Rebecca Sophie, présidente de la Saint-Louis Fishermen Cooperative Society, et Joseph Saint-Mart, président de Lions Cooperative, deux sociétés coopératives de Mahébourg, souhaitent que la Maison des pêcheurs, située dans la localité, soit convertie en un centre multifonctionnel. Un centre qui comprendrait un espace où les femmes pêcheurs pourront exposer leurs produits artisanaux, un coin pour la restauration, un espace pour les enfants et un autre pour les artistes qui veulent donner libre cours à leurs talents.

La vocation initiale de La maison des pêcheurs, gérée autrefois par la State Development Property Company et à présent par la Mauritius Fishermen Cooperative Federation, était d’acheter les prises des pêcheurs de la région et de les vendre au public. « Cela fait des années que nous avons demandé au ministère concerné de revoir le fonctionnement et la gestion de cet endroit. Aucune décision n’a été prise », dit-on au sein de la fédération.

Sudheer Maudhoo, le ministre de l’Économie océanique, des Ressources marines et de la Pêche avait organisé à son bureau une réunion tout récemment où toutes les sociétés coopératives de l’île étaient présentes pour parler de la gestion de la Maison des pêcheurs. Une réunion à laquelle avaient assisté Rebecca Sophie et Joseph Saint-Mart. Rebecca Sophie, qui s’occupe de la gestion de la Saint-Louis Fishermen Cooperative Society après le décès de son père qui avait fondé cette société en octobre 1963, donne son point de vue. « Il est temps de revoir le fonctionnement et la gestion de la Maison des pêcheurs. On ne peut plus continuer à la gérer au petit bonheur comme c’est le cas actuellement. » Selon cette dernière, une bonne gestion de cet espace permettrait de donner une nouvelle image et de valoriser le métier de pêcheur.

Elle suggère que des cours soient organisés à l’intention des enfants de pêcheur. « Certains pêcheurs ont déjà pris leur retraite. Il faut assurer la relève, donner la possibilité aux jeunes de s’adapter aux nouvelles techniques de pêche », confie Rebecca. Comme à Mahébourg, il n’y a pas eu de gros projets de développement ces dernières années, la Maison des pêcheurs pourrait devenir un centre d’intérêt pour les habitants de cette région.

Joseph Saint-Mart remet, lui aussi, en question la gestion de la Maison des pêcheurs de Mahébourg. « Ena bel lepok depi nou pe dir ki bizin reorganiz li pou ki nou redonn li so valer. Li pa rantab. Eski se peser ki pe amenn pwason pou vande ou byen pwason ki sorti lot plas ki pe vande ? se demande-t-il. « Mo swete minis pran desizion ki bizin pran. Sitiasion pe anpire de zour en zour. » Une autre source proche de la MFCF plaide, lui aussi, pour une réorganisation complète de la Maison des pêcheurs.

« Cette maison a obtenu un permis pour opérer, mais que pour le “fish processing”», précise-t-elle. La raison est qu’elle se situe dans une zone résidentielle. Il partage, lui aussi, l’avis de Rebecca Sophie et de Joseph Saint-Mart. « La Maison des pêcheurs n’a pas sa raison d’être dans l’état où elle se trouve actuellement. Cela ne vaut la peine de réinvestir pour l’achat d’une chambre froide et d’autres équipements. Qu’elle retourne à sa vocation initiale ! Il y a des marchands de poissons dans tous les coins de Mahébourg, à Beau-Vallon jusqu’à Ville-Noire. » Elle note que le déplacement des pêcheurs est devenu de plus en plus difficile à cause de la structure métallique de six pieds de haut qui a été placée en face du bâtiment. Et de souligner : « L’accostage à la jetée est devenu plus difficile et surtout lorsqu’il pleut ou pendant la période cyclonique. Des travaux pour réorganiser l’accostage vont nous coûter cher. »

Selon cette même source, la Maison des pêcheurs, à quelques mètres du front de mer, est appelée à jouer un rôle plus important dans la vie des femmes pêcheurs de la région. « Le ministre doit tout mettre en œuvre pour accélérer les choses », conseille-t-il.

Interrogé, le ministre Sudheer Maudhoo explique : « J’ai déjà eu des discussions avec les sociétés coopératives concernant la gestion de la Maison des pêcheurs. J’ai suggéré comme ces sociétés qu’on aménage un centre d’artisanat pour les femmes pêcheurs de la région. Il est temps de créer un espace pour eux. »