La délégation des Maldives défilant lors de la cérémonie d’ouverture des 11es JIOI aux stade Anjalay en juillet 2019

Ce qu’on craignait depuis un bout de temps déjà, s’est vérifié hier à Malé lors de la tenue par visioconférence d’une réunion du Conseil International des Jeux (CIJ) à laquelle participaient les représentants des Maldives, Madagascar, Maurice, Seychelles, Réunion, Comores et Mayotte. Les Maldives qui avaient pris l’engagement, en juillet 2019 à Belle Vue, d’organiser pour la première fois chez eux les 12es Jeux des Iles de l’océan Indien, ont indiqué par la voix de leur ministre des Sports que l’archipel n’est pas en mesure d’honorer leur engagement pour 2023, mais propose à la place d’accueillir les sportifs de la région pour 2025. Madagascar, une des trois îles qui avaient postulé (tout comme les Comores et les Maldives) pour 2023, s’est aussitôt repositionnée pour abriter ces Jeux pour la troisième fois de leur histoire.

« Le ministre des Sports des Maldives nous a fait une présentation de la situation préoccupante du pays due à la crise Covid », a indiqué le CIJ dans un communiqué, précisant que « Madagascar s’est d’ores et déjà porté candidat à l’organisation en 2023 ». A Malé, le désistement est motivé par l’incapacité de tenir le budget et les délais pour la prochaine édition des Jeux. Comme partout dans le monde, la pandémie de la Covid-19 n’a pas épargné l’archipel. Mais les Maldives n’ont pas totalement abdiqué, car ils ont proposé deux années supplémentaires pour mettre en place l’organisation de ce rendez-vous indianocéanique.

Il faut savoir qu’une polémique était rapidement née en juillet 2019 après cette attribution des Jeux à l’archipel, où s’applique la charia, et qui est régulièrement critiqué pour son non-respect des droits de l’Homme. Toutefois, Ahmed Marzooq, le secrétaire général du Comité olympique des Maldives, interrogé par le Mauricien il y a quelques semaines,
pour ce qui concerne de l’avancement dans l’organisation de ces JIOI 2023, nous avait fait part clairement des difficultés auxquelles fait face l’archipel, plombé par la Covid-19.

Il faut aussi savoir qu’en 41 années d’existence des JIOI, les Maldives sont les troisièmes au rang, à se retrouver dos au mur dans la promesse d’abriter ces Jeux. Après les 1ers Jeux en 1979 lancés par la Réunion (avec le gros soutien de la France), Maurice initialement choisie pour accueillir la deuxième édition en 1983, avait demandé et obtenu le report des Jeux à 1985. Madagascar qui avait pris le flambeau pour 1989, prit une année supplémentaire (1990) pour abriter la troisième édition. Les Seychelles, en revanche, ramenèrent le cycle initial (quatre ans) des Jeux en organisant le rendez-vous en 1993. Puis, tout à tour, la Réunion (1998 et 2015), Maurice (2003 et 2019), Madagascar (2007) et Seychelles (2011) honorèrent leur engagement.

Pour ce qu’il s’agit des derniers Jeux tenus sur notre sol (pour la troisième fois) l’an dernier avec toute la réussite sportive et organisationnelle qui les auront marqués, il faut quand même souligner que Maurice avait été privilégiée au détriment des Comores et surtout de Madagascar, la Grande Ile voyant sa candidature être déclinée notamment en raison du manque apparent de moyens et d’infrastructures pour un tel événement. Deux drames avaient entaché leur souhait d’organiser cette manifestation sportive : le premier, un mouvement de foule faisant un mort et plusieurs blessés avant un match de football entre Madagascar et le Sénégal en 2018 ; le second, similaire, une bousculade provoquant la mort de 16 personnes lors d’un concert donné à l’occasion de la fête nationale en 2019.