Photo credit: Doushan Sewtohul

Pour cette première phase de réouverture, uniquement les mariages civils peuvent encore avoir lieu dans le respect des règles sanitaires. De plus, les salles de réceptions doivent rester fermées. Depuis 2020, plusieurs cérémonies de mariage avaient déjà été annulées ou reportées pour cette année. Toutefois, ce nouveau confinement et le manque de visibilité sur la situation sanitaire posent problème aux futurs mariés et sonnent comme un glas pour les professionnels dans le milieu.

“En 2020, nous nous sommes unis civilement. Il était prévu que nous nous marions à l’église en septembre, mais avec le Covid-19 et le confinement, nous avions reporté la cérémonie au 9 avril 2021. Toutefois, avec ce nouveau confinement, nous devons reporté notre mariage une deuxième fois. Nous revivons le même stress que l’année dernière. Nous sommes encore une fois à négocier avec l’église, la salle de réception, le service catering et les autres prestataires pour trouver une date qui convienne à tout le monde. Nous avons bien peur que la seule solution est de décaler notre mariage pour 2022, expliquent Fabrice et Lorena Florent. C’est le même calvaire que vit pour la première fois Diksha et Alexandre Beauharnais.

Stress et confusion

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Doushan
Sewtohul

En couple depuis 6 ans, ils ont contracté un mariage civil au mois de février et attendaient avec impatience de se dire un grand ‘oui’ à l’église ce 28 avril. Hormis la robe de mariée de Diksha, qui nécessitait encore quelques rajustements, tout était déjà prévu et les prestataires ont été payés. “Quand les cas locaux ont fait leur apparition dans la population, nous savions que nous serions confinés. Cependant, on se disait le plus tôt confinés, le plus tôt lâchés. ” Aujourd’hui pourtant, leurs espoirs sont réduits à néant. “Nous nous étions dits que nous allions réduire le nombre d’invités même si les frais par tête allaient augmenter. Dans le premier communiqué, il était stipulé que les mariages en nombre réduit était encore permis, mais nous apprenons aujourd’hui que le confinement s’étend et que les lieux de cultes sont fermées aussi bien que les salles de réceptions”. Pendant ce temps, le stress et la confusion s’invitent dans le quotidien de ces couples et de leurs proches qui sont dans la confusion la plus totale quant à la marche à suivre. Devika est une maman apeurée. Depuis le temps qu’elle attendait que son fils se marie, a un mois du grand jour, soit du 25 avril, c’est la désolation dans sa famille. Tout comme Diksha et Alexandre, elle pensait que le mariage pourrait être maintenu en revoyant le nombre d’invités. “Tout le monde est à cran, mon fils est stressé et cela engendre énormément de disputes entre lui et mon époux. Ce dernier voudrait reporter au mois de septembre. Or, mon fils veut repousser à mai. Mais si d’ici-là, la situation sanitaire n’a pas changé, que ferons nous ?” Entretemps, le souci c’est qu’ils ont déjà payés tous les prestataires. “Par exemple, si nous annulons la salle de réception, on nous apprend que notre dossier doit passer par un comité pour décider si notre dépôt nous sera remboursé ou pas.”

Situation catastrophique

Pour des professionnels comme Lexia Chan, Wedd ding Organiser, qui travaille principalement avec des touristes et des Mauriciens de l’étranger, “La situation est critique. Avec la fermeture des frontières, nous n’avons pas travailler pendant un an et avec ce nouveau lockdown, nous ne serons pas en mesure de le faire pendant un an encore. 80% d’annulation déjà et les 20% qui restent attendent d’être moins dans le flou par rapport au confinement pour prendre une décision’. Entretemps, la feune femme qui se dit endettée avec un business quasiment en faillite avec le salaire de son équipe à payer, en sus des demandes de remboursement suite aux annulations.

“Comment continuer un business inexistant ? ”, se demande-t-elle. Même constat pour Doushan Sewtohul, directeur de Visual Expert Limited qui propose des services dans la photographie de mariages. Ses services sont également contractés essentiellement par des touristes. Il brosse un constat très sombre de la situation “ En ses du salaires des 5 employés, il faut encore payer la location, l’électricité et les autres frais alors qu’aucun revenu n’est généré.” Ce dernier explique qu’en 2020 au moins 22 mariages ont été annulés et les pertes se situent autour de Rs 800 000. “D’autres mariages ont été renvoyés, mais ils bloquent les week-ends de l’année suivante. C’est une énorme perte car c’est impossible de prendre d’autres mariages durant ces dates.” De plus, de mars à mai 2021 une quinzaine de mariages a déjà été reportée. Si le lockdown s’étend jusqu’à juillet, Doushan Sewtohul prévoit que ce chiffre doublera. Lexia Chan a bien des demandes, mais très peu de personnes confirment. “Ce sont pour la plupart des évènements qui sont à une date lointaine, voire dans deux ans. Les gens ont peur par rapport à tout ce qui se passe. Le souci, c’est que nous devons continuer à proposer le service même si nous n’avons aucun revenu.” Nicolas Fanny, également photographe de mariages a pour sa part, revue son business plan. Si auparavant, il employait une équipe, depuis il a restructuré sa companie et ne travaille qu’avec des freelancers.

Brossant le même constat que les autres, il fait aussi ressortir que là où le bât blesse, c’est que tous avaient un espoir que le marché du mariage allait reprendre. “On voyait une certaine effervescence, les gens reprenaient leurs projets en cours de route et du jour au lendemain survient la deuxième vague. La question que je me pose est est-ce que je continue dans le domaine de la photograpgie, qui me passionne ? Mais à quel prix ? Car à coté, j’ai une famille à faire vivre.” Ce dernier qui travaille dans une ONG à temps partiel pense sérieusement à une reconversion professionnelle même s’il compte continuer ses activités dans la photographie. Pour Lexia Chan, elle a été en mesure de recycler son staff avec l’ouverture d’un café à Port-Louis. “Mais les revenus générés ne sont pas suffisants pour tenir la tête hors de l’eau.” Son dernier espoir est de se lancer dans un autre projet encore plus challenging, dans l’espoir que des revenues soient générés pour rembourser ses clients et sauver son business.