C’est avec un mélange de tristesse et de colère que les proches de Lindsay Plassan, 62 ans, l’un des trois marins de la Mauritius Ports Authority (MPA) ayant péri en mer au large de Poudre-d’Or, ont accueilli, hier après-midi, à Barkly, la perte de celui qu’ils décrivent comme un marin hors pair. Ils pointent du doigt, « l’ingérence de la MPA et le manque d’empathie des membres de cette instance envers la famille endeuillée ».

Au vu de la longue carrière de Lindsay Plassan au sein de la marine, le frère de la victime, Rudy Plassan, qui avait assisté avec impuissance aux recherches menées par la National Coast Guard (NCG), fondait un mince espoir de pouvoir le retrouver sain et sauf.

« Mo finn gard lespwar ki so 25 ans de carrière lor lamer pou fer li rezoinn later », at-il confié au Mauricien, hier soir. Malheureusement, la fatalité a eu raison de l’espoir, puisque le corps de Lindsay Plassan est finalement repêché à 16h10 dans l’environnement qui était son gagne-pain.

La victime laisse derrière lui une veuve et deux enfants qui se trouvent actuellement en Australie. « Avec la fermeture des frontières, ses deux gosses ne pourront même pas lui dire un dernier au-revoir. Quelle tragédie ! » confie un proche de la famille qui était également sur place depuis la matinée pour suivre les opérations de sauvetage. Il y était également pour observer et glaner des informations sur les zones d’ombre entourant le naufrage. Il fait état de lacunes à tous les niveaux : « Il y a plusieurs jeunes marins qui font partie de l’effectif et qui n’ont voulu participer à cette opération suicide. Je pèse mes mots. Seuls ceux qui ont plus de 50 ans ont été appelés à la rescousse, s’ils n’ont pas été contraints… »

À l’instar d’un bon nombre d’observateurs avertis, il indique qu’« en aucun cas cette opération aurait dû se tenir dans la soirée dans une mer démontée mais le matin. Il me revient qu’une équipe aurait dû les rejoindre le matin pour ramener la berge au port » . En outre, ce proche de Lindsay Plassan souligne que « la MPA devra répondre sur le fait que le bateau dans lequel trois membres de l’équipage ont péri n’était pas aux normes, manquait d’équipements et était dépourvu de sonar ».

D’autres membres de la famille, dont une nièce du défunt, ont aussi exprimé leur indignation face au manque d’empathie de l’employeur du défunt, hier soir. Ils ont ainsi confié au Mauricien que « la MPA n’a même pas daigné passer ne serait-ce un coup de fil à l’épouse de Lindsay Plassan. Ils ont tout simplement délégué un psychologue et c’est tout ». Elle gardera le souvenir d’un homme passionné par son métier qui ne s’absentait jamais au travail. « Son dévouement pour une bande d’incompétents aura causé sa perte », laisse-t-elle échapper avec colère et indignation.

Le départ pour l’au-delà de Lindsay Plassan laissera un grand vide dans la demeure familiale où l’absence de ses enfants était déjà fortement ressentie ces derniers temps.