Avec la rentrée scolaire prévue le 14 juin, l’éducation continue à être au centre des préoccupations des parents. C’est dans cette optique que Le Mauricien a rencontré Mahend Gungapersad, ancien directeur de Rabindranath Tagore Institute (RTI) à Îlot et député du PTr. « Je suis toujours le pédagogue dans l’arène politique », confie ce passionné de l’éducation. Il a eu, d’ailleurs, une solide formation dans le domaine en Inde et à Leicester en Grande-Bretagne, détenant un doctorat. Il est l’auteur d’un ouvrage intitulé “Understanding how informal teacher leaders operate in Mauritius”, publié par Lambert Academic Publishing. Il considère que la réforme de l’éducation, en particulier le “Nine-Year Schooling”, a été présentée comme une panacée pour notre système éducatif mais qu’elle contient de nombreuses faiblesses et lacunes.

Mahend Gungapersad, vous êtes un pédagogue très connu et vous avez fait vos preuves comme directeur de la Rabindranath Tagore Secondary School à Îlot. Parlez-nous de votre expérience dans le secteur de l’éducation ?
Je chéris chaque jour que j’ai passé en tant que recteur du RTSS de 2003 à 2014. Avant cela, j’étais éducateur au Mahatma Gandhi Insitute, Moka, entre 1994 et 2002. Il y a tant de bons souvenirs qui sont restés gravés dans mon esprit et dans mon cœur. Je les chérirai pour le reste de ma vie.
Je me suis assuré que presque tous les élèves sous mon aile apprécient leur parcours éducatif. J’ai appelé mes élèves « mes enfants » et je note que de nombreux recteurs et éducateurs font la même chose aujourd’hui. Nicholas Ferroni a dit à juste titre que « les élèves qui sont aimés à la maison viennent à l’école pour apprendre et les élèves qui ne le sont pas viennent à l’école pour être aimés ».
La RTSS était un établissement spécial car j’ai pu adopter la méthode expérimentale en pédagogie. Il fallait cerner des situations très évolutives avec de multiples variables humaines et environnementales, ainsi que l’environnement socioculturel. J’ai été inspiré à la fois par Gandhi et Tagore dans mon effort de gérer la RTSS. J’ai essayé de promulguer une version mauricienne de Shantiniketan. Du moins, j’ai essayé de garder l’établissement où comme l’écrit Tagore dans Gitanjali (l’Offrande Lyrique) : « Là où l’esprit est sans crainte et où la tête est haut portée/Là où la connaissance est libre/Là où le monde n’a pas été morcelé entre d’étroites parois mitoyennes/Là où les mots émanent des profondeurs de la sincérité/Là où l’effort inlassable tend les bras vers la perfection. »
Tout en nous concentrant sur un enseignement et un apprentissage de haute qualité, tout a été fait pour offrir aux élèves la possibilité de goûter au théâtre, à la musique, au sport et à une myriade d’activités parascolaires. L’éducation holistique n’était pas un mythe mais une réalité à la RTSS. Aujourd’hui encore, la plupart des parents, élèves et éducateurs qui m’ont accompagné dans ce fabuleux voyage seront heureux de partager d’agréables anecdotes d’antan.

De l’éducation, vous vous êtes retrouvé dans l’arène politique. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Je me souviens toujours de cet appel en octobre 2014 que j’ai reçu du Dr Navin Ramgoolam, le Premier ministre d’alors et leader du Parti travailliste, m’invitant à me mesurer à SAJ dans son fief au No 7 pour les élections générales de décembre 2014. Ce n’était pas une décision facile pour moi car personne au sein de ma famille n’a jamais été dans la politique.
Après une hésitation initiale, j’ai accepté de relever le défi car je me suis dit « pourquoi pas ? » Et aujourd’hui, je suis un député du Parti travailliste de la circonscription No 6, Grand-Baie/Poudre-d’Or au Parlement grâce au soutien de mes mandants. Cela a constitué un grand bond de l’éducation pour atterrir dans la marmite politique. Mais je ne regrette rien et je suis reconnaissant envers les membres et partisans du parti pour leur soutien.

