Patrick Assirvaden (Photo d'archives)

— « Dans une éventuelle alliance de l’opposition Navin Ramgoolam doit être présenté comme un PM de transition. »

— « La présence de M. Abdoulah pose un énorme point d’interrogation et met en doute la crédibilité du rapport de la commission d’enquête sur l’affaire Britam. »

— « Si le MMM et le PMSD préfèrent l’option Bhadain ou l’option Bodha en excluant le PTr, c’est leur choix ! »

Notre invité de ce dimanche est Patrick Assirvaden, le président du Parti travailliste. Un parti qui a fait la une de l’actualité depuis que son leader Navin Ramgoolam a répondu en publique « non merci » à l’invitation faite par Paul Bernger que le PTr rejoigne la plate-forme de l’espoir. Dans l’interview qui suit, Patrick Assirvaden explique les raisons de cette réponse négative.

O Beaucoup de Mauriciens trouvent qu’au lieu de s’unir pour faire front contre le gouvernement, les partis d’opposition se bouffent entre eux, font des concours d’ego et se donnent en spectacle. Et après l’on s’étonne que plus d’un tiers des électeurs n’aient pas confiance dans la classe politique ! ?

— Remettons les choses dans leur contexte. Je vous rappelle que celui qui le premier a prêché l’unité de l’opposition était Navin Ramgoolam. En 2020, il a pris son bâton de pèlerin pour aller voir Bérenger et Duval en prônant l’entente de l’opposition face au gouvernement qui est en train de finir le pays. Son appel a été écouté et les partis ont commencé à travailler et à agir ensemble au Parlement. Et puis, à un moment donné, le MMM et le PMSD ont voulu écarter Navin Ramgoolam du leadership de son parti et de l’alliance pour les élections de 2024. Quand on a entendu le MMM et le PMSD dire qu’à eux deux ils avaient 13 députés et le PTr seulement 12 ; quand ils ont commencé a dire qu’ils allaient surveiller Shakeel Mohamed, nous avons tiré les conséquences de ces déclarations. Arvind Boolell a démissionné comme leader et Shakeel Mohamed comme Whip de l’opposition. Que pouvions-nous faire d’autre ? Le PTr n’avait plus sa place dans l’entente, alors que, je le souligne, il a 12 députés, tandis que le MMM n’en a que 9 et le PMSD 4.

O Les déclarations de Bérenger et Duval sur le leadership du PTr et de l’alliance pour les élections de 2024 ont été faites il y a plusieurs mois. Pourquoi est-ce que c’est maintenant que Navin Ramgoolam vient dire: « Thanks, no thank you »?  

— Parce qu’il a y quelques jours, Paul Bérenger a annoncé des discussions et une réunion pour faire entrer le PTr dans la plate-forme de l’Espoir et, possiblement, dans une alliance pour les municipales. La question a été discutée au dernier BP du PTr et je peux vous dire que les débats ont été très animés. J’ai toujours dit, en étant conscient des réalités du pays, qu’il faut que le PTr se présentent seul aux élections. Pour que les politiciens et les électeurs connaissent la force réelle des partis sur le terrain et mettent fin aux alliances, qui obligent aux compromis, que ce soit au niveau du programme que des candidats. C’est mon opinion que je défends au sein du BP du PTr où d’autres ont d’autres opinions…

O Comme une alliance PTr/MSM, surtout pour ceux qui travaillent dans les circonscriptions rurales…

— Il est possible qu’il y ait des membres du BP qui pensent que nous devrions faire une alliance avec le MSM, ou le MMM ou le PMSD. Mais le BP a tranché et Navin Ramgoolam n’a fait que transmettre sa décision à l’invitation de Bérenger. Peut-être que le ton de Navin Ramgoolam était fort, mais il y a des raisons à cela. On a voulu tranquillement se débarrasser de lui en oubliant qu’entre lui et Pravind Jugnauth il n’y a que quatre points de différence et que le PTr a fait 33 % aux dernières élections. Le PTr représente des milliers de partisans à travers le pays. On ne peut pas décider un beau matin qu’il doit changer de leader.

O Comment expliquez-vous le fait que le MMM et le PMSD aient demandé au PTr de changer de leader pour les prochaines élections ?

— Peut-être que la personnalité de Ramgoolam est trop imposante.

O Peut-être qu’elle est surtout dérangeante pour les électeurs qui, certains au MMM l’ont souligné, lui ont fait perdre les élections deux fois de suite.

— Si nous entrons dans cette logique, on pourrait comptabiliser le nombre de fois que Bérenger a perdu une élection ! Mais nous n’allons pas le faire. Une chose est claire pour le PTr: il est hors de question que le prochain candidat au poste de PM soit un novice. Nous payons aujourd’hui les conséquences d’avoir mis au pouvoir un gouvernement composé de novices et d’incompétents. Je suis en train de faire campagne sur le fait suivant: Navin Ramgoolam doit être présenté comme le prochain PM de transition.

O Je note que vous avez un ton bien affirmatif pour parler de cette question taboue au PTr : son leadership et un éventuel passage de pouvoir !

— Il y a des réalités dont nous devons tenir compte et en premier lieu Navin Ramgoolam lui-même. Il a l’âge qu’il a, et doit, à un moment ou un autre, passer le flambeau de leader du PTr. Il doit préparer la transition parce que personne n’est éternel.

O Et l’oiseau rare qui va reprendre le flambeau rouge a déjà été identifié ?

— Il va émerger. Arvind Boolell est en train de prendre de l’épaisseur et il y a d’autres au sein du PTr, mais je ne veux citer aucun nom, pour éviter de provoