Nita Deerpalsing a été députée du PTr entre 2005 et 2014. Dans cette interview qu’elle a accordée au Mauricien, elle explique que le climat qui prévalait alors l’avait poussée à un exil forcé, d’abord en Afrique du Sud où elle avait pris de l’emploi au quartier général de Gender Links, ensuite à Paris où elle était postée à l’Organisation internationale de la Francophonie. Cette période a été très positive, confie-t-elle, et lui a permis de rendre du recul par rapport à la situation dans le pays. De retour à Maurice, elle est déterminée à proposer un projet de construction du pays autour d’un destin commun. « Il nous faut plus que jamais aujourd’hui une reconstruction du bien commun avec un leadership éclairé », lâche-t-elle. Ce sujet reviendra comme un leitmotiv tout au long de l’entretien. Elle est convaincue que cette voie permettra de créer l’environnement nécessaire pour faciliter l’épanouissement des Mauriciens et réduire les déviances.

Commençons par une information qui domine l’actualité. Comment avez-vous accueilli la mort atroce de la policière Dimple Raghoo ?

C’est très triste, nos pensées vont à sa famille. Mais ce que nous voyons est le symptôme d’un mal plus profond. Nous avons tendance à commenter les symptômes, même s’ils sont bouleversants comme c’est le cas présentement. Pour moi, cela montre qu’il y a un gros problème de « rule of law » dans le pays. Cela ne date pas d’hier, mais la situation empire.

Pourquoi arrivez-vous à cette conclusion ?

Il faut pour cela nous comparer aux pays où le “rule of law” est un exemple. Il n’y a aucun pays où c’est parfait mais il y a des territoires qui peuvent être utilisés comme “benchmark”. Vous constaterez que dans ces pays, la population a un comportement civique, que le “rule of law” est appliqué essentiellement pour ceux qui dérivent et les déviants qui s’éloignent du comportement civique. Que voit-on à Maurice ? Il y a un inversement de cet équilibre et il y a de plus en plus de déviants pour lesquels on doit appliquer le “rule of law”. Comment expliquer tous ces fléaux ?
Le mal est très profond. Je mène actuellement une réflexion à ce sujet que je compte rendre publique comme projet après le Nouvel An. Après l’indépendance du pays, nous avions eu deux colosses qui ont été des leaders éclairés, à savoir sir Seewoosagur Ramgoolam et sir Gaëtan Duval. Depuis cette époque, le pays est en manque d’un leadership éclairé. Aujourd’hui, plus que jamais, il nous faut une reconstruction collective du bien commun par un leadership éclairé.
Tous les jours, on peut commenter sur les événements de l’actualité, les uns plus choquants que les autres, que ce soit la mort du petit Ayaan, aujourd’hui la mort de Dimple Raghoo. Nous constatons qu’il y a une multiplication des déviants. Ce n’est pas la population qui est en tort, mais c’est l’environnement qui est pourri.
Entre l’accession du pays à l’indépendance et les années 1980, il y avait dans le pays une ambiance de collaboration et d’aide qui était beaucoup plus forte. Le lien social était plus fort. Pourtant, nous étions encore en état de développement et nous n’avions pas le même niveau de vie qu’aujourd’hui. Cet esprit n’a pas disparu mais il s’effrite dangereusement. De là découlent toutes sortes de choses et de déviance.

Parlez-vous surtout de leadership politique ?

Je parle de tous les leaderships, y compris politique et économique. Les gens constatent de plus en plus que le système fonctionne sur la base des privilèges et des déviations au “rule of law”. Il est trop facile de dire que les citoyens ont perdu leurs valeurs d’antan. Je répète : c’est l’environnement qui a changé. Prenez les mêmes Mauriciens et placez-les, disons, dans un contexte canadien. Il retrouve un comportement civique parce qu’il est dans un environnement vertueux.
Il faut réaliser que nous sommes tous inquiets parce que nous voyons que nous perdons ce bien social et la notion d’un bien commun collectif à nous tous parce que les leaderships politique et économique ont failli dans leur tâche de nous montrer la voie vertueuse. Lorsque quelqu’une personne est déçue du leadership, elle intériorise cette situation dans son comportement et devient de plus en plus viciée.

