En lançant un appel d’entraide alimentaire axée sur la solidarité, Pascale Montocchio, conseillère du village de Tamarin, veut sensibiliser les habitants de cette région sur la situation des familles vulnérables en plein confinement. En trois jours de “lockdown”, avec l’aide de tout un chacun, elle a pu venir en aide à 14 familles. Pascale Montocchio est d’avis que l’urgence se trouve auprès des enfants en bas âge, des bébés ayant un seul parent ou dont les parents sont chômeurs.

En tant que conseillère du village de Tamarin, vous avez lancé un appel d’entraide alimentaire le 12 mars sous le signe de la solidarité. Pouvez-vous nous en dire plus ?

À l’annonce du deuxième confinement, extrêmement soudain, beaucoup de personnes en situation de vulnérabilité se sont retrouvées acculées, et les plus touchées sont celles qui n’ont plus de salaire ou très peu de revenus. Ces familles n’ont pas cette chance d’avoir des vivres dans leur garde-manger et dépendent largement des dons et de la générosité d’autrui. J’ai lancé un appel et je suis émue du retour incroyable de nombreux donateurs et de la confiance qu’ils placent en moi, même si je ne suis qu’une étrangère pour beaucoup.

Combien de familles sont en détresse ? Et où se situe l’urgence ?

Pour le moment, nous sommes arrivés en trois jours à aider une quatorzaine de famille. Lorsque ces familles se trouvent hors de Tamarin, je prends contact avec les conseillers de leur village avec l’aide de Ludovic Labeauté, président du District Council de Rivière-Noire. L’urgence se trouve surtout là où il y a des enfants en bas âge et des bébés n’ayant qu’un parent ou dont les parents sont chômeurs.

Quel est le moral des habitants de Tamarin après le quadrillage des zones dites rouges ?  

Une inquiétude constante y règne.

Vous parlez d’aide apportée à deux familles dans votre communiqué de solidarité du 12 mars. Pouvez-vous nous en dire plus ? Qui sont-elles ?

Ce sont deux familles qui se trouvent au chômage, avec une mère célibataire et issue de foyers abandonnés, et où l’absence d’un papa responsable se fait largement sentir.

Vous dites aussi que la distribution se fera à travers une association de distribution. Des détails précis à ce stade ?

Je suis déjà en communication avec Caritas et une autre plateforme d’entraide dont je ne parlerais pas encore. À ce jour, je me suis arrangée avec un van connu de Tamarin. Nous avons profité de son jour de sortie pour la récupération de dons et la livraison chez les familles en détresse.

Comment aviez-vous vécu le premier confinement et quels enseignements en avez-vous tiré pour celui-ci ?

Le premier confinement était… bizarre. Notre vie était chamboulée. On n’avait plus la notion des jours, des dates et des heures… Hélas, aucune notion des autres, sauf la famille proche et quelques amis. Avec ce deuxième confinement, je réalise à quel point j’ai été égoïste lors du premier, car je ne me suis jamais posée la question de savoir si des familles étaient en détresse ou pas. Mais je ne serais pas trop sévère envers moi, car je suis généralement généreuse envers les autres. C’est juste un réflexe que je n’ai pas eu avant. Je pense que ma nomination en tant que conseillère m’a fait prendre conscience de ma responsabilité et de ma sensibilité envers les villageois. C’est pour cela, même si je n’ai que mon fils et le chauffeur du bus comme aides, qu’on se lance, du moment qu’on arrive à aider et porter un peu d’espoir à ces familles.

En tant que conseillère du village de Tamarin, quelles actions avez-vous mis en place pour venir en aide aux habitants de votre région ?

Tout cela a été si soudain ! Ce qu’il faut préciser, c’est que ma nomination a eu lieu le 22 novembre 2020. Je suis encore très jeune à ce poste. Entre l’organisation des fêtes de fin d’année du village et mon agenda pas tout à fait finalisé pour cette année, ce confinement a ouvert une nouvelle fenêtre sur la mise en place d’un nouveau système d’urgence pour l’entraide aux familles en détresse en cas de Covid-19 ou de catastrophe naturelles. Je vais me joindre à Caritas et à d’autres Ong pour voir comment unir nos forces.

Il y a eu un cas de Covid à Tamarin. Y a-t-il une Hotline mise en place ?

Il y a une Hotline “Special Covid” qui dessert toute l’île, le 8924.

Comment venir en aide aux personnes âgées, seules ou handicapés. Avez-vous eu des doléances à ce sujet ? 

Non, pas encore. Je pense que beaucoup de ces personnes ne connaissent pas notre existence, et je pense que beaucoup d’entre elles sont prises en charge par d’autres associations. Mais nous sommes là et nous serons encore plus forts une fois tous ensemble. Et nous nous ferons encore mieux connaître.

Quel message voulez-vous faire passer ?

Avant de vous endormir, ayez une pensée pour les familles à qui vous avez porté assistance et à qui vous avez donné de l’espoir ! Cela vous procurera une paix intérieure énorme. Aider et continuer à aider… Sortir de sa bulle pour ouvrir son cœur et tendre ses bras est un acte noble. Mon message pour les habitants de Tamarin : « Rejoignez-nous sur le groupe TAMARIN, MON VILLAGE – Plateforme de communication (suggestions/doléances/idées) entre les villageois et votre conseillère.