Au Parlement, vous abordez vos interventions en prenant une perspective de pédagogue. Vous pouvez donc poursuivre votre combat pour l’éducation à l’Assemblée nationale ?
Il est vrai que “once an educator, always an educator”. Je suis toujours le pédagogue dans l’arène politique. J’évite à tout prix de donner dans les considérations de bas étage, la partisanerie aveugle ou la démagogie. Le pays et le haut lieu de débats d’idées et de contre-propositions qu’est le Parlement méritent mieux, non ? Je me suis dit, et d’ailleurs, je l’ai mentionné dans mon Maiden Speech, que je vais mettre mon expérience professionnelle au service de la politique pour contribuer à ma manière à l’amélioration du système éducatif tout en gardant un regard plus large sur les enjeux de société.
L’éducation et le parcours de nos enfants, les structures et filières proposées, les infrastructures, la motivation des enseignants, les priorités, et, en particulier, celles contenues dans la réforme entreprise par la ministre Dookhun depuis 2015, ont évidemment des aspects pédagogiques, budgétaires et politiques. J’y reviendrai si vous le voulez bien.

Dans votre Maiden Speech au Parlement, vous évoquiez votre philosophie de l’éducation qui, selon vous, est un moyen de créer une société plus équitable où prévalent la bonté et l’amour. Pouvez-vous nous en parler ?
Pour revenir à mon Maiden Speech”, j’ai cité Parrot’s Tale de Tagore pour montrer qu’on a un problème fondamental sur lequel il faut se pencher à tout prix. Comme le roi dans le Parrot’s tale qui voulait coûte que coûte éduquer son perroquet qui était ignorant et demande à ses conseillers comment s’y prendre. Et ce sont les conseillers qui vont nourrir le perroquet de pages remplis d’écrits et de savoir. Et c’est comme cela qu’ils finissent par tuer le pauvre perroquet.
Aristote avait raison de dire qu’« éduquer l’esprit sans éduquer le cœur n’est en rien une éducation ». Je suis un fervent partisan de l’intelligence émotionnelle. En 1997, la thèse de Daniel Goleman démontre que la partie émotionnelle de notre cerveau est à la base du développement, non seulement de notre pensée rationnelle, mais aussi de l’ensemble de notre personnalité. C’est elle qui explique notre succès et nos prouesses, nos déboires et nos échecs. Dans la mesure où nous sommes motivés par l’enthousiasme et le plaisir que nous procure ce que nous faisons, les émotions nous mènent à la réussite. C’est en ce sens que l’intelligence émotionnelle est une aptitude maîtresse qui influe profondément sur toutes les autres en les stimulant ou en les inhibant.
Une éducation nationale de bonne qualité qui est basée sur les valeurs humaines peut être libératrice, et permet, à l’échelle de la société, d’estomper les inégalités. L’éducation a le pouvoir incomparable de fixer des règles du jeu équitable pour combler des disparités croissantes, et créer une société plus unie.

À un moment vous vous êtes demandé « Where are we in Mauritius ? ». Quel est votre constat ?
L’éducation est reconnue pour avoir un impact positif sur les domaines économique, social, politique, et démographique. L’éducation aide à bâtir une société et la qualité de cette société est largement tributaire des moyens qu’on donne à l’éducation nationale. À la base, il faut avoir une feuille de route pour construire les contours de cette société. Il ne faut pas oublier que nous avons de défis majeurs à relever, des défis qui sont davantage difficiles avec la pandémie de Covid-19 qui nous a mis à genoux.
Il y a une économie précaire à gérer avec l’endettement public, qui atteint presque 100% de notre PIB, plusieurs secteurs qui ont mis la clé sous le paillasson et une perte d’emplois sans précédent. Il faudra se donner les moyens pour aider le pays à sortir de la liste noire de l’Union européenne et la grise du FATF, contrôler la prolifération de la drogue dure sur notre territoire, combattre le crime, la violence domestique et les différentes formes d’injustice.
Sans une éducation affermie, on ne pourra relever ces multiples défis. Avec les deux confinements, on a vu l’importance de manier la technologie pour s’adapter à un nouveau mode de vie. Il y a l’Online Education et le Work From Home. Il faudra, en amont, avoir une nation avec une connaissance numérique et qui s’adapte à la nouvelle normalité. Encore une fois, ce sont les enfants qui viennent de familles financièrement vulnérables qui vont davantage souffrir.
L’analyse de l’évolution de l’informatique depuis les années 1980 est riche en enseignements. Comme des briques de Lego, chaque décennie a servi de tremplin pour bâtir le monde ultra-connecté que nous connaissons aujourd’hui. Est-ce que l’éducation qu’on donne aux enfants les prépare à s’adapter à la réalité virtuelle ou augmentée ? Est-ce qu’on prépare le jeune Mauricien à se poser des questions fondamentales sur l’économie et sur sa vie ? Une nouvelle technologie va-t-elle apparaître ? Quelle que soit la prochaine révolution, elle gravitera certainement autour de l’intelligence artificielle.

