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– Michel Mayer (FMC) s’interroge sur l’organisation des courses hippiques, alors que les épreuves cyclistes ne sont, elles, toujours pas permises

– Alain St-Louis (FMTri), parle, lui, de décision contradictoire et au détriment de la performance

C’est un énorme coup de massue pour les sportifs ! Des athlètes, qui devaient prendre part aux Championnats d’Afrique prochainement, ne pourront plus le faire suite à une décision du ministère de la Santé, lors de la semaine écoulée. Informé, le ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) a aussitôt fait suivre la restriction aux fédérations concernées. Une démarche qui ne fait pas l’unanimité, d’autant que des handisportifs (Suisse), des judokas (Sénégal) et un badiste (Espagne) se trouvent, eux, à l’étranger après avoir eu le feu vert des autorités !

Nombreuses sont les fédérations concernées par cette décision. Et celles contactées sont toutes unanimes à reconnaître que c’est une décision contradictoire et qui pénalise grandement les sportifs. A commencer par Michel Mayer, président de la Fédération mauricienne de Cyclisme (FMC) qui estime qu’il y a une politique de deux poids, deux mesures, en analysant la situation de près. D’abord en raison du fait que certains sont autorisés à quitter le pays et d’autres pas.

Ce dernier se désole de la restriction de voyager à certaines fédérations, privant ainsi les vététistes d’une compétition en terre algérienne, programmée du 27 au 30 juin prochain. « Je constate que le sport local est en train de reculer de deux ans, contrairement aux autres nations, qui, malgré la pandémie croissante de la Covid-19, permettent à leurs athlètes d’effectuer des stages voire des compétitions à l’étranger, tout en affichant des protocoles très strictes. Nos adversaires continuent d’accroître leur avance sur nous. Ce qui est important de souligner, c’est que les sportifs ont besoin de visibilité », soutient notre interlocuteur.

Coureurs pénalisés

Pour ce dernier, il est dommage que les coureurs soient pénalisés, alors que le protocole sanitaire est appliqué à la lettre. D’autant qu’il arrive difficilement à comprendre les restrictions, alors que le cyclisme est une discipline pratiquée en plein air ! Une réflexion qui fait suite au refus du MAJSL de permettre à la FMC d’organiser des courses à huit clos, qui plus est, sur des circuits fermés, aussi bien que des contre-la-montre individuel. « Pourquoi les courses hippiques sont-elles autorisées, mais pas les épreuves de vélo ? Je trouve qu’il est très important qu’on se pose les bonnes questions ». Il ajoute: « C’est triste pour les athlètes qui se donnent corps et âmes pour leur discipline respective et qui, au final, sont contraints de faire machine arrière », explique Michel Mayer.

Si Michel Mayer dit parfaite comprendre la situation actuelle et que la prudence est requise, en revanche, il est d’avis que le gouvernement devrait avoir une ligne directrice, afin de permettre aux partenaires sportifs de voir plus clair « Il est important qu’on sache dans quelle direction on bouge, sur quel pied danser et comment procéder face à l’adversité », avance-t-il avant d’ajouter: « Nos cyclistes se sont entraînés assidûment, certains comme des professionnels, afin de pouvoir garder, ne serait-ce, qu’un bon niveau de forme durant le confinement. Ceux ayant le privilège de bénéficier de home-trainer à domicile, ont pu conserver une excellente condition. Alors pourquoi les pénaliser ? », s’interroge Michel Mayer.

L’inélégance des autorités

Le président de la Fédération mauricienne de triathlon (FMTri), Alain St-Louis, abonde dans le même sens. Lui, dont les athlètes ne pourront participer aux Championnats d’Afrique prévus en Egypte. « C’est une décision aberrante et contradictoire lorsqu’on sait que certains ont été autorisés à se rendre à l’étranger et pas nous », déplore-t-il. Alain St-Louis est encore plus révolté, du fait qu’il ait appris la nouvelle à travers la presse avant même que le MAJSL n’émette de communiqué. « Sincèrement, je considère cela de très inélégant. »

Ce qui le décourage encore plus, c’est que les triathlètes ne pourront se jauger à cette compétition, considérée de baromètre en vue des prochaines échéances. « C’est une compétition très importante étant donné que les cinq premiers (hommes et dames) sont qualifiés pour les Mondiaux. Désormais, il faudra patienter jusqu’à l’an prochain », déplore l’homme fort du triathlon local.

Alain St-Louis regrette encore plus cette décision, du fait que la Confédération africaine avait accepté de soutenir la FMTri en prenant en charge deux billets d’avion (garçon et filles), aussi bien que les frais d’hébergement. « Cela fera plus d’un an que nos triathlètes n’ont plus participé à une compétition internationale, alors que certains ont pour objectif une qualification les Jeux olympiques de 2024 en France », souligne-t-il.  

Pour le président de la FMTri donc, cette décision est incompréhensible et sonne faux. « Les championnats d’Afrique est un palier, voire une opportunité à ne pas rater. Ce n’est pas en prenant de telles décisions que nos athlètes progresseront et que nous maximiserons nos chances pour 2024 », déplore-t-il avant de conclure: « On nous parle des JO de 2024 mais on constate finalement que ce n’est qu’un rêve. Si les athlètes ne sont pas mis dans les bonnes conditions, les résultats ne suivront pas. C’est bien loin d’être encourageant. ».