Sept mois après son départ des Casernes centrales comme commissaire de police, Karl Mario Nobin fera face à un interrogatoire “under warning” en tant que suspect dans le sillage de l’enquête sur l’octroi d’un passeport au trafiquant de drogue Mike Brasse, arrêté à La Réunion en novembre 2016 pour trafic de 42 kg d’héroïne. L’exercice devrait avoir lieu ce mercredi.

Selon une source proche du dossier, l’actuel commissaire des prisons devra donner des éclaircissements sur trois axes principaux entourant cette affaire, avec une liste d’une trentaine de questions. « Le nombre de questions sera ajusté par rapport aux réponses obtenues », nous indique toutefois un enquêteur du CCID. Dans un premier temps, Karl Mario Nobin sera appelé à donner des explications sur sa relation avec Mike Brasse et préciser pour quelle raison il a accédé à sa demande pour l’obtention d’un passeport en quatrième vitesse.

Le CCID est en présence des “written instructions” du principal concerné datant du 13 septembre 2016, où il a inscrit « for necessary actions as per established protocol ». Puis, il devra donner des détails sur les instructions qu’il a données à ses anciens subordonnés, dont l’ACP Domah, ex-responsable de la Northern Division.

Et finalement, Mario Nobin sera confronté à la version de l’ASP Narendra Kumar Boodram, responsable du Passport and Immigration Office (PIO). Ce dernier a déclaré aux enquêteurs que l’ex-CP lui avait lancé : « Monn dir li vinn laba (PIO, ndlr). Fer li gagn so paspor. » Phrase qui a été adressée à l’ASP Narendra Kumar Boodram, en septembre 2016. L’ASP Boodram n’a toutefois pas totalement suivi les ordres en ne remettant qu’un “restrictive passeport” à Mika Brasse le 17 septembre pour que ce dernier se déplace à l’île sœur pour récupérer le “speed boat” Ilot Gabriel, à bord duquel la drogue avait été retrouvée.

L’autre éclaircissement qui sera recherché auprès de Mario Nobin concerne les instructions pour saisir le cellulaire de l’ASP Boodram après sa mutation à la Southern Division l’année dernière. Mais le CCID n’est toujours pas en présence de l’appareil qui contiendrait les échanges entre le bureau du CP et le responsable du PIO, justement concernant l’affaire Mike Brasse. Les enquêteurs voulaient procéder à son décryptage.

À ce stade, aucune source n’a confirmé si l’interrogatoire de l’ex-commissaire de police débouchera sur une éventuelle inculpation provisoire. « Ce sera le Directeur des Poursuites publiques qui sera appelé à prendre un Stand », explique notre source.