Est-ce que le Nine-Year Schooling qui débouche sur la création des académies correspond aux besoins du pays en termes de formation ?
Le Nine-Year Schooling repose sur six piliers majeurs : changement de programme, pédagogies innovantes, évaluation significative, développement professionnel continu, environnement d’apprentissage propice, et gouvernance et responsabilité du système. La réforme de l’éducation, en particulier le Nine-Year Schooling, a été présentée comme une panacée pour notre système éducatif, mais elle contient de nombreuses faiblesses et lacunes.

Quel regard jetez-vous sur cette réforme ?
D’abord, permettez-moi une considération d’ordre général. Nous avons hérité d’un système franco-britannique orienté sur la filière académique, du Grade 1 jusqu’au HSC ou au Baccalauréat. Cette filière académique doit être améliorée, renforcée et étendue, cela va sans dire. Car c’est ce qui a produit dans le passé et doit continuer dans l’avenir à fournir les élites dont le pays aura toujours besoin, tout en permettant à une frange grandissante de nos enfants de trouver leur voie d’épanouissement comme avocats, ingénieurs, médecins, financiers ou littéraires.
La réforme de Mme Dookhun restreint sévèrement ces opportunités avec la création des académies, ayant comme corollaire une intensification des leçons particulières et la Rat Race du NCE, chose que souhaitait abolir l’ex-ministre Obeegadoo, aujourd’hui No 2 de ce même gouvernement. C’est le premier constat d’échec de cette réforme du Nine Year Schooling engagée à la va-vite et sans suffisamment de consultations. Malgré les efforts pour des activités dites « holistiques », la vie de ceux qui aspirent à une éducation académique de qualité est devenue un parcours du combattant avec des obstacles et des examens.
La Nine-Year Continuous Basic Education n’aurait de sens que dans une institution unique allant du Grade 1 au Grade 9 comme c’est le cas dans certains pays. Or tel ne pourra être le cas à Maurice pour des raisons évidentes, et nous nous retrouvons avec un PSAC qui reste compétitif et sélectif.
Ma deuxième source d’interrogations concerne ces fameuses académies, dont on dit qu’elles seront au nombre de 12, susceptibles d’accueillir 2 200 enfants ayant obtenu les meilleurs résultats au NCE. C’est formidable pour ces 2 200 enfants qui auront trimé et se seront sacrifiés pour en arriver là. Nous leur souhaitons bonne chance dans leur poursuite d’autres épreuves dans la filière académique (SC et HSC et après).
Mais en tant que responsables d’une politique pour l’éducation publique destinée à tous les enfants de la République, les autorités doivent, et nous les invitons, à mieux s’expliquer sur ces académies. De quels moyens et ressources additionnels bénéficieront-elles ? Si les meilleurs éléments des 57 collèges régionaux vont vers les 12 académies, tous ces collèges ne risquent-ils pas de devenir des collèges de second grade avec tous les risques associés ? Pourquoi cette liste de 12 académies ne comporte-t-elle aucun bon collège dans les régions rurales et leurs grandes agglomérations, Goodlands, Rivière-du-Rempart, Triolet, Rivière-des-Anguilles ou même Bambous, et leurs régions avoisinantes ? Sont-elles des laissées-pour-compte ? J’espère que les ministres et PPS de ces régions secoueront le cocotier et vont interroger leur collègue VPM sur les implications de ces décisions des bureaucrates de l’Éducation nationale.
Je reconnais l’effort et les intentions de Madame la ministre, mais elle a peut-être été bien trop hâtive, peu à l’écoute et mal conseillée. La filière académique de qualité dont le pays a tant besoin est devenue un parcours d’obstacles et d’examens, restreinte à une petite minorité d’enfants méritants. Pour l’élargissement des opportunités d’éducation académique, on repassera. C’est un surprenant bond en arrière.

