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Engagés dans le nettoyage des plages depuis les fuites du 6 août dernier, les pêcheurs de la région du Sud-Est sont mécontents de devoir dorénavant travailler sous un contracteur. Jusqu’ici, ils se référaient aux officiers des Fisheries. Ces pêcheurs dénoncent également la démarche du ministère de tutelle, qui a organisé une réunion à ce sujet sur une base sélective. Par ailleurs, la Federation of Sea Fishermen Associations organisera une manifestation pacifique à Port-Louis ce 28 août.

Pour Patrick Souci, de Bambous-Virieux, le ministère de la Pêche doit assumer la responsabilité des pêcheurs « au lieu de les laisser entre les mains d’un contracteur ». Son mécontentement fait suite à une réunion tenue à Blue-Bay la semaine dernière, où il a été dit que dorénavant, les pêcheurs engagés dans le nettoyage des plages travailleront sous la responsabilité d’un contracteur. Or, dit-il : « En tant que pêcheurs, nous sommes enregistrés avec le ministère. Jusqu’ici, on prenait des instructions des officiers des Fisheries. Nous ne connaissons pas le contracteur, ni les conditions imposées. »

Il se dit d’autant plus révolté que pour cette réunion, le ministère a procédé de manière « sélective ». Il explique : « On a choisi cinq pêcheurs dans chaque région, en se basant sur je ne sais quels critères, pour assister à la réunion. Cela a-t-il été fait pour écarter ceux qui élèvent la voix ? » Ce dernier invite également les députés de sa circonscription, à savoir le ministre Mahen Seeruttun, la PPS Teena Jutton et la Chief Whip Naveena Ramyad, à venir à la rencontre des pêcheurs pour être au courant de leur situation. « Je leur demande de ne pas fuir devant leurs responsabilités. Les personnes de Bambous-Virieux sont en train de vivre un véritable calvaire avec ce problème de pollution. »

Par ailleurs, la Federation of Sea Fishermen Associations (FSFA) s’est aussi élevée contre la décision des autorités de référer les pêcheurs aux contracteurs. « Nous avions demandé au ministre de la Pêche, Sudheer Maudhoo, un “risk assessment” pour ce travail. Nous voulions savoir quels sont les risques pour les pêcheurs. Mais il ne nous a donné aucune réponse. Donc, aujourd’hui, c’est un contracteur qui recrutera les pêcheurs. Qui va assumer les responsabilités si jamais il y en a qui tombent malade à cause de cette pollution ? » se demande Atma Shanto, négociateur de la fédération.

Par ailleurs, la FSFA organisera une marche pacifique à Port-Louis ce samedi 28 août, après celle de Mahébourg, le 16 août dernier. Des pêcheurs de toutes les régions sont appelés à se mobiliser en soutien avec leurs confrères de la région du sud-est. Atma Shanto a dénoncé la politique de « répression » du gouvernement, suivant la manifestation de Mahébourg. Une réunion prévue avec le ministre Sudheer Maudhoo le lendemain avait été annulée. Atma Shanto demande au ministre de rétablir cette réunion et indique que c’est le droit du syndicat de manifester. Il compte alerter les instances internationales à ce sujet.

Pollution en haute mer également ?

Alors que la pêche à la senne est toujours en cours, Arnaud Lanfray, pêcheur de Tamarin, invite les autorités à considérer des tests de la qualité de l’eau en haute mer. « Je pratique la pêche à la senne et quand on pêche hors du lagon, on fait le tour de Maurice, on ne pêche pas à un seul endroit. Il y a peut-être des risques que le pétrole se soit répandu hors du lagon. C’est pour cela que nous lançons un appel aux autorités afin qu’elles considèrent cette éventualité. » Rappelons que la pêche à la senne démarre en mars et qu’elle durera jusqu’au mois d’octobre.