Maurice a perdu un de ses plus grands diplomates en la personne d’Armand Maudave, décédé hier à l’âge de 90 ans.

Armand Maudave fait ses études en Angleterre, à Leeds et Oxford, avant de s’engager dans le service public à Maurice. D’abord enseignant au Collège Royal en 1960, il travaille ensuite à la haute commission mauricienne à Londres, de 1968 à 1972. Après quoi il occupe les fonctions de conseiller puis de ministre conseiller, cumulant les accréditations à l’Unesco et à la FAO, puis à l’ambassade de Maurice à Paris, de 1972 à 1979. Il est ensuite affecté à l’ambassade de Maurice à Bruxelles (Belgique) jusqu’en 1980 puis à Canberra (Australie), jusqu’en 1982.

Il est nommé ensuite ambassadeur de Maurice aux Nations Unies de 1983 à 1985, où il défend le dossier de l’indépendance de la Namibie au Conseil de Sécurité. À son retour à Maurice, il devient secrétaire permanent au ministère du Tourisme, de 1985 à 1988. En compagnie de Raj Makoond, il est alors la cheville ouvrière du premier festival de la mer, placé sous l’égide de sir Gaëtan Duval, alors vice-Premier ministre et ministre du Tourisme. Après sa retraite du secteur public, Armand Maudave est promu de 1989 à 2009 directeur du groupe Food and Allied Industries, à Moka, puis s’associe à la création des Moulins de la Concorde, dans la région portuaire.

Mais l’homme se sera aussi vu confier d’autres responsabilités durant sa carrière. Ainsi, en 1978, il aura été président et commissaire général de l’exposition sur les relations franco-mauriciennes au Palais de Chaillot, mais aussi président de la Commission générale du Festival international de la mer à Maurice, en 1987. Il a par ailleurs fait partie, en 1986, de l’Amicale Maurice–France. À noter qu’à cette occasion, l’Amicale avait offert à Saint-Malo une copie en bronze de la statue de Mahé de Labourdonnais.

Amoureux de Souillac, où il résidait, Armand Maudave avait organisé le jumelage entre Souillac (Maurice) et Souillac du Lot (France) en 1987. Il avait aussi milité pour la réhabilitation du cimetière de Souillac, où se trouve le tombeau de Robert Edouard Hart. Le sport comptait également beaucoup pour lui. Ainsi, dans sa jeunesse, il a été recordman national de sprint. Sans compter qu’il a présidé la Commission d’athlétisme mauricienne et a été membre, à Londres, de l’Advisory Board pour les Jeux du Commonwealth de Perth (Australie), de Kingston (Jamaïque) et d’Édimbourg (Écosse), ainsi que pour les Jeux Olympiques de Mexico.

À son épouse, Fazila, et à toute sa famille, Le Mauricien présente ses plus vives sympathies.