Des travaux «deep foundation», opération préalable à la reconstruction de l’ouvrage

Le bruit assourdissant émis par les engins de chantiers à l’œuvre sur le site du métro à Decaen, où Week-End avait révélé des problèmes structurels à la rampe ferroviaire, ne laisse aucun doute quant à l’ampleur des travaux en cours.

La mauvaise qualité des forages effectués en 2017 en marge de la construction du projet dans la capitale serait à l’origine de ce défaut de conception qui a nécessité la destruction totale d’une partie de la rampe.

Les ouvriers de Larsen & Toubro (L&T) sont à l’œuvre pour des travaux «deep foundation» préalables à la reconstruction de l’ouvrage sur des appuis ou pieux en béton armé enfoncés jusqu’au sol rocheux. Présent sur le site hier après-midi, le député Osman Mohamed étaye nos informations.

« A very very big problem », nous a lancé un ouvrier de L&T, jeudi, lorsque nous lui avons demandé les raisons pour lesquelles la rampe a été détruite. On s’est, bien évidemment, fait passer pour un voyageur inquiet de ce chamboulement. Aux antipodes de la réponse de Metro Express Ltd (MEL) et du ministre de tutelle Alan Ganoo à l’article, paru dans nos colonnes le 4 juillet dernier, faisant état d’un défaut de construction à la rampe ferroviaire.

La nouvelle rampe ferroviaire reposera sur des pieux solides, contrairement à l’erreur d’exécution de 2017

« Un léger settlement du sol a été détecté  », disaient-ils. Sauf qu’on y voit un peu plus clair en ce moment avec les machines de forage grande profondeur qui surplombent la capitale à l’entrée sud. Rien à voir, donc, avec « des travaux d’amélioration comprenant l’amélioration de la base, entre autres », comme l’avaient fait ressortir les autorités.

Le cahier des charges a consisté premièrement à détruire la structure existante. Puis, L&T la remplacera par une dalle qui reposera sur des pieux solides, contrairement à l’erreur d’exécution de 2017. Le député rouge et ingénieur civil Osman Mahomed, qui avait soulevé ce problème au Parlement, lors de son discours sur les amendements au Construction Industry Development Act, nous confie que « suivant une visite des lieux, je suis à même de certifier que les réparations actuelles consistent en des travaux de deep foundation. En d’autres mots, des  pieux forés qui sont en train d’être réalisés par excavation de matériaux puis coulage de béton dans le sol. Cela indique peut-être qu’il y avait définitivement eu une erreur dans la conception, comme je l’avais souligné au Parlement. »

Le coût de ces travaux, qui ont contraint MEL à élaborer une nouvelle gare, sera prise en charge intégralement par le constructeur indien. « Comment expliquez-vous le fait que le projet Metro Express est actuellement confronté aux mêmes problèmes techniques rencontrés, il y a quelques années, par l’autopont Decaen qui se situe à quelques mètres de la rampe ferroviaire du Caudan ? » C’est la question qui taraude Osman Mohamed.