Ivan Smiljanic (au centre) va-t-il faire partie des DTN qui seront priés de rentrer chez eux ?

L es mesures préconisées par le ministère des Finances, qui affecteront le fonctionnement du ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL), auront des répercussions qui iront bien au-delà de la simple coupe budgétaire. En effet, plusieurs directeurs techniques nationaux (DTN) pourraient voir leur poste menacé.

Plusieurs fédérations, à l’instar de l’Association mauricienne de tennis de table (AMTT) ou la Fédération mauricienne de basket-ball (FMBB), ont eu vent que leurs DTN respectifs ne seront plus en poste passé un certain temps. Mesure compréhensible ? Après les fédérations sportives, dont les budgets accuseront une baisse de près de 25%, les DTN pourraient être les victimes collatérales des mesures gouvernementales. Car avec les coupes budgétaires, le salaire des DTN – dont le plafond dépasse la centaine de milliers de roupies — ne sera plus assuré. Et cette mesure concernerait, selon les premières informations disponibles, une dizaine de directeurs techniques.

Mais le MAJSL se défend de vouloir agir de manière unilatérale, ajoutant que les DTN en poste actuellement ne sont pas tous concernés. Une réunion de la Team Mauritius, prévue sous peu, devrait déboucher sur une solution qui arrangerait tout le monde. Car les contrats des uns et des autres se terminant à des dates différentes, d’éventuelles négociations pourraient donner lieu à des solutions temporaires. Ce qui amène une autre question. Sur quelle base seront départagés ceux qui resteront et ceux qui partiront ? « Nous allons entamer des discussions avec les fédérations concernées. Et nous nous baserons sur les résultats qu’ils ont ramenés jusqu’ici. »

Parmi les fédérations sportives qui ont reçu cette communication, l’Association mauricienne de tennis de table (AMTT), qui a vu le contrat de son DTN Cédric Rouleau renouvelé pour les six prochains mois seulement. « Nous avons en effet appris que le contrat de notre DTN, Cédric Rouleau, ne sera pas renouvelé au-delà des six prochains mois. Et à l’AMTT, nous comprenons parfaitement la situation », explique Rajessen Desscann, le directeur technique et chargé des relations extérieures. Reste aussi la possibilité que les DTN restent en poste. Tout dépendra en fait du travail qu’ils auront abattu. « Il faudra aussi voir les objectifs qu’ils ont fixés, le plan établi pour y arriver ou comment ils effectuent leur travail. La Team Mauritius veut étudier toutes les options», fait ressortir le MAJSL.

La FMBB, au contraire de l’AMTT, accuse le coup de son côté. La présence d’Ivan Smiljanic, le DTN serbe, a permis de mettre en place une stratégie de développement qui a culminé avec la mise en place d’un championnat pour les jeunes. « Cela fait trois ans que nous travaillons avec lui. Il a commencé des projets avec les jeunes et avec l’élite. Et là, tout est sur le point de s’arrêter », peste-t-on du côté de la FMBB.

Pourtant, si l’on regimbe, l’explication du MAJSL semble convaincre les uns et les autres. Le ministère s’appuie donc sur la situation économique pour justifier la mise à pied des techniciens étrangers. « C’est une mesure qui viendra avec le budget que nous allouerons aux fédérations », soutient le MAJSL. Mais comme cité un peu plus haut, le MAJSL veut aider à trouver une solution pour éviter d’avoir à tout recommencer. Ainsi, les forfaits proposés aux principaux concernés — salaires, bénéfices, avantages—pourraient être revus grâce à des négociations. « Tous ces aspects seront considérés afin de ne pas pénaliser les fédérations », assure-t-on encore.

D’autres fédérations n’ont toujours pas été notifiées de ces changements à venir. La Fédération mauricienne de judo (FMJ), par exemple, en fait partie. « Pour le moment, nous n’avons rien entendu. Mais si cela s’avère, nous sommes prêts à ouvrir des discussions pour que Baptiste Leroy, notre DTN, continue. Nous apprécions le travail qu’il a abattu jusqu’ici, sans oublier les résultats qu’il a produits », soutient Josian Valère, son président. La mise à pied des DTN s’avère-t-elle une mesure nécessaire ? Difficile d’y répondre. Le MAJSL, par contre, possède, en partie, la réponse. « Ce n’est pas de gaieté de cœur. Mais c’est un mal nécessaire. »Aussi nécessaire que ces sommes folles dépensées çà et là au nom du sport, peut-être ?