Sur le plan politique, nous avons quand même connu des leaders comme sir Anerood Jugnauth, Paul Bérenger et Navin Ramgoolam. Vous pensez qu’ils n’ont pas été à la hauteur…

C’étaient des grands politiciens. Je ne suis pas là pour dire qu’ils n’ont pas apporté des choses positives pour le pays. Chacun a eu sa contribution pour construire l’île Maurice, mais aujourd’hui la population est dans le flou et cherche un leadership éclairé. C’est-à-dire quelqu’un qui a la capacité de construire la nation.

Construire la nation autour de quoi, d’une idéologie, d’un projet politique ? Pouvez-vous préciser ?

Il faut construire le pays autour d’un destin commun. Aujourd’hui, l’idéologie est perdue dans la globalisation. Aujourd’hui, il n’est plus pertinent de parler de gauche ou de droite, parce qu’on doit voir ce qui est pragmatique et qui marche. Il nous faut être éclectiques. C’est-à-dire, il faut voir comment font Singapour, le Canada, la Corée du Sud, entre autres, sur beaucoup de choses. L’inspiration vient de moins en moins des pays d’Europe mais de l’Asie qui mène le jeu. Il faut nous décomplexer. Lorsqu’on évoque notre ambition de devenir un Etat-nation moderne, il faut ouvrir toutes les perspectives, et surtout voir les sociétés qui marchent et qui donnent des résultats. Il nous faut plus que jamais aujourd’hui une reconstruction du bien commun avec un leadership éclairé.

Qui peut symboliser cela ?

Cela doit être symbolisé non pas par une personne ou une personnalité seulement, mais par un projet dans lequel tout le monde se retrouve. On ne peut construire un destin commun avec un approfondissement des inégalités. Tout développement économique est basé sur la survie comme c’est le cas actuellement. De plus en plus, le développement économique est basé sur la survie. On ne peut pas se contenter de construire des routes, des Smart Cities et des bâtiments.
C’est tellement anachronique par rapport à l’écologie et l’environnement. Il nous faut chercher d’autres moyens de productivité et de relance économique. En parlant de bien commun, il faut voir le nombre de petites entreprises que nous avons dans le pays. Je crois dans la libre entreprise et ne suis dans aucun dogme, que ce soit de gauche de droite ou du centre. La libre entreprise dont je parle n’est pas basée sur la compétitivité de l’argent, mais sur la vraie productivité des centaines de milliers de très petites entreprises. Aujourd’hui, il y a des milliers de femmes qui gagnent leur vie dans de très petites entreprises mais de manière désorganisée.
Il nous faudrait démultiplier les coopératives des femmes. Je n’invente rien. Mais cela marchera lorsque les gens y croiront. A ce jour, les gens ne croient pas parce que les institutions ne fonctionnent pas de la même manière pour tout le monde. Si on continue sur cette voie, je crains que nous devenions un “failed state”.

Est-ce que vous remettez en cause le système économique actuel ?

Pas nécessairement le système économique. Au contraire, je préconise la libre entreprise qui n’est pas bloquée par des privilèges et les connexions politiques ou des affaires. La reconstruction du bien commun à travers un leadership éclairé repose sur les institutions, mais aussi sur la synergie entre la politique, le business, les citoyens et la libre entreprise. Ces quatre éléments doivent être une synergie vertueuse. Le moindre déséquilibre a un effet immédiat sur le comportement des gens. Si une personne voit que d’autres bénéficient de certains avantages, elle cherchera elle aussi ses propres avantages.
Une autre chose qui m’inquiète est qu’avec les détériorations et les déséquilibres que nous observons, beaucoup de gens commencent à devenir cyniques, sarcastiques et désespérés. Il y a un cocktail de cynisme, de désespoir de sarcasme. On entend de plus en plus dire « tou parey pa pou sanze ». C’est une approche dangereuse qu’il faudra combattre. Au fait, nous devons rechercher l’espoir. Dans l’histoire du monde et de l’humanité, surtout après une catastrophe, rien ne s’est construit sans qu’il y ait de l’espoir. Rien ne se construit sur le désespoir, le sarcasme et le tout pourri.

