À 18 ans, Yulyanna Chimeea se sent totalement en phase avec elle-même lorsqu’elle parvient à illustrer ses émotions par l’art. Ses premières illustrations révèlent déjà une certaine maturité artistique. Son Bac en poche, elle a opté pour une année sabbatique afin de mieux découvrir le monde artistique. Car peindre en s’inspirant de la musique ou de sa mixité culturelle fait partie de son quotidien.

Elle a 18 ans et précise :  Il n’y a pas vraiment une limite d’âge pour devenir passionné”. Son portfolio en est la preuve,  la maîtrise technique de Yulyanna Chimeea témoigne déjà d’une certaine maturité artistique et dégage une émotion intense. Pourtant, cette bachelière avait opté pour la filière scientifique. En ce moment elle s’accorde une année sabbatique avant d’entamer une prépa artistique et s’inscrire dans une école d’art à Paris ou au Canada,

Elle glisse subtilement du réalisme à l’art abstrait, auquel elle rajoute un peu de mystère et de l’audace, un brin de dynamisme, de la désinvolture et cette touche de jeunesse et de fraicheur. “Je ne me considère pas encore une artiste. Néanmoins j’ai entamé le processus et je suis sur la bonne voie”. La Mokasienne peint et compose ses œuvres par ajout de couches tout en laissant évoluer les motifs au gré de sa fantaisie. “Parfois je sabote la peinture, je la découpe, je la colle, je la recouvre, bref je provoque les choses pour que ça change. Même si je n’ai pas encore une signature ou un style bien précis, j’arrive à rendre mes compositions riches”. Les pas sont certes nouveaux, mais ils sont faits avec assurance et détermination.

La musique l’inspire.  Je suis très free-style et au feeling. Des fois ce sont des émotions qui me submergent”. En effet les contrastes sont frappants. On y retrouve aussi et souvent  la présence de visages fragmentés ou incomplets qui jaillissent des profondeurs du subconscient et ne manquent pas de titiller la curiosité. Certains œuvres postées sur son compte Instagram (artbyhinga) ne laissent pas indifférent. Elles interrogent, intriguent, fascinent même.

Animée par une belle énergie, conscient de ses capacités autant que les restrictions d’être jeune et débutante, son choix d’une année sabbatique n’est définitivement pas un hasard. Non, Yulyanna Chimeea n’entame pas 12 mois de repos pour se la couler douce. La to-do-list de cette jeune fille, née d’un père mauricien et d’une mère ukrainienne, est exhaustive. Indispensable selon elle pour découvrir un maximum de choses, saisir toutes les opportunités et se faire le plein de contacts. Comme actuellement son stage à Lakaz D’Art pour découvrir le monde artistique ou récemment la proposition de présenter son premier tableau en public lors du concert lancement de l’album de Linzy Bacbotte et d’Elijah. « Je trouve que nous avons une très belle communauté artistique ici et elle a pris de l’ampleur d’année en année. Je rêve aussi de laisser mon empreinte et faire partie de ce groupe d’artistes qui il y a Maurice”. Parmi les artistes qui l’inspirent, la jeune femme a une préférence pour les « locaux » surtout sur ceux de la Bactory à l’instar de Gael Froget, Raymond Levantard, Skizofran…  « C’est incroyable ce qu’ils font, et j’estime qu’ils ne sont pas suffisamment mis en avant”.

Dès sa tendre enfance, elle a senti que son chemin serait très « exploratif » et « créatif ». Une touche à tout prête à découvrir différents domaines : sport, théâtre, guitare, violon, football… Mais le dessin et l’art sont les deux seules passions qui ont résisté au temps. “Mes cahiers de cours me servaient généralement de cahier de dessin. Toujours à gribouiller à la moindre occasion”.

Ce n’est que l’année dernière pendant le confinement que Yulyanna Chimeea prend conscience que la peinture est son moyen de s’approprier l’espace et de dire qu’elle existe. “C’est uniquement quand je suis dans ma bulle avec mes écouteurs à l’oreille que je me sens réellement moi et que j’arrive à m’exprimer. Je peins et ce je découvre m’étonne souvent puis je laisse aussi toute la liberté d’interprétation à tous ceux qui regardent mes travaux”.

D’ailleurs quand elle reprit l’école en septembre dernier et devait se mettre à fond dans les études pour décrocher son Bac, Yulyanna Chimeea a pris conscience  à quel point elle n’était pas bien sans la peinture. Animée d’un engouement juvénile, elle est bien décidée à ne s’arrêter en si bon chemin. Ses prochains coups de pinceaux annoncent certainement le début d’une très longue carrière dans le monde des arts. Aux autres jeunes elle dit : “Si vous avez quelque chose qui vous plaît, vous devez vous accrocher à ça et foncer. Ne laissez personne vous contredire. Il faut toujours croire en soi pour que d’autres puissent croire en nous”.