On a beaucoup insisté sur l’attention qui doit être accordée aux élites…
Nous devons répondre aux besoins d’une élite sans négliger les intérêts des autres enfants qui ne sont peut-être pas doués d’un point de vue académique. Trouver cet équilibre devrait être la préoccupation des décideurs politiques qui s’occupent de tous les enfants. Comment faire ? C’est là que nous avons failli envers nos apprenants plus lents, ceux qui ont des troubles d’apprentissage, etc.
Venons-en au prix de cette course vers l’élitisme. Elle laissera sur la touche 90% des autres enfants et il y a là deux catégories. D’abord, ceux qui continueront dans les collèges régionaux, démotivés par le départ de leurs “role models” et leurs meilleurs éléments. Ayant été moi-même recteur d’un de ces collèges qui avaient fait éclore des lauréats, je suis plutôt inquiet de leur sort et de la motivation des enfants et des enseignants cantonnés à vivre avec un tel stigmate. Il y aura non seulement deux catégories d’élèves, mais aussi d’enseignants qui vont se bousculer pour être transférés dans ces académies. Est ce qu’il y aura une ingérence politique dans le transfert des enseignants dans les collèges d’Etat comme c’est parfois le cas dans avec les recteurs ?

Quid de l’Extended Programme ?
Ce qui m’attriste – et c’est encore un aveu d’échec de la réforme NYBCE –, c’est l’absence de perspectives de ce qu’on qualifie d’Extended Programme. Le rapport conjoint de la World Bank et du MIE intitulé Mid Term Evaluation of the Extended Programme (2018-2020), publié en juin 2020, mais qui doit se trouver au fond d’un tiroir, souligne : « Most students within the EP were functioning academically at a primary school level, several grade levels behind where they should be, and learning improvement had not taken place at a sufficiently rapid pace. The curriculum was not fully adapted to the needs of EP students, with only 40% of teaching time dedicated to literacy and numeracy. This was insufficient for addressing the accumulation of learning deficits exhibited by many EP students. »
La réforme de l’éducation a apporté des éléments intéressants et même novateurs dans certains concepts pédagogiques et une séparation des enfants dans deux filières, chose que beaucoup de parents ont appréciée et qu’on peut trouver positive du moment que la filière non-académique y trouve aussi son compte. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Je pense en particulier à la Skills et Competency-Based Education, la Trade-Related Education, non seulement dans les métiers traditionnels (plomberie, électricité, mécanique ou construction, etc.), mais la technicité et les compétences dans l’informatique, l’électronique, la téléphonie mobile, la réparation et la maintenance, etc.). On pourrait y rajouter les technicités comptables, agricoles, artisanales ou dans les médias et les Performing Arts. C’est un terrain qui est resté, hélas, en friche.

