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Les travaux de la Cour d’investigation pour faire la lumière sur le naufrage du MV Wakashio, dans la nuit du 25 au 26 juillet 2020, se sont poursuivis mercredi avec l’audition de deux témoins, soit le Dr Peetambar Beeharry, Principal Veterinary Officer au ministère de l’Agro-industrie, et Ravi Mohit, Acting Scientific Divisional Officer au ministère de la Pêche. La Cour s’est penchée sur les dauphins retrouvés morts un mois après le naufrage.

Le vétérinaire, qui avait supervisé l’autopsie des mammifères, a ainsi confirmé que ces mammifères marins sont morts après avoir subi un trauma. Et le Dr Beeharry, qui a déclaré qu’il pourrait y avoir « une multitude de facteurs », a concédé qu’une explosion pourrait être la cause de ce trauma.

Le Dr Beeharry a expliqué que 50 dauphins avaient été transportés à la Livestock and Veterinary Division du ministère pour être autopsiés. De ces 50 dauphins, 25 se trouvaient dans un état de décomposition avancée, et l’équipe de vétérinaires n’a donc pu pratiquer l’autopsie que des 25 autres. Selon lui, le fait marquant, sur ces dauphins, c’est que tous portaient des traces d’hémorragie à la tête.

« They all had a haemorrage on the head. It was an internal haemorrage and the brains were highly congested. Two or three had broken jaws and there was the presence of gas in the blood vessels. They had the same type of lesions », a fait ressortir le vétérinaire.
Il rappelle qu’il avait fait un rapport pour chaque dauphin examiné et que le but de l’autopsie était de déterminer la cause du décès. Les dauphins morts sont arrivés au ministère de l’Agro-industrie à des intervalles différents, et leur décès remontait à plus de 24 heures. Le vétérinaire a soutenu qu’il était « difficile de dire » si ces mammifères marins étaient tous morts au même moment.

Les vétérinaires du ministère sont parvenus à la conclusion que la cause principale du décès des dauphins était un phénomène connu comme le « barotraumatisme », trouble causé par un changement abrupt de pression. « Cela a pu être provoqué par une multitude de facteurs, comme l’utilisation de sonars militaires, un tremblement de terre sous-marin, des explosifs ou encore une éruption volcanique », indique le rapport d’expertise.
Cependant, sur insistance du Chairman de la Cour d’investigation, l’ancien juge Abdurafeek Hamuth, pour connaitre les facteurs pouvant causer ce trauma, le Dr Beeharry a concédé qu’une explosion pourrait être l’un d’eux.

Il a aussi fait ressortir que c’est la première fois que le ministère pratique une autopsie de dauphins et que des échantillons de structures se trouvant dans la tête de ces animaux ont été prélevés pour déterminer s’il y a eu des dommages et si ces dauphins ont été victimes d’une désorientation. Cet exercice devait être entrepris par les ONG, dit-il, « car ces analyses se font à l’étranger, mais finalement cela n’a pas abouti ». Par ailleurs, sur les échantillons prélevés, de l’hydrocarbure avait été retrouvé dans 11 carcasses de dauphins.

Retrouvez l’article au complet dans l’édition du Mauricien du 29 juillet.