Pravind Jugnauth rentre dans l’histoire comme étant celui dont l’impopularité a mobilisé une foule record dans les rues de Port-Louis, le samedi 28 août. Une manifestation soutenue par des rassemblements de la diaspora sur différents continents et qui a été reprise dans les médias internationaux.

Le Premier ministre et sa garde, de même que les dirigeants des partis classiques ne peuvent prétendre ne pas avoir entendu les cris de colère et de lassitude lancés à leur encontre. Samedi, les voix ont été amplifiées, les panneaux ont rivalisé en originalité pour faire passer un même message : Lev pake ale.

Reste à savoir si Pravind Jugnauth saura faire preuve de bon sens et d’humilité pour reconnaître que ce sont ses actions qui ont conduit à cette situation. Trop docile pendant des décennies, Maurice sort enfin de sa torpeur pour crier sa colère et son indignation.

Le succès de la manifestation de samedi a été une gifle magistrale donnée à ceux qui pensent qu’ils peuvent persister à abuser du système. De même qu’à ceux qui persistent à vouloir alimenter la haine communale ou qui voulaient faire croire que la manifestation était politique.

Cette marche organisée par Bruno Laurette a été la réponse des citoyens après des frustrations accumulées depuis des mois comme le démontrent les témoignanges sur place.

David Chavry, 33 ans, Ébène

“Le gouvernement a fauté”

“Je suis là en tant que patriote ! Je ne soutiens aucun parti politique. Ma belle famille habite à Mahebourg est gagne sa vie de la pêche, je suis là pour les soutenir ainsi que tous les pêcheurs. Le gouvernement a fauté, il aurait pu éviter ce drame écologique. À travers cette marche, j’espère que le gouvernement acceptera qu’il a fait une erreur. Il doit se remettre en question, placer des personnes compétentes dans les postes concernés.”

Marine Deweer, 28 ans, Grand-Baie

“Combattre les injustices et les mensonges”

“Je suis là pour combattre les injustices et les mensonges. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans le pays qui ne sont pas justes. Je suis aussi là pour militer pour notre liberté d’expression et notre liberté d’agir.”

Serge Sevathian, 75 ans, Albion

“Pas d’accord !”

“Je suis venu marcher en tant que citoyen, je me suis fait un devoir de venir participer. Je ne suis pas d’accord avec ce qui se passe dans le pays. Les évènements récents, que ce soit les effets du naufrage du Wakashio, les nominations politiques, m’horripilent. Je ne dois rien aux politiciens et ils ne me doivent rien non plus, mis à part la justice.

Melina Mootoocarpen, 25 ans,

“Le gouvernement n’est pas bon”

“C’est bien chagrinant de voir tous ces dauphins morts. Je suis là pour demander du changement parce que l’état où est Maurice actuellement démontre que le gouvernement n’est pas bon. Les Mauriciens sont assez éduqués pour prendre les bonnes initiatives pour la suite.”

Roland Cho, 63 ans, Ste Croix

“Marcher pour les enfants”

“Je constate que mon pays est en train de sombrer. J’ai peur que l’avenir des jeunes ne soit en danger. Je n’ai pas d’enfants mais je suis venu marcher pour les enfants de Maurice. Par ailleurs, je suis dans le commerce, je trouve que le système économique n’est pas en faveur des commerçants. Je trouve aussi que les gens n’ont pas suffisamment de moyens pour vivre”

Sonali Ripoll, 24 ans, Bon Accueil

“Maurice devient une dictature”

“Je suis là pour faire savoir au monde entier que ce que le gouvernement est en train de faire actuellement n’est pas bon. Il ne se souci pas de ses citoyens, mais il se préoccupe davantage de ses poches. Je suis révoltée que le gouvernement se dédouane de toute responsabilité au sujet de la marée noire et même de la mort soudaine de tous ces dauphins. Ils manipulent les faits, il y a du cover-up. Maurice devient une dictature.”

Imteaz Ruhomatally, 70 ans, Port-Louis

“Le Premier ministre agit contre son peuple”

“Là où nous en sommes, nous sommes obligés de descendre dans la rue pour montrer à ce gouvernement que nous ne l’aimons pas. Le Premier ministre agit contre son peuple. Il passe des lois qui nous font penser à une dictature. Sans compter les nominations politiques qui interviennent même en ce moment alors que nous passons par des moments difficiles. Après la marche, il faudra continuer à faire entendre notre voix.”

Caroline D’Unienville, 55 ans, Tamarin

“Dénoncer l’incompétence, la bêtise et l’arrogance”

“Je suis là pour dénoncer l’incompétence, la bêtise et l’arrogance de ceux qui nous gouvernent. En plus, ils utilisent la religion pour nous divise. Je suis contente de voir tous ces Mauriciens ensemble dans la rue pour montrer la colère et le ras le bol. Mais il ne faudra pas retirer ceux-là pour remettre ceux d’avant, sap dan karay tomm dan dife. Il faut un changement de fond, il faut arrêter de vénérer les gens comme s’ils étaient des dieux vivants. C’est à nous, le peuple d’amener ce changement.”