en 1976, fut “ébloui” par la modèle française. Il lui consacra d’ailleurs une belle page dans Le Quotidien De Paris daté du 23 aout 1987. Dans un extrait de l’article, il parle de “la découverte de Sloane Curel, un mannequin très Parisien, blond et ravissant, qui présente aussi bien chez Dior que chez Muglet, aussi bien chez Ricci que chez Guillemin”. Saluant au passage sa passion dévorante pour le mannequinat et son esprit entreprenant : “Ce mannequin n’est pas bête (…) Un mannequin qui aime réellement la mode, qui n’en fait pas seulement une parade, qui en fait un sacerdoce”. En effet, sa capacité à s’adapter, à communiquer, sa curiosité et son sens du défi, l’ont propulsée rapidement à l’époque de mannequin à chef d’entreprise.

À Maurice, Sloane offre son image à des campagnes publicitaires d’envergure pour de grandes compagnies. Inscrite dans une agence de mannequinat à Paris, elle a eu l’opportunité d’être mise en contact avec une agence à Cape Town depuis quatre ans. Depuis, elle fait le va et vient entre l’Afrique du sud et Maurice, deux mois par an. En sus du mannequinat, elle travaille également comme comédienne tenant des petits rôles dans des films publicitaires. En novembre 2020, la créatrice d’événements et directrice artistique se vit confier l’organisation d’un défilé à Maurice lors d’un événement de la compagnie Barnes. De la scénographie, à la chorégraphie du défilé, en passant par la sonorisation et la formation des femmes qui n’étaient pas forcément des professionnelles, elle gère l’événement de A à Z. C’est un succès et Sloane crée la surprise car “beaucoup de mes connaissances ne se doutaient point que j’avais un tel bagage dans le milieu de la mode”. L’expérience, le vécu et la connaissance du milieu font définitivement de Sloane une référence dans la mode.