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Le ministère du Travail a fait le compte. 5 379 salariés ont rapporté avoir perdu leur emploi entre le 6 avril et le 10 juillet dernier. Et 1 664 d’entre eux affirment qu’ils ont été mis à la porte sans avoir touché leurs salaires.

Durant la même période, 1 074 employés affirment avoir été mis à la porte pour des raisons économiques. D’autres (1 592) disent qu’ils ont été licenciés dans le cadre d’un programme de dégraissage. Pas moins de 200 salariés ont aussi rapporté qu’ils ont perdu leur emploi car les entreprises pour lesquelles ils travaillent ont fermé leurs portes en raison des difficultés financières. Alors que 606 personnes ont porté plainte à l’encontre de leurs employeurs pour réduction de leurs salaires.

En ce qui concerne les travailleurs licenciés sans pour autant que leurs employeurs les rémunèrent, le ministère du Travail souligne qu’un délai leur a été accordé pour rectifier le tir. Passé ce délai, ils seront poursuivis en cour industrielle. « En cas de non-respect des dispositions de la loi, ils seront passibles d’une amende de Rs 25 000 pour chaque travailleur licencié et d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à deux ans », a fait ressortir Mariaven Caremben, conseiller spécial du ministre du Travail, Soodesh Callichurn, en matière de relations industrielles.

Le ministère du Travail précise également que les entreprises qui ont redémarré leurs opérations et qui ne sont plus éligibles à l’assistance financière de la Mauritius Revenue Authority doivent nécessairement rapporter tout cas de licenciement au ministère de tutelle pour que les travailleurs puissent bénéficier du Transitional Unemployment Benefit. Avec l’amendement au Finance Bill, les travailleurs licenciés pourront bénéficier d’une assistance financière équivalant à 90% du plafond de Rs 18 750 imposé par le gouvernement pendant une période de six mois. Ils bénéficieront également d’une deuxième tranche pendant une durée de six mois. Celle-ci équivaut à 60% du plafond maximal de Rs 18 750 jusqu’à ce que l’intéressé trouve un emploi alternatif ou se convertisse en petit entrepreneur.

Au ministère du Travail, on insiste sur le fait que « le ministère est très sensible par rapport à ce qui se passe dans le monde du travail actuellement et c’est d’ailleurs pourquoi un amendement important a été apporté au Finance Bill ». Techniquement, aucun employeur n’a le droit de droit de mettre à la porte un travailleur s’il a touché le Wage Assistance Scheme ou s’il a contracté un emprunt de la Banque de Développement, de la SICOM ou auprès de Mauritius Investment, explique-t-on au ministère du Travail.

« Le gouvernement met à la disposition des emprunts à un taux d’intérêt très faible. Le gouvernement est en train de jouer pleinement son rôle pour sauvegarder l’emploi et c’est pourquoi les employeurs n’ont plus le droit de réduire les salaires ou de licencier les gens. Il n’y a aucune excuse pour licencier maintenant. Les aides sont là, il incombe maintenant aux employeurs de jouer le jeu également », a souligné le conseiller du ministère du Travail.

Aussi, si un patron décide de mettre à la porte son employé, le cas sera traité comme « injustifié » et il aura à payer à chaque travailleur une compensation équivalant à trois mois de salaire par année de service, effectuer le paiement du boni de fin d’année au prorata et rembourser les congés de maladie et annuels.