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Entre la déclaration du CEO de Metro Express Ltd (MEL), Dass  Mootanah, selon laquelle “le certificat de sécurité n’est pas légalement obligatoire” et les réponses truffées de contradictions d’Alan Ganoo, le suspense reste entier quant aux contours de l’exploitation commerciale des Urbos 100 entre Rose-Hill et Port-Louis. Les ouvriers du constructeur Larsen & Toubro (L&T) continuent à mettre les bouchées doubles pour compléter le gros œuvre le long du tronçon de 13 km. D’autres travaux mineurs de transformation et de rénovation sont toujours en cours.

Le ministre du Transport et du Metro léger, Alan Ganoo, s’est retrouvé, au lendemain de l’article paru dimanche dernier dans Week-End, sous le feu roulant des questions de la presse. C’était à l’issue de la cérémonie de prestation de serment du nouveau Président de la République, Pradeep Roopun, et du nouveau vice-président, Eddy Boissézon. “Le Metro Express ne sera pas opérationnel à 100 % avant la fin de l’année”, a fait ressortir le ministre, avant qu’il n’ajoute que, “comme l’avait fait ressortir mon prédécesseur, Nando Bodha, le voyage gratuit des passagers se fera à condition que le certificat de sécurité nous soit délivré par la firme italienne Italcertifer. Je suis confiant que le certificat sera livré dans les semaines à venir, probablement avant la fin de l’année.” Alain Ganoo fait ainsi un pied de nez à Dass Mootanah, qui avait déclaré la veille que “nous mettons les bouchés doubles pour satisfaire les critères d’Italcertifer, même si ce certificat n’est pas légalement obligatoire pour l’exploitation commerciale.”

Les petits détails qui comptent

Rebelote deux jours plus tard à l’occasion de la fête de fin d’année de la  Corporation Nationale de Transport (CNT).  La tentative des journalistes de tirer les vers du nez d’Alan Ganoo a abouti à une toute autre version de ce dernier : “Le Metro Express sera opérationnel avant la fin de l’année et sera gratuit le premier mois. Ce n’est que l’année prochaine que les trajets seront payants.” Après ces déclarations du ministre, what’s next? La question est sur toutes les lèvres.

Ce flou, en revanche, n’entame en rien la détermination des ouvriers de L&T qui sont à pied d’œuvre pour compléter la phase 1 du projet. Les travaux – l’aménagement des revêtements de zones piétonnes sur la plate-forme traversant chaque station  – sont presque terminés. À Rose-Hill, les ouvriers peaufinent les derniers détails pour rendre accessibles la station, à l’étage, pour toutes les personnes atteintes d’un handicap. Des tests seront effectués sur les deux ascenseurs et les quatre escalators prévus à cet effet au courant de cette semaine.

À Beau-Bassin, l’aménagement des nouveaux drains et trottoirs accuse visiblement du retard, alors que plus loin à Beau-Bassin, le long de l’ancienne Promenade Roland Armand, des tests — au niveau de la coordination et la réalisation technique des travaux de câblage électrique, sans oublier la mise en service de la sous-station de tractions — étaient toujours en cours avant-hier. À La Butte, sur le parcours de la Montagne des Signaux ou encore vers la station de Victoria, le placement du ballast sous les voies de chemin de fer n’est pas encore complété.

Le ballast — lit de pierres ou de graviers sur lequel repose une voie de chemin de fer – a plusieurs fonctions: stabiliser le sol ainsi que les voies et leur éviter des déformations dues au poids des trains, limiter les vibrations au passage des trains, sans quoi elles pourraient se faire ressentir à plusieurs centaines de mètres à la ronde, et assurer un drainage efficace de l’eau de pluie provenant de la voie ferrée, entre autres. Sans oublier le casse-tête des travaux de la passerelle qui se déroulent juste à côté des rails, à quelques mètres de la station Victoria. Ces “petits détails” qui ont toute leur importance afin que le projet soit conforme aux normes de sécurité.