La reprise générale a été annoncée pour début juin. Quelles sont les dispositions prises chez Vivo Energy Mauritius pour accueillir à nouveau les employés dans les meilleures conditions ?

Avec l’objectif d’une reprise pour début juin, nous avons établi notre propre protocole de retour progressif à la normale selon la réalité de notre métier, tout en prenant en compte des directives officielles. Ce protocole, qui se veut résolument flexible afin de s’adapter au plus près aux circonstances, se joue à deux niveaux. D’abord, la priorité reste notre réseau de stations-service, où nous avons le plus d’interactions. Ce protocole vise à faire de nos stations des « safe zones » grâce aux dépistages systématiques du personnel par les autorités, messages d’information au public, équipements (masques, visières, protection en plexiglass dans nos boutiques, paiement sans contact, marquages au sol, désinfection des mains et appareils) et à une formation en continu.

Pour nos activités à notre siège social, le protocole est très complet avec la mise en place de scanners thermiques, de ventilateurs, d’une politique de transport adaptée et d’une distribution de masques. Le tout en tenant compte des contraintes individuelles telles que la garde d’enfants ou les collaborateurs vivant avec des personnes à risque. Notre reprise physique au bureau se fera graduellement, mais le service sera assuré à 100%, comme c’est déjà le cas en ce moment.

Que faites-vous en amont pour préparer psychologiquement le personnel à regagner le bureau après plusieurs semaines en mode confinement et télétravail ?

Cette crise a créé une situation de stress individuel et collectif extrêmement forte à travers le monde. L’incertitude et le doute sont des facteurs aggravants qui participent au mal-être. Les angoisses sont diverses : réticence par rapport aux contacts physiques, peur de manquer de produits essentiels, adaptation aux nouveaux modes de travail, messages anxiogènes sur les réseaux sociaux et dans les médias, la possibilité d’être au chômage… Autant de facteurs qui peuvent venir influer sur le bien-être et la sérénité des employés.
Chez Vivo Energy Mauritius, notre approche permanente se résume en deux volets : anticipation et communication. Durant toute la phase de confinement notre ligne de communication a été particulièrement active afin de garder le lien et partager des informations sur la situation. Nous préparons donc nos équipes à cette « nouvelle normalité » en communiquant largement sur les étapes de la reprise et les moyens mis en place. Chacun peut poser ses questions lors de visioconférences afin de créer un climat de confiance et de sérénité. D’ici ce retour à la « nouvelle normalité », nous avons fourni à notre personnel des outils pour un maintien en condition physique, car nous sommes convaincus que l’exercice physique favorise l’évacuation du stress. Des tutos pour du yoga, de la musculation ou autres activités ont donc été fournis à l’ensemble du personnel, dans la continuité de ce que nous pratiquons normalement au bureau.

A quoi pourra-t-on s’attendre dans les stations-service, points de contacts par excellence ?

Depuis le début du couvre-feu, nos stations-service ont assuré un service complet en adoptant toutes les mesures sanitaires. En sus des dispositions déjà citées, nous travaillons actuellement avec des partenaires pour promouvoir un mode de paiement encore plus sûr à travers notre réseau. Nous communiquerons sur ces nouvelles options de paiement en temps et lieu.

En traitant avec l’hydrocarbure, produit réputé dangereux, Vivo Energy Mauritius a une culture de l’hygiène, de la sécurité et de la santé très pointue. En quoi cette maîtrise du risque a été un plus pour surmonter les contraintes sécuritaires liées à la Covid-19 ?

Il va de soi que la Covid-19 a amené les entreprises à comprendre que la prévention du risque infectieux concerne désormais tous les secteurs professionnels, et non seulement le milieu hospitalier. Chez Vivo Energy Mauritius, en tant qu’entreprise traitant avec l’hydrocarbure, la prévention du risque est inscrite dans nos manuels opérationnels pour nous rappeler à chaque instant qu’un incident n’est jamais trop loin. Il est dans notre culture d’entreprise d’appliquer les meilleures pratiques en matière de santé, de sécurité, de sûreté et d’environnement. Cela vaut autant pour les employés de Vivo Energy Mauritius, notre réseau de revendeurs, de gérants et pompistes, que pour nos sous-traitants, nos transporteurs, fournisseurs, et nos clients. Notre protocole de sécurité peut être vu comme une contrainte par certaines de nos parties prenantes, mais c’est un passage obligatoire pour une prévention maximale. La vigilance doit donc être de mise, même en temps dit normal.

La prévention face à cette crise est dans la continuité de notre fonctionnement habituel. D’ailleurs, avant même le couvre-feu, Vivo Energy Mauritius avait déjà mis à jour son plan de gestion de crise, son exercice annuel et a déclenché son Plan de continuité des activités (PCA).

Au plus fort de la pénurie de gaz, vous avez dû faire face à des situations problématiques, voire conflictuelles. En quoi votre expérience militaire vous a-t-elle aidé, par exemple, à mobilier vos troupes, à décider de la bonne stratégie et à coordonner les actions ?

La vente du gaz a connu une situation chaotique causée par l’achat panique et la fermeture de plus d’un millier de points de vente en une nuit. Nous avons donc dû gérer la frustration légitime de nos clients, qui étaient contraints d’attendre de longues heures dans les stations-service, faire face à des attitudes parfois hostiles et des refus de respecter les gestes barrières, répondre à des situations de détresses et réorganiser en un temps record toute notre chaîne logistique avec des effectifs réduits. Tout cela, à distance, avec une équipe de direction confinée à la maison.

Cet environnement d’incertitude, dans un climat de crise et de peur, est assez similaire à ce que l’on peut retrouver dans des situations de conflit ou de crise humanitaire. Tous les réflexes acquis au cours d’une expérience de soldat trouvent évidemment une résonance particulière dans ce contexte. Comme dans les interventions militaires, où l’union fait la force, notre réponse à cette situation sans précédent passait par une étroite collaboration avec les distributeurs, transporteurs, chauffeurs, points de vente, le ministère du commerce, la State Trading Corporation et la force policière pour protéger nos convois et chauffeurs lors de la distribution.

Quelles leçons tirez-vous de toute cette épreuve ?

J’ai été ébloui par cet esprit collectif qui aura animé mes équipes depuis le début. Après un an à la tête de Vivo Energy Mauritius, je mesure encore davantage la force collective qui y règne, fruit d’une solide culture d’entreprise, forte de valeurs profondes et du sentiment d’être un service stratégique et essentiel, et d’être partie prenante à part entière de l’identité mauricienne.

Pendant ces deux derniers mois, notre équipe de direction s’est transformée en une cellule de crise pour assurer cette fine coordination en temps réel. Si une chose a été importante durant cette phase, c’est bien de donner du sens à l’action que nous faisions au nom de l’intérêt général. Tout passe par l’envie de réussir ensemble, ce sentiment indéfinissable de faire partie d’un tout dans lequel l’intérêt individuel cède sa place à la réussite du groupe. Cette expérience nous a aussi permis de tirer les leçons voulues pour affronter avec davantage de sérénité le prochain « combat ».