Est-ce que la COVID-19 remet en valeur ce que vous dites ?

Je pense que oui. Que voyons-nous aujourd’hui ? Il y a beaucoup de choses que nous prenions pour acquises qui sont remises en question. Je vois certains pays parler de “build back better”, etc. La COVID-19 est une occasion pour rebondir, pour une remise en question en profondeur. Les citoyens doivent s’engager davantage, les dépenses publiques doivent être contrôlées scrupuleusement, la redevabilité doit être de mise. Il nous faudra surtout une évaluation de la politique publique. Cela existe dans les pays nordiques, à Singapour.
Il ne faut pas se contenter d’auditer après que les dépenses ont été effectuées mais il faut une évaluation précise des besoins au préalable, savoir qui sont les “stakeholders”, sur le financement du projet. Il faut également une évaluation d’impact pour savoir qui ont bénéficié du projet et à quel niveau. Cette évaluation permet de savoir quel ajustement apporter. Parfois, on se rend compte que des populations cibles n’ont pas été touchées par un projet. Il faut faire des évaluations. Il est inconcevable que nous n’ayons pas une telle pratique à Maurice. Or, un bureau d’évaluation et d’amélioration continue devrait tout le temps faire un rapport sur les mesures correctives qui peuvent être apportées. C’est ainsi qu’on créera un cercle vertueux. Le citoyen verra ainsi que le bien commun se construit. Nous n’avons pas un ministère du Plan autonome. C’est une grosse erreur. Il faudrait qu’on change son nom. Il est clair que nous avons besoin d’un ministère de la Planification et de l’Evaluation.

En vérité, vous proposez une nouvelle voie ?

C’est pourquoi je répète qu’il faut la reconstruction du bien commun. Pour cela, il faudrait combattre tous les abus, les distorsions et toutes les captures dans le cadre du “policy making”.

Quid de la lutte contre la drogue, la corruption, etc. ?

Lorsqu’on parle de “capture de policy-making”, il faut savoir que cela prend plusieurs formes dans ce pays. Cela peut être un gros business ou un petit business, des copains comme cela avait été le cas pour l’achat de médicaments. Cela peut concerner les gros conglomérats, ou les barons de la drogue. Tout cela est lié au financement de l’activité politique. Cela avait d’ailleurs été évoqué lors d’un séminaire sur le financement des partis politiques organisé à l’université de Maurice.
Aujourd’hui, ce n’est pas seulement pendant la campagne électorale que le politicien a besoin d’argent mais pendant tout le temps qu’il est dans la politique. Vous pouvez difficilement imaginer le nombre de requêtes de sponsorship que reçoit un député tous les jours. Cela devient de plus en plus difficile pour ceux qui sont dans ce système. C’est comme un aspirateur qui vous aspire continuellement.
De plus, nous sommes dans une compétition consistant à faire mieux que notre adversaire. Nous ne sommes plus dans l’esprit de collaboration pour construire quelque chose. Nous sommes en compétition même avec nos colistiers dans une circonscription. C’est pourquoi je suis arrivée à la conclusion qu’il n’est pas nécessaire d’avoir trois candidats dans une circonscription. Nous pouvons très bien avoir une personne par circonscription et avoir un Parlement de 40 députés avec une dizaine de ministres. Nous n’avons pas besoin de plus. On n’a pas besoin plus que cela dans un petit pays comme Maurice. Cela permettrait d’éviter un gros gaspillage au niveau de l’État. Toutes ces grosses berlines et ces avantages obtenus par les députés sont malsains.

