Les beach-volleyeuses ne pourront défendre leurs chances de décrocher un ticket pour les JO

Les déplacements à l’étranger sont pour le moment découragés. Telle est l’instruction donnée par le ministère de la Santé et du Bien-être. Dans un courriel envoyé au ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) en date du 17 mai, le département de la santé publique fait état de la situation sanitaire prévalant dans le monde pour justifier cette décision.

C’est pour beaucoup d’athlètes en quête d’une qualification pour les JO de Tokyo (23 juillet-8 août) la période où il faut pousser dans l’espoir de s’assurer un ticket pour le plus grand rendez-vous sportif du monde. Mais la situation sanitaire pourrait justement jouer un mauvais tour à ces athlètes. En fait, il s’agit pour le moment d’une demande qui devrait faire office d’obligation. « Nous n’avons pas trop le choix », explique une source proche du MAJSL. « Tout simplement parce qu’il s’agit de la santé publique », précise-t-on.

Cette interdiction ne s’arrête cependant pas au domaine de la santé publique. Le MAJSL évoque, à demi-mot, toute la logistique derrière un déplacement en ces temps incertains. Vols décalés, logements à réaménager en cas de fermeture des frontières dans certains pays : il s’agit de mettre tout le monde dans les meilleures conditions. « Il y a d’autres implications que nous voulons éviter. Mais elles sont toutes liées à la question de la santé publique. Il suffit de voir tout ce qui peut résulter d’un vol annulé ou repoussé de quelques jours pour comprendre, quelque part, la décision du ministère de la Santé », avance-t-on encore du côté du MAJSL.

Parmi une des premières victimes de cette décision, le beach-volley. Alors que la demande de l’Association mauricienne de volley-ball (AMVB) est survenue avant l’interdiction de quitter le pays, athlètes et dirigeants disent avoir reçu un véritable coup de massue. « Je suis déçu, comme tout le reste de l’équipe d’ailleurs. Nous avions une chance à jouer, d’autant que nous étions parmi les deux premières nations africaines en féminin », dit Éric Louise, entraîneur national de beach-volley. Avançant que les filles se sont maintenues en forme, malgré le confinement, puis ont repris les entraînements individuels — course à pied, musculation —, il soutient toutefois que tout a joué contre eux. « On n’y peut rien. Les joueuses sont dégoûtées, ce qui se comprend. »

Même son de cloche du côté de la Fédération mauricienne de triathlon (FMTri), qui avait prévu d’envoyer deux athlètes aux championnats d’Afrique, à Sharm El Sheikh en Égypte, du 11 au 13 juin. « C’est décourageant, surtout pour ces deux athlètes (ndlr : Laurent L’Entêté et Julie Staub). Et on apprend ça comme ça », dit Alain St-Louis, président de la FMTri. Et les triathlètes de la catégorie juniors devaient bénéficier d’un camp d’entraînement aux frais de l’International Triathlon Union à travers la Confédération africaine. « Là encore, on a dû faire une croix dessus ! C’est inadmissible de rater de telles occasions », tonne encore Alain St-Louis.

Ce à quoi le MAJSL répond que les choses dépendent du ministère de la Santé. « Ce n’est pas une question de budget ou de retard. Nous ne sommes pas les décisionnaires ! Et nous ne pouvons aller à l’encontre des directives qui nous sont données. » Reste que d’autres disciplines, comme le VTT et l’haltérophilie, où Maurice devait jouer les premiers rôles, se retrouvent confinées et ne pourront défendre leurs chances. La pandémie de Covid-19 aura fait bien plus de mal qu’on ne le pense…