Le Conseil des ministres, présidé par Pravind Jugnauth, appouvé un Athlete Assistance Scheme ui ne parle malheureusement pas des JIOI

L’officialisation du nouvel Athlete Assistance Scheme a suscité la colère de nombreux dirigeants, lors de la semaine écoulée, notamment après la réception d’un courriel émanant du ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL). En effet, grande a été leur surprise de constater que les Jeux des Iles, pourtant considérés comme une base de départ vers le haut niveau, ne faisaient pas partie des compétitions prises en compte avant l’attribution des bourses de haut niveau. Il nous revient que le ministère des Sports serait en présence de doléances et qu’une démarche est en cours pour trouver une solutions !

Comme nous l’avons indiqué, à maintes reprises, la base, l’élite et l’excellence sont indissociables. Malheureusement, l’Athlete Assistance Scheme approuvé par le Conseil des ministres le 24 juillet dernier, et présenté aux fédérations, à travers un courriel, comporte un gros manquement. Les « concepteurs » de ce nouveau plan n’ayant pas inclus les JIOI étant donné que ce sont les Championnats d’Afrique qui sont considérés comme le point de départ menant à l’excellence ! Selon nos informations, un autre plan pourrait être présenté prochainement concernant Jeux des Iles. 

C’est au courant de la semaine que plus de détails sont tombés par rapport à l’attribution des nouvelles bourses de haut niveau, effectif depuis le 1er juillet. Des formulaires ont été ainsi remis aux fédérations, afin d’entrer les informations des athlètes concernés. Ces fiches devant être retournées au ministère des Sports, au plus tard ce jeudi 6 août.

4 catégories d’athlètes

A la lecture des nouveaux critères, il est désormais très clair que l’attribution des bourses se fera par rapport à un niveau d’excellence très élevé. D’ailleurs, le plafond de Rs 35 000 a été rehaussé à Rs 50 000, alors que le seuil passe, lui, de Rs 8 500 à Rs 10 000.

Ce qu’il faut aussi savoir c’est que les bourses de haut niveau ont été revues par rapport aux recommandations faites dans le National Sport and Physical Activity Policy (NSPAP). Des recommandations qui rejoignent l’idée d’un « vision statement for Elite Sport to inspire Mauritians to pursue excellence on the world stage. » Il est aussi précisé que cette assistance n’est ni une récompense et encore moins un salaire. 

Contrairement à l’ancien plan donc, l’Athlete Assistance Scheme est beaucoup plus exigeant. Il sera d’ailleurs très difficile pour un athlète de postuler pour la catégorie mondiale s’il n’a pas l’accompagnement voulu. Le niveau mondial, justement, est divisé en trois catégories (A1, A2 et A3). Dans la première d’abord, l’athlète peut viser une allocation mensuelle entre Rs 45 000 et Rs 50 000. Selon les critères toutefois, cinq aspects sont pris en considération. Il y a d’abord la perspective de médailles aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024 et le fait aussi d’avoir remporté une médaille lors d’une des deux précédents Jeux ou aux Championnats du monde ! La régularité est aussi exigée sur les 12 derniers mois, afin de soutenir la demande de l’athlète quant à l’éventualité de pouvoir décrocher une médaille aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024.

Richarno Colin bien placé

Il est aussi demandé : (i) de produire les minima et performance qui aurait permis à l’athlète de remporter une médaille dans ces compétitions passées (ii) s’il a atteint la finale ou Top 10 lors des deux précédents Jeux (iii) s’il a battu des athlètes ayant été médaillés à ces Jeux (iv) s’il a fait partie du Top 10 Mondial lors de la saison précédente. Malheureusement, à ce jour, ils sont très peu à pouvoir y aspirer, à l’exception de certains handisportifs (voir hors texte) et du boxeur Richarno Colin qui peut, au maximum, viser la catégorie A3 (Rs 35 000 à Rs 39 000). Ce dernier est d’ailleurs le seul athlète mauricien qualifié aux Jeux olympiques de Tokyo au Japon, reportés pour l’année prochaine, en raison de la pandémie de COVID-19.

Les critères sont pratiquement les mêmes pour les catégories A2 (Rs 40 000 à Rs 44 000) et A3 (Rs 35 000 à Rs 39 000) à quelques exceptions prêtes. Ici, les athlètes n’auront, entre autres, pas l’obligation d’avoir remporté une médaille lors d’une des deux précédents Jeux olympiques et paralympiques. C’est dire à quel point il sera difficile pour les athlètes d’atteindre, pour le moment, un tel niveau d’excellence et aussi de remporter une médaille aux JO de 2021, afin de pouvoir aspirer à mieux à l’avenir. A l’exception, une fois encore, de Richarno Colin, dont l’entourage nourrit toujours un espoir d’exploit à Tokyo.

Les badistes et pongistes en difficultés

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’allocation des athlètes de haut niveau se fera après une analyse des différents critères imposés. Il est aussi précisé que le fait d’être uniquement classé au niveau mondial ne suffira pas pour être considéré. Idem pour ce qui est des classements basés sur des points accumulés rien que sur la participation d’un athlète à une compétition internationale. Dans ce cas précis, on retrouve les badistes et pongistes qui, jusque-là, accumulaient des points, non seulement grâce à leur participation aux tournois internationaux, mais également grâce à leurs performances. Désormais, la tâche va se compliquer pour eux puisque seule la performance comptera.

Autre fait à préciser, le nombre d’entraînement requis par semaine par catégorie pour y être éligible. Pour ceux du groupe A (mondiale), deux entraînements par jour sont nécessaires, soit un minimum de 10 sessions par semaine pour un total de 20 heures de préparation. Dans la catégorie B (Jeux du Commonwealth, Jeux de la Francophonie, Jeux d’Afrique et championnats d’Afrique), les athlètes auront à respecter deux entraînements quotidiens, 8 sessions hebdomadaire pour un total 16 heures.

Dans la catégorie C (discipline non-olympique), il sera imposé à l’athlète un entraînement quotidien, 5 sessions hebdomadaire pour un total de 10 heures de préparation. La catégorie D est, elle, réservée aux jeunes de 20 ans et pour aspirer à une bourse, il faudra s’entraîner à la raison d’une séance quotidienne, à la raison de quatre fois par semaine pour un total de 8 heures. Les entraînements devant être certifiés par l’entraîneur national.