La Commission économique de l’opposition, qui s’est rencontrée pour la quatrième fois mercredi, a fait le constat que la situation est « critique et chaotique » dans la majorité des institutions.

La réunion, présidée par Paul Bérenger, avait réuni Xavier-Luc Duval, Nando Bodha, Roshi Bhadain, Reza Uteem, Sudesh Lallchand, Robert Pallamy et Veer Deewoo. Quant au thème abordé, il s’agissait de « la gestion, la gouvernance et la responsabilité » prévalant dans nos grandes institutions et organismes parapublics.

La gestion de certaines instances majeures du pays, à l’instar de la Banque de Maurice, la Financial Services Commission (FSC), l’Independent Commission against Corruption (ICAC), l’Economic Development Board, Landscope Mauritius, la Mauritius Port Authority et la Cargo Handling Corporation, a fait l’objet d’une analyse profonde. « Ces institutions sont déterminantes dans le paysage économique et financier du pays. Force est de constater que l’heure est grave », a souligné le porte-parole de la commission, Nando Bodha. La commission a également fait le point sur d’autres établissements clés, dont la Financial Intelligence Unit (FIU), la State Trading Corporation, la Competition Commission et l’Integrity Reporting Services Agency (IRSA).

Le consensus général établit que dans la majorité des cas, sinon dans toutes les institutions citées plus haut, « la situation est critique, voire chaotique, et pire que ce qu’elles étaient en 2014 », a observé Nando Bodha. « La nomination d’agents politiques bien choisis, de personnes incompétentes sur les conseils d’administration ou à la tête de ces instances par le gouvernement actuel, n’est qu’un instrument utilisé pour atteindre des objectifs politiques. Cela se fait au détriment de l’intérêt national, de la compétence, de la bonne gouvernance, de la responsabilité et de l’intégrité », a-t-il affirmé.

Il a expliqué que la commission a été unanime sur le fait que la reconstruction de notre économie « devra impérativement reposer, au départ même, sur une réforme drastique et profonde du système de gouvernance » de nos institutions. « Elle doit se faire à la fois au niveau légal et juridique, ainsi que sur le choix de responsables à la tête de ces entités. Cette réforme doit être la priorité des priorités de tout nouveau gouvernement », a-t-il ajouté.

Un autre constat de la réunion de mercredi a trait au fait que Maurice continue de faire partie de la liste grise de la Financial Action Task Force (FATF) et de la liste noire de l’Union européenne. « Encore une fois, ce malheureux constat est grandement lié au dysfonctionnement d’instances stratégiques » susmentionnées, telles que la FSC, la BoM, l’ICAC, la FIU et l’IRSA. La commission s’est longuement attardée sur la compétence exigée à la tête de telles institutions. A noter qu’une nouvelle rencontre est prévue la semaine prochaine en prévision du prochain exercice budgétaire.