Photo prise en janvier 2021. Le lagon, théâtre du désastre écologique, semble avoir retrouvé ses couleurs d’antan

Le ministère de l’Environnement a émis un communiqué durant la semaine pour faire le point, un an après le Wakashio. Si les tests sont encore en cours dans plusieurs régions, il a été annoncé que la majorité des sites et poissons analysés ne présente aucune trace d’hydrocarbures et que la qualité de l’air est correcte.

Le ministère de l’Environnement soutient que dès le 25 juillet 2020, en apprenant que le MV Wakashio s’était échoué dans le lagon du Sud-Est du pays, des mesures avaient été prises au niveau des autorités, dont l’environmental monitoring de ressources marines et terrestres du pays. Par ailleurs, dès le 26 juillet, il est indiqué que la qualité de l’eau avait été quotidiennement testée, à Blue Bay, Pointe d’Esny, Pointe Jérôme et au Mahébourg Waterfront. Des algues ont été collectées et analysées au National Environmental Laboratory (NEL) pour tester l’huile et le nombre total de hydrocarbons dans l’eau. Ainsi, tous les sites ont été surveillés selon les recommandations de la Coastal Water Quality (Class A1 for Conservation) of the Environment Protection Act. L’Albion Fisheries Research Centre (AFRC) a aussi collecté plusieurs échantillons d’algues.

Les autorités confirment aussi que la présence d’hydrocarbures a été détectée le 6 août à Mahébourg et Pointe Jérôme, et que tout de suite après le Monitoring Programme a été revu pour évaluer de plus près la présence d’huiles dans le lagon. À partir du 14 août, un Joint Monitoring Programme a ainsi été mis en place avec le NEL, l’AFRC et le Mauritius Oceanography Institute (MOI) et 27 sites affectés ou à risques ont été répertoriés de la Cambuse à Trou d’Eau douce. Par ailleurs, la FAREI a sollicité l’aide du NEL pour analyser la qualité de l’eau dans les cours d’eau et bassins de la région sud-est du pays, le 17 septembre 2020. Il est aussi indiqué que le FAREI avait, avant cela, effectué une enquête qui a révélé qu’aucune plantation n’avait été affectée par la fuite d’huile. La qualité de l’eau utilisée par les 15 agriculteurs sélectionnés pour cette enquête pour irriguer leurs champs était ainsi en ligne avec l’Irrigation Water Quality. Aucune trace
d’hydrocarbures n’a été détectée.

Mise en place d’un Integrated Environmental Monitoring Programme

De plus, trois mois après la première fuite d’huile, soit le 26 octobre 2020, les études sur la qualité de l’eau des autorités de tutelle menées par le NEL, MOI et AFRC ont révélé une nette amélioration. Résultat obtenu grâce à l’aide des bénévoles, et des autorités, affirme le ministère de l’Environnement. En outre, en décembre 2020, les plages publiques allant de La Cambuse à Trou d’Eau Douce ont été rouvertes au public uniquement pour les loisirs. Et le 11 décembre, avec l’accord du cabinet ministériel, la mise en application du Integrated Environmental Monitoring Programme (IEMP), comprenant les institutions gouvernementales, des ONG et le Centre for Environment, Fisheries and Aquaculture Science (CEFAS), a débuté. Ce programme a ainsi pour objectif d’évaluer l’impact environnemental de l’échouement du Wakashio sur la région et sur les zones environnementales sensibles non loin du lieu de l’incident. L’IEMP se charge de cinq principaux axes : le Physical Impact Assessment ; l’Ecological Monitoring ; l’Environmental Quality Monitoring ; le Terrestrial Biodiversity Monitoring et le Food Safety and Fisheries Monitoring.

De plus, les tests sont effectués une fois par semaine, sur neuf sites, depuis janvier 2021 et le taux de dissolved oxygen dans l’eau, de même que le pH, la salinité et l’huile sont passées à la loupe. Et selon les Coastal Water Quality Guidelines (CWQG, 1999), aucune trace d’huile ou de pétrole n’a été détectée. Les exercices de monitoring sont toujours en cours. Par ailleurs, des algues ont été collectées sur six sites dans le lagon de Blue Bay à Mahébourg et sur 10 sites dans le lagon de Blue Bay à Vieux Grand-Port entre février et mars 2021 et, encore une fois, selon les autorités, aucune trace d’huiles n’a été détectée.

Pêche toujours interdite à Pointe Canon

Des sédiments marins ont aussi été collectés et soumis à SGS (Mauritius) Ltd pour l’analyse du taux de Total Hydrocarbon (HCT), de Polycyclic Aromatic Hydrocarbons (PAHs) et de métaux lourds. Et des cinq échantillons provenant du lagon de Pointe d’Esny en avril 2021, 45mg/l d’hydrocarbures ont été découverts sur un seul échantillon de sédiments collecté dans le lagon en face du MV Wakashio. L’analyse mensuelle des sédiments du 3 juin au 27 juillet 2021 sur 16 sites a révélé une absence de «Total Hydrocarbon & Polycyclic Aromatic Hydrocarbons.» 

En ce qu’il s’agit des poissons en provenance du lagon, l’on indique que des échantillons ont été collectés dans le lagon et soumis à QuantiLAB pour l’analyse de Total Hydrocarbon (HCT), de Polycyclic Aromatic Hydrocarbons (PAHs) et de métaux lourds. 135 échantillons ont été prélevés de plusieurs espèces de poissons, dont les calamars et pieuvres, au mois de mars 2021. Ni HCT ni PAH n’a été détecté. Aussi, 36 échantillons ont été collectés de mai à juillet, et même résultat, zéro HCT ou PAH. Et si la pêche a repris de La Cambuse à Mahébourg et de Bois des Amourettes à Trou d’Eau Douce le 29 mars, la pêche est toujours interdite de Pointe Canon à Vieux Grand-Port, à cause de la présence d’hydrocarbure dans les sédiments de cette région.

Aussi, le ministère de l’Environnement précise qu’un air quality surveillance programme a été mis en place par le NEL dans huit sites résidentiels et dans 17 écoles des régions affectées depuis le 8 août 2020 et des tests sont effectués quotidiennement. Les résultats sont qu’aucun volatile organic compound n’a été détecté dans l’air qui aurait pu affecter la santé des résidents.