Mais Nita Deerpalsing, vous avez été au cœur de l’Etat, à la tête de la Policy Unit…

Non je n’étais pas à la Policy Unit mais à la Commission pour la démocratisation. Nous n’avions aucun pouvoir exécutif. Je ne passerai pas quatre chemins pour reconnaître que je suis entrée dans le jeu à un certain moment. En même temps, j’avais à survivre. Je suis heureuse toutefois d’avoir réussi à garder mon intégrité. Je refuserai toujours d’entrer dans le jeu de la compétition entre mes colistiers et adversaires. J’ai toujours refusé de donner plus que les autres aux citoyens, à l’électeur ou à une association parce que je n’avais pas les moyens.
J’aurais pu entreprendre des démarches pour avoir des revenus supplémentaires mais je ne l’ai jamais fait. Cela m’a préservée personnellement et a préservé mon âme. C’est pourquoi je suis en mesure de voir les choses avec le recul nécessaire et voir ce qu’il faut casser. J’ai d’ailleurs été un des premiers à avoir affirmé qu’il fallait cesser avec le système de bases lors des campagnes électorales. Je venais d’être élue. J’avais été critiquée par les personnes de mon propre camp pour cela. Je l’avais dit pour avoir constaté que le système de bases est un maillon dans la corruption.

Aujourd’hui, si une personne propose à un homme politique de financer une activité ou un meeting même en dehors de la campagne électorale, est-ce qu’il lui demandera “what is the source of funds” ? Peu probable, parce que tout le monde est dans la compétition. Le gouvernement peut facilement réunir une bonne foule au SVICC parce qu’il utilise l’argent public. Or, il faut cesser de faire de la politique avec de l’argent. Il faut casser ce système. Il faut dissocier la politique de l’argent.

Comment le faire ?

En premier lieu, les bases doivent être abolies pendant la campagne électorale. Pendant le mandat d’un député ou d’un ministre, il faut trouver une formule pour dissocier son activité politique de l’argent parce que le plus souvent le député ou le ministre ne puise pas de sa poche. Il est financé quelque part. Il n’y a pas de “free lunch”. Le retour n’est jamais dans l’intérêt du bien commun. Qui qu’il soit, le donateur cherchera sont intérêt. C’est pourquoi je dis que le financement des politiciens, pas uniquement des partis politiques, doit être réglementé. Il faut trouver une solution pour qu’il n’y ait pas d’échanges financiers entre un ministre et un député et l’électorat. Cela permettrait d’éviter la “capture” de “policy-making” Lorsqu’il y a “capture” de “policy-making”, cela veut dire qu’on est à la merci de quelqu’un quelque part, par n’importe quel lobby qui travaille ou pas dans l’intérêt commun. Quitte à me répéter, je pense qu’il faut avoir un “leadership” éclairé pour la reconstruction du bien commun.

Vous avez parlé de projet en préparation. Vous avez souhaité un Parlement de 40 députés, etc. Avez-vous l’intention de créer un parti politique ?

Je suis en train de me demander quelle plateforme proposera quelque chose de vertueux à Maurice.

Est-ce que vous comptez adhérer à un parti traditionnel ?

Pour le moment, je souhaite rester focalisée sur la reconstruction du bien commun. Ce qui m’inspire, qui m’a toujours inspirée avec le PTr, ce sont les valeurs fondatrices. Lorsque Maurice Curé s’était levé en 1936, c’était dans le but de lutter contre tous les abus. Aujourd’hui, les abus sont partout dans les institutions, dans le “rule of law”, partout. Le défi est plus grand aujourd’hui. C’est cette détermination de lutter contre les abus qui me motive. Beaucoup de jeunes veulent faire de la politique pour la gloire. Mais il faut avoir un équilibre entre l’être et le paraître. Je privilégie plus l’être que le paraître. Aujourd’hui, c’est le contraire qui prévaut. Les raisons pour lesquelles nous nous engageons en politique ont connu un pourrissement. C’est pourquoi je préconise une baisse des salaires des députés pour bien montrer que nous ne sommes pas là pour des intérêts personnels.

Vous avez critiqué votre ancien parti, le PTr…

Je pense qu’il est légitime d’aspirer à une chose meilleure. La critique est saine et nous permet de nous appesantir sur ce qui ne marche pas et d’aspirer vers une situation meilleure.