On dit souvent que l’éducation permet de produire les citoyens de demain. Quel type de citoyen notre système d’éducation est-il en train de créer ?
Il est triste de constater que le système encourage le repli sur soi. L’ouverture d’esprit, du cœur et de la vision n’a pas eu sa place tant souhaitée par les pédagogues avisés. La mentalité « Chacun pour soi, Dieu pour tous » continue de perdurer. Il y a le culte de l’argent. Il y a un manque de compassion. On n’a pas su humaniser le système. On n’a pas suffisamment investi dans l’intelligence émotionnelle.
Si on ne revoit pas notre système d’éducation, il sera difficile de s’attaquer aux nombreux problèmes qui affligent notre société. Qu’il s’agisse de violence domestique ou d’inégalités de genre, que ce soit la prolifération des drogues ou la montée de la violence, les délinquances, les affaires illicites, c’est avant tout à cause de la devise « moralite pa ranpli vant ». Il faut revenir à l’essentiel. Tagore a déclaré que le but principal de l’éducation devrait être le développement des aspects moraux et spirituels de la personnalité de l’enfant. Pour cela, il a mis l’accent sur le développement intérieur, la réalisation de la liberté intérieure, la puissance intérieure et l’illumination. La solidarité entre les citoyens devrait non seulement être exprimée par des gestes après une calamité naturelle ou de temps en temps, mais également par un mode de vie intégré.
Nous devons nous rendre compte que l’éducation du XXIe siècle doit répondre aux changements économiques, technologiques et sociétaux qui se produisent à un rythme toujours plus rapide. C’est une éducation qui prépare les enfants à réussir dans un monde où plus de la moitié des emplois qu’ils auront au cours de leur carrière n’existent même pas encore. Nous devons nous concentrer sur les “4C” pour l’apprentissage du XXIe siècle : pensée critique, communication, collaboration et créativité.

Vous vous êtes prononcé contre la nécessité d’avoir cinq Credits au SC pour être admis en HSC. Pourquoi ?
Tant que nous n’aurons pas une alternative pédagogique appropriée pour ceux qui n’ont pas cinq Credits, nous ne pourrons pas exclure ces enfants du système. La formation professionnelle qui leur est proposée est une alternative stigmatisée.
Qu’y avait-il de mal à permettre à une poignée d’élèves ayant trois ou quatre Credits d’être promus en HSC en raison de leur âge ? Ces enfants ont eu la chance de passer par le HSC et par expérience, je peux vous dire que nous en avons récupéré un bon nombre. Pourquoi devrions-nous interdire aux élèves de prendre part au HSC ? Nous aurions pu cogiter ensemble, pourquoi pas « mettre » nos cœurs ensemble, trouver une voie médiane de compassion pour que certains au développement tardif aient leur droit à l’éducation. Pourquoi les décideurs politiques devraient-ils refuser à un nombre important d’enfants le droit de terminer le cycle de l’enseignement secondaire ? Aujourd’hui, nous avons même interdit aux écoles privées d’offrir à ces enfants, qui n’ont pas le nombre de Credits nécessaires, la possibilité de poursuivre leur HSC.

Il me semble que vous n’êtes pas d’accord avec le nouveau calendrier scolaire ?
Il n’y a pas que moi. Je crois qu’ils sont nombreux ceux, avec raison, qui n’approuvent pas le nouveau calendrier scolaire. Suite à mon interpellation parlementaire B/416, le mardi 18 mai 2021, il me semble que Mme la ministre n’est pas trop convaincue qu’il faut retourner à l’ancien calendrier scolaire. Je ne sais qui sont ceux qui sont en train de lui prodiguer des conseils contre-nature. On peut travailler sur les modalités pour retourner vers l’ancien calendrier dans l’intérêt supérieur de tout un chacun et j’espère qu’elle va être à l’écoute des “stakeholders” et revoir sa copie.

Et pour terminer cet entretien, est-ce que vous avez un message ?
Il faut toujours croire dans le rêve mauricien. Notre arc-en-ciel est toujours beau à contempler, même si on ne le voit pas trop souvent. Nous avons un destin commun et nous avons un devoir envers notre patrie. Ensemble, on vaincra et on surmontera les multiples défis qui nous guettent. La jeunesse mauricienne a la capacité d’extirper la nation de sa torpeur pour faire flotter le drapeau national. Rêvons, mais soyons lucides et gardons les pieds sur terre et le regard vers l’avenir. Soyons davantage charitables envers les autres, les humains, la nature, les animaux et, surtout, les démunis, les malades, les sans-voix. Bâtissons un lendemain meilleur en nous investissant à fond dans un idéal qui rendra Maurice plus juste et équitable.