Les quatre responsables de l’entente de l’Espoir, Xavier-Luc Duval (PMSD), Paul Bérenger (MMM), Nando Bodha (RM) et Roshi Bhadain (RP) ont dénoncé les nominations envisagées par le président de la République au sein de l’ Electoral Supervisory Commission et de l’Electoral Boundaries Commission. Xavier-Luc Duval a affirmé avoir révélé volontairement les noms proposés afin d’alerter l’opinion publique.

« J’ai adressé une lettre sévère au président de la République, qui n’a pas fait son homework avant de faire ces propositions choquantes », déclare-t-il. Il a fait ressortir que les propositions n’ont pas encore été mises à exécution et que les leaders des partis parlementaires seront consultés dans le courant de la semaine avant qu’une décision finale soit prise.

« Si le président persiste à nommer ces personnes, il traversera une ligne rouge et risque de détruire toute notion d’indépendance et de crédibilité de la fonction de président de la République », a-t-il estimé, avant de poursuivre : « J’ai révélé tous les noms parce que je voulais que l’opinion publique réagisse avant leur nomination. »

Le leader du PMSD a souligné que les responsabilités de l’ESC sont considérables et que cette instance supervise l’enregistrement de tous les électeurs. Ce qui amène Xavier-Luc Duval à dire que ce que le président de la République tenterait de faire est « pire » que ce que le Speaker aurait entrepris à l’Assemblée nationale.

« Il agit au jour le jour alors que les nominations proposées à l’ESC et l’EBC constituent un coup de poignard à la démocratie et que ses conséquences seront ressenties dans la durée. Ces propositions de nomination détruiront la confiance dans la tenue des élections. Ce qui est très grave car alors c’est la rue qui dictera le changement du gouvernement », a-t-il invoqué.

Le point de Xavier-Luc Duval est qu’avec les propositions du président, le MSM aura la majorité absolue à l’ESC et l’EBC, décidant du découpage électoral. « Nous ne sommes pas d’accord et demandons à la population de réagir à la mise à mort de la démocratie »,  a-t-il dit.

De plus, Paul Bérenger a rappelé que la Constitution fut amendée en 1983 afin de s’assurer que la nomination des membres de ces deux commissions soit effectuée non seulement après avoir consulté le leader de l’opposition mais aussi après avoir obtenu l’avis des leaders des partis parlementaires.

Pour sa part, le leader du Rassemblement Mauricien Nando Bodha a indiqué que l’Entente de l’Espoir planche actuellement sur les pouvoirs et les nominations dans ces deux commissions fondamentales à la démocratie et étudie les dispositions légales en vigueur dans les pays comme le Canada, les Seychelles, l’Afrique du Sud et l’Inde.

Xavier-Luc Duval, Paul Bérenger et Nando Bodha ont successivement passé en revue la situation du Covid-19 en marge de l’ouverture des frontières prévue pour le 1er octobre prochain. Ils ont attiré l’attention sur les leçons à retenir par rapport à ce qui se passe à Singapour et aux Seychelles. Paul Bérenger a affirmé qu’il ne faut pas s’engager « brit-brit » dans la troisième dose et suivre les études effectuées dans le monde et par l’OMS. Il a invité le représentant de cette organisation à éviter d’émettre des commentaires concernant Maurice et de se limiter au périmètre diplomatique.

Xavier-Luc Duval a fait ressortir que quelque 220 000 personnes n’ont toujours pas été vaccinées, dont les centenaires de sa circonscription.

Le prolongement du Wage Assistance Scheme et du Self-Employed Assistance Scheme (SEAS) annoncé par le ministre des Finances – et réclamé au préalable par l’opposition parlementaire – a été accueilli favorablement.

De son côté, Nando Bodha a évoqué les « maldonnes » au niveau des examens du Higher School Certificate. Quoi qu’il en soit, le leader du Rassemblement Mauricien a demandé au gouvernement de maintenir les lauréats qui ont déjà été proclamés et d’allouer des bourses supplémentaires pour ne pas léser ceux qui en ont bénéficié. Par ailleurs, il a souhaité qu’un élève originaire de parents chagossiens et ayant réussi brillamment au HSC puisse bénéficier d’une bourse de l’État.

Quant aux risques associés aux chiens dangereux, Nando Bodha a souhaité que le gouvernement durcisse les dispositions légales existantes.