Comment la situation sanitaire avec la COVID-19 vous interpelle ?

La crise sanitaire est liée à la sécurité alimentaire. Aujourd’hui, nous connaissons un développement économique de la survie, parce que l’inégalité continue à augmenter. Une des choses sur lesquelles nous devrons nous pencher très vite est une réforme agraire qui prendrait en considération la production alimentaire.
Aujourd’hui, nous sommes un pays malade. Nous sommes en tête de liste en ce qui concerne les maladies non transmissibles, les maladies cardiovasculaires, l’hypertension et le diabète, etc. Cela est également dû à l’alimentation. Il fut un temps où Maurice avait entre 5 000 et 8 000 éleveurs qui produisaient du lait. Aujourd’hui, il y a seulement une centaine et nous importons Rs 4 Md de lait en poudre. Ce n’est pas un produit naturel. Tous les aliments qui sont transformés ne sont pas bons pour notre immunité. Ce qui fait que notre immunité est affectée. Est-ce vous réalisez l’étendue de la réforme qu’il nous faudra pour bien manger, pour bien produire ? Toute chaîne de choses qu’il nous faut pour apporter le bien-être. D’autre part, il nous faudra avoir davantage de produits locaux. Savons-nous quand aura lieu la prochaine crise sanitaire ? Est-ce que nous sommes certains qu’il n’y aura pas un autre virus dans dix ans ? Que faisons-nous pour nous préparer à d’autres chocs ?
Il nous faut comparer nos données aux indicateurs mondiaux qui nous donnent notre classement concernant la logistique et le port. Savez-vous que nous sommes classés à la 91e place ? Le Rwanda, l’Ouganda, le Bénin nous dépassent. En termes de manutention, ils sont plus efficients que nous. Donc, il y a tout un travail à faire dans ce domaine.

Après votre défaite électorale 2014, on ne vous a pas beaucoup vue jusqu’à cette année. Qu’avez-vous fait pendant cette longue période ?

Lorsque je regarde ce qui s’est passé avec les yeux d’aujourd’hui, je constate que cette période a été très bénéfique pour moi. Après les élections de 2014, on se souvient de la vendetta politique et la brutalité qui a prévalu. Il y avait des ministres qui interrogeaient des étrangers dans des appartements… Dans un climat pareil, certains amis du secteur privé m’avaient dit qu’ils auraient bien aimé me recruter mais qu’on ne pourrait le faire. J’ai pris cela comme une obligation d’un exil forcé. Je ne pouvais rester dans mon pays. Si je voulais continuer à vivre comme professionnelle, il m’était impossible de rester dans mon pays. Je sentais que je devais partir. Aujourd’hui, je sens que j’ai grandi.

Où avez-vous été ?

Je me suis rendue en Afrique du Sud dans le cadre de Gender Links à Johannesburg où j’ai opéré comme Deputy Director. Par la suite, la situation sécuritaire était tellement difficile que j’ai jeté l’éponge et je suis rentrée. Puis, j’ai pu trouver un emploi à l’Organisation internationale de la Francophonie et je me suis rendue à Paris. J’étais dans un environnement propice pour grandir, pour enrichir mon esprit et mon âme. Cela m’a été très bénéfique et facilitait la rédaction. Aujourd’hui, je regarde les choses différemment. Il ne faut pas rester dans le système politique trop longtemps. Il faut avoir une force de caractère hors du commun pour ne pas se laisser corrompre. Je suis contente d’avoir pu préserver mon intégrité qui est très importante. Mon passage à l’étranger m’a permis de rencontrer énormément de personnes qui ont des idées.

Où serez-vous dans les prochains mois ?

Dans la construction continue. Je suis entourée d’une petite équipe. Beaucoup de personnes m’envoient des messages dont la diaspora. Nous avons une diaspora extrêmement riche, un capital d’expérience, d’intelligence et de bonnes pratiques qu’il faudrait prendre en compte. Je ne sais pas sur quoi tout cela débouchera, mais laissons les choses évoluer. On verra.