Elle a fait des droits des personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Trans, Queers, Intersexes (LGBTQI) son cheval de bataille. Gagnante du Supreme Activist Academy Trophy 2021, Nandini Tanya Lallmon est une jeune activiste, portée par une détermination à toute épreuve, qui souhaite avant tout enrayer les inégalités et les stigmatisations dont sont victimes les personnes LGBTQI.

Elle a toujours été une personne déterminée. La première à s’outrer de mesures qu’elle trouvait injustes au collège, celle qui dénonçait les inégalités tout en prenant des actions concrètes pour essayer de changer la situation. Remporter le Supreme Activist Academy Trophy, organisé par le International Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, Queer & Intersex Youth & Student Organisation (IGLYO) en juillet, dans la catégorie des droits des LGBTQI, représente beaucoup pour Nandini Tanya Lallmon. Au-delà d’une consécration pour toutes ses années d’activisme, remporter ce concours destiné aux jeunes militants LGBTQI du monde entier, est une aubaine pour être une voix qui pèse dans la balance pour continuer à porter cette cause. “En tant qu’activiste d’un pays en voie de développement et géographiquement isolé, ma voix a désormais beaucoup plus de crédibilité, car l’instance organisatrice est reconnue au niveau de la commission européenne”.

Inégalités persistantes

À15 ans, elle était déjà activiste pour les droits des filles et des femmes. Au cours des campagnes, elle comprend que les femmes ne jouissaient de droits égaux. Ce qui ne leur permettait pas de réaliser leur potentiel dans la société. De même, “les femmes LGBTQI étaient encore plus marginalisées”, selon cette dernière. Les inégalités persistantes envers les personnes LGBTQI dans les lois mauriciennes ont aussi été une autre motivation pour faire de cette cause son cheval de bataille. Lors de ses études en Droits à l’Université de Maurice, elle réalise que les lois dans le système juridique mauricien, “façonnées à l’époque de la colonisation, sont restées les mêmes. D’une perspective juridique, les discriminations dans les droits des personnes LGBTQI sont toujours présentes”.

Nommée African Youth Charter Hustler pour Maurice par le African Union Office of the Youth Envoy, Nandini Tanya Lallmon milite pour les droits des jeunes africains LGBTQI. Elle est amenée à collaborer avec le Commonwealth Youth Gender and Equality Network et sera responsable du coté légal pour la campagne #Reform 53, lancé en janvier 2020. L’objectif étant, entre autres, de pousser leur lobby encore plus loin et de convaincre sur la nécessité d’une réforme légale. Pendant quelle travaillait sur cette campagne, elle est sélectionnée en parallèle comme United Nations Religion Fellow au OutRight Action International. “Une première pour Maurice”, fait ressortir l’activiste. Elle poursuit son cheminement en participant en mars au 65th Commission on the Status of Women. En juillet, Tanya Lallmon a été partie prenante du High-Level Political Forum on Sustainable Development on behalf of the LGBTI Stakeholder Group. Deux plateformes où elle a été en mesure de parler au nom des LGBTQI.

Les mêmes droits pour tous

La jeune femme tient à souligner que la pandémie de la Covid-19 et le confinement ont soulevé encore plus d’inégalités chez les personnes LGBTQI. “Par rapport aux inégalités subtiles sur le marché de l’emploi, la plupart d’entre elles travaillent dans les secteurs informels qui sont les plus affectés par la pandémie”. Beaucoup ont vu leur traitement d’hormones affectés pendant le confinement. Etant donné qu’elles étaient souvent reléguées au second plan par le personnel médical. Lors d’un concours organisé par le IGLYO où participait la jeune femme, une des trois étapes consistait à mettre en place un plan d’action. Celui de Tanya Lallmon était axé sur les leaders religieux hindous à Maurice.

“Bien que la loi dit qu’il ne faut pas perpétuer les discriminations contre les personnes LGBTQI, c’est toujours fait de manière très subtile”, constate cette dernière. Les raisons avancées pour justifier ces discriminations sont que les pratiques de cette communauté vont à l’encontre de nos valeurs traditionnelles”. Tanya Lallmon explique avoir démontré que discriminer les personnes LGBTQI n’est surtout pas en ligne avec les valeurs traditionnelles de l’hindouisme. Dans ses recherches, elle a apporté des preuves concrètes démontrant que les personnes LGBTQI  étaient déjà présentes dans les sociétés anciennes avant la colonisation en Inde.

De rajouter que les personnes LGBTQI sont une minorité et le resteront, “mais ce n’est pas une raison pour que ce groupe minoritaire n’ait pas les mêmes droits que la majorité”. Comme par exemple le droit de se marier, d’avoir une famille, d’adopter un enfant. “Leur priver de cela va à l’encontre de leurs droits fondamentaux”.