Le Magic Sports Club, qui était très actif sur le plan international, avec des athlètes de haut niveau, prend le temps de se perfectionner. En effet, chaque club et fédération sportive vit le manque de frottements internationaux à sa façon. La motivation peut prendre un coup par manque d’objectif. C’est ainsi que l’entraîneur Jean-Marie Bhugeerathee a trouvé plusieurs astuces pour maintenir une bonne forme physique et morale chez les handisportifs. Il souligne même que la situation actuelle est une occasion inattendue pour se perfectionner.

Les compétitions sportives ne sont pas encore d’actualité à la fois sur le plan local et international à la Physically Handicapped Persons Sports Federation (PHYSFED). Au Magic Sports Club, affilié à la PHYSFED, ils ont bien compris que la routine des entraînements, sans aucune autre activité, pourrait devenir monotone. Jean-Marie Bhugeerathee a établi un programme pour les trois types de handicap physique, mental et visuel qui permet aux athlètes de travailler en équipe malgré leur différence. « J’ai un programme d’entraînement qui ne laisse personne de côté. Un athlète ayant une déficience intellectuelle peut très bien s’entraîner avec un aveugle. Les entraînements deviennent beaucoup plus intéressants. Nous nous entraînons à la gym et à l’air libre. Les athlètes connaissent leur programme et retiennent bien les termes anglais, ils sont assez autonomes. Surtout, personne ne triche pendant les entraînements. Ils sont toujours prêts à se donner à fond », souligne Jean-Marie Bhugeerathee.

En ce qui concerne les autres activités, le Club Magic organise souvent des sorties avec le club pour se détendre et s’amuser un peu. Les athlètes font par exemple des jeux à la piscine, des sorties en nature et des jeux à la gym pour consolider le travail d’équipe. C’est une façon de conserver les athlètes, fait ressortir souligne Jean-Marie Bhugeerathee. « J’entraîne des athlètes de haut niveau, mais qui sont des humains avant tout. Un entraîneur doit faire le nécessaire pour toujours motiver ses athlètes principalement en l’absence de compétition. Nous prenons le temps de nous perfectionner. Le niveau des athlètes a encore plus augmenté comparé à 2019. Je sais que nous serons prêts à obtenir notre qualification pour les prochains Jeux Paralympiques », estime Jean-Marie Bhugeerathee. En effet ce dernier s’appuie beaucoup sur la préparation physique et la Psychology of Coaching pour bien encadrer ses poulains depuis le confinement. Actuellement, deux athlètes du club Magic sont dans les dix et quinze premiers au classement international respectivement, selon Jean-Marie Bhugeerathee. Il est à noter que pour obtenir une qualification paralympique, les athlètes doivent se retrouver parmi les six premiers dans leur catégorie.

Enfin, Jean-Marie Bhugeerathee souligne que le nouveau comité du Mauritius Paralympic Committee (MPC) a offert un soulagement aux handisportifs. Il est d’avis qu’il y a eu plusieurs problèmes où les athlètes ont fait les frais. « Hormis les problèmes de licences internationales non renouvelées, je voudrais savoir où est passé le budget pour les stages et formations internationales ? Être à la tête d’une instance comme le MPC c’est comme être à la tête du Comité olympique mauricien. Ce n’est pas pour satisfaire ses envies personnelles. Le MPC est l’instance qui nous représente sur le plan international. Si nous avons quatre athlètes dans la High Level Sports Unit qui se préparent pour les Jeux Paralympique, ça veut tout dire. Je suis sûr que nous bénéficierons comme il se doit du soutien du MPC à présent », laisse entendre Jean-Marie Bhugeerathee.