Le ministre des sports, Stephan Toussaint

La pandémie de Covid-19 qui a frappé en Nouvelle-Zélande le monde depuis fin 2019 va laisser des séquelles qu’il sera difficile d’ignorer. Dans son sillage, elle a plombé l’économie, et par ricochet, les budgets des différents ministères. Celui de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) n’a pas été épargné, car le Ministère des Finances et du Développement économique, apprenons-nous, a adressé un courrier pour signifier son intention de revoir le budget de fonctionnement à la baisse.

Un véritable coup de massue pour le MAJSL, alors même que plusieurs projets sont en chantier, notamment la mise en place de la Team Mauritius, lancée en février dernier, ou Coaching Mauritius, deux projets émanant du rapport de Portas dans le cadre de l’implémentation d’une politique nationale du sport (NSPAP). « On devait s’y attendre un peu », laisse-ton entendre du côté du MAJSL.

Pourtant, les chiffres, eux, ne surprennent pas. Car, dans un premier temps, il a été demandé au MAJSL de revoir son budget de fonctionnement avec une baisse de 14%. Mais la deuxième vague de la pandémie, qui a forcé le gouvernement à imposer un deuxième confinement, aura un impact encore plus sévère. Le budget restant sera encore diminué de 25% par rapport au précédent, suite, apprenons-nous, à une demande du ministère des Finances et du Développement économique.

Dans les faits, quelles sont les implications d’une telle baisse ? Dans un premier temps, toutes les fédérations sportives bénéficiant d’une allocation du MAJSL verront leur budget de fonctionnement affecté. « Ce sont les victimes collatérales de cette mesure. Pour le moment, nous travaillons encore sur les chiffres que nous proposerons, mais les fédérations ne devront pas s’attendre à des largesses », soutient-on encore du côté du MAJSL.

En deuxième lieu, les bourses de la High Level Sports Unit (HLSU) connaîtront aussi une baisse. Si l’année dernière le MAJSL avait maintenu les bourses, cette fois, elles accuseront elles une baisse significative. Mais le ministère promet de ne pas se montrer trop brutal dans les coupes, aussi drastiques soient-elles.

« Les chiffres vont être retravaillés afin de ne pas affecter les athlètes. Mais il faut aussi prendre en considération le contexte. » En effet, selon les critères, les bourses de la HLSU sont attribuées à la suite de performances réalisées par les sportifs lors des compétitions. Mais l’année dernière, les choses n’ont pas pris la tournure voulue. « Si les critères étaient respectés, les athlètes n’auraient pas touché leurs bourses. Nous faisons donc appel à leur compréhension. Dans ce cas précis, nous ne pouvons faire autrement », insiste-t-on encore.

core. Autre item : les déplacements à l’étranger. Le contexte sanitaire mondial ne laisse que très peu ou carrément pas de place aux déplacements. Ainsi, toute de- mande sera examinée, puis approuvée ou rejetée. Là encore, cela risque de ne pas faire que des heureux. « Les fédérations sportives soumettent un budget où chaque item est identifié. « Il n’y aura presque pas de place pour les imprévus », prévient encore notre source au sein du MAJSL. Il est ainsi demandé aux fédérations d’établir leur calendrier en fonction de l’importance qu’elles accorderont à un événement. «Tout doit être planifié. Il y aura bien quelques exceptions, mais elles ne devront pas devenir des règles. » Dans ce contexte, les fédérations pourront toutefois tenir des activités pour compenser une autre qui ne se tiendra pas. Il faudra toutefois que les deux activités soient de la même nature. « Elles ne pourront pas, par exemple, demander que l’argent destiné à la formation soit redirigé vers un déplacement. Cela pour des raisons de traçabilité et d’audit », conclut notre source.