Un des suspects impliqués dans la fusillade ayant coûté la vie à Manan Fakoo a été confronté à une reconstitution des faits, ce lundi 1er mars.

Le suspect a été reconduit sur l’autoroute à Ébène. Plusieurs unités de police, dont la Special Mobile Force (SMF) et la Special Support Unit (SSU), ont prêté main-forte à la Major Crime Investigation Team (MCIT) lors de cet exercice.

Par ailleurs, une perquisition a eu lieu à Vallée-Pitôt, ce matin. Le domicile de ce suspect a fait l’objet d’une fouille minutieuse par les autorités.

Auparavant, les suspects arrêtés dans le cadre de cette affaire étaient attendus au tribunal de Rose-Hill pour l’extension de leur détention préventive. Selon nos renseignements, des avocats ont prévu de demander à la MCIT leur position concernant le déroulement de l’enquête avant de pouvoir présenter leurs motions de remise en liberté conditionnelle.

Entre-temps, les proches d’Anas Sadullah ont prévu d’alerter la Human Rights Commission après avoir appris que ce jeune de 18 ans avait fait des confessions sans l’assistance de ses avocats. Lors de ses deux séances d’interrogatoire la semaine dernière, en présence de Me Sandiram Pooinsamy, il avait en effet nié toute implication dans ce crime. L’avocat avait même fait une entrée à la MCIT demandant que son client ne soit pas interrogé en son absence. Or, le jeune homme aurait fait certains « aveux » jeudi soir avant de participer à une reconstitution des faits le lendemain, à Beau-Bassin et ce, sans que son avocat en ait connaissance.

Ses proches ont contacté un deuxième avocat, Me Yash Bhadain, qui s’est rendu à la MCIT samedi afin de s’entretenir en privé avec Anas Sadullah. L’autorisation lui a cependant été refusée. Il a logé une déposition en ce sens aux Casernes centrales et une autre au poste de police de Vacoas, après s’être rendu samedi après-midi au Vacoas Detention Centre, où est détenu son client. Là aussi, l’accès lui a été refusé.

Dans ses « aveux », Anas Sadullah a déclaré que ses cousins (Mooltasam Sadullah, Mursalaf Sadullah et Saif Sadullah) et lui étaient dans un van à Beau-Bassin la veille de la fusillade. Deux individus à motocyclette les auraient alors approchés pour parler à ses cousins. Le jeune homme dit ainsi avoir entendu le conducteur de la moto dire : « Bizin al desann Manan Toro. » Anas Sadullah dit cependant ne pas être en mesure d’identifier les deux suspects.

Ses avocats estiment pour leur part qu’il aurait fait ces déclarations sous la contrainte. D’où leur démarche de solliciter la commission des droits humains. Ce n’est qu’après un entretien avec le jeune homme que ses hommes de loi décideront s’ils porteront l’affaire à l’Independent Police Complaints Commission.

Pour rappel, Manan Fakoo a trouvé la mort lors d’une fusillade à Beau-Bassin, dans la soirée du mercredi 20 janvier. Des coups de feu ont été tirés sur lui. Le quinquagénaire a rendu l’âme suite à une blessure par balle à la nuque, le lendemain.