The Olympic Rings are seen in front of the International Olympic Committee (IOC) headquarters at sunset in Lausanne on May 27, 2020. (Photo by Fabrice COFFRINI / AFP)

Selon une source, l’avis du State Law Office pourrait être recherché, avant de décider de la marche à suivre

Les assemblées générales électives doivent se tenir au plus tard six mois suivant la fin des JO selon la Sports Act

Les élections menant au renouvellement des comités exécutifs des fédérations sportives sont en suspens. Selon la Sports Act 2016, l’assemblée générale élective doit se tenir dans un délai de six mois suivant la fin des olympiades. Sauf que les Jeux olympiques, prévus pour juillet prochain, à Tokyo au Japon, ont été reportés d’une année et se tiendront désormais du 23 juillet au 8 août 2021 ! Que fera alors le ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, du Sports et des Loisirs (MAJSL) dans ce cas de figure ? Selon une source, le State Law Office (SLO) pourrait être sollicité avant de décider de la marche à suivre.

La pandémie de Covid-19 a définitivement chamboulé les habitudes et forcé surtout le report de nombre de compétitions sportives majeures, dont les Jeux olympiques de Tokyo 2020. Ces Jeux ont été reprogrammés pour l’année prochaine, mais sont toujours sujettes à une éventuelle annulation au cas où la Covid-19 est toujours présente l’année prochaine. Le président du comité organisateur, Yoshiro Mori, l’a déclaré, le mois dernier, et le 21 mai, le président du Comité olympique international (CIO), Thomas Bach, a abondé dans le même sens lors d’un entretien à la BBC.

Ce qu’il faut bien mettre en perspective, c’est que ce report, ou encore l’éventuelle annulation des JO, pose problème, plus particulièrement dans l’organisation des élections au sein des fédérations nationales. En France, par exemple, le ministère des Sports a déjà répondu favorablement à une demande des fédérations de repousser la date des élections qui devaient se tenir avant fin 2020. Désormais, ces fédérations ont jusqu’au 30 avril 2021 pour le faire.

Situation inédite

Maurice n’échappe donc pas à la règle, sauf que contrairement à la France, les fédérations locales ont un délai de six mois pour se mettre en conformité avec la loi sportive du pays. Le Second Schedule de la Sports Act 2016 le précise d’ailleurs à la section 2 (General Assembly of National Sports Federation) partie 2 (a): “There shall be held, not later than 31 March after the closing day of the Summer Olympic Games, a Special General Assembly to elect members of the Managing Committee.”
Que fera donc le ministère dans ce cas de figure inédit ? Y aura-t-il une extension comme en France même si l’éventualité d’une annulation des JO existe ? Selon nos informations, l’avis du State Law Office pourrait être recherché sur un sujet aussi sensible que cela. Logiquement, les élections devraient avoir lieu, même exceptionnellement, avant les olympiades comme l’a d’ailleurs déjà décidé le ministère des Sports français.

Sauf que, pour l’heure, rien n’est sûr, d’autant si des promesses ont été faites aux dirigeants des fédérations dans le cadre d’une éventuelle invitation pour assister aux Jeux olympiques. Car n’oublions aussi pas que les élections fédérales, organisées chaque quatre ans après les Jeux olympiques, culminent vers l’assemblée générale élective du Comité olympique mauricien (COM). Des élections où les sièges sont très convoités et où les coups bas sont souvent permis.

Le CIO souple envers ses comités nationaux

Reste maintenant à savoir ce que le ministère des Sports, voire le ministre Stephan Toussaint, décidera sur ce dossier. Car de l’autre côté, le CIO a déjà évoqué les répercussions sur le cycle des élections au sein des comités olympiques nationaux (CNO) à la suite du renvoi des Jeux olympiques pour 2021. Le CIO a même décidé de faire preuve de souplesse en acceptant de laisser le soin à ses comités nationaux de décider de l’organisation de leurs élections et ce, en conformité avec leurs statuts respectifs.

Les CNO peuvent ainsi rester sur un mandat de quatre ans ou au cas contraire, suivre le cycle des Jeux olympiques en organisant leurs élections après les Jeux de 2021, mais sous certaines conditions seulement. Dépendant de ce qui sera décidé, il a indiqué que le CIO acceptera, exceptionnellement, de prolonger le mandat initial de quatre ans. Il nous revient même que le CIO a déjà adressé une lettre circulaire en ce sens à tous ses CNO, le 23 avril dernier, pour leur faire officiellement part de cette décision et dans laquelle mention est également faite des élections au sein des fédérations nationales.

Le CIO précise toutefois que ces élections ne tombent pas sous sa juridiction, mais qu’il est compris que ces fédérations harmoniseront, du mieux possible, leurs actions avec les fédérations internationales et autres CNO. Cela afin de prendre la meilleure décision possible au niveau national et ce, en consultation avec les autorités concernées.

C’est dire que la décision du ministère de l’Autonomisation, de la Jeunesse et des Sports, sera très attendue et suivie, d’autant si le Comité olympique mauricien décide, lui, d’aller au-delà d’un contrat de quatre ans. Avec des Jeux prévus du 23 juillet au 8 août 2021 et l’éventualité que des élections fédérales se fassent avant cette date, il sera alors très intéressant de voir l’ambiance qui y prévaudra, notamment à l’heure à laquelle se fera le choix des dirigeants qui iront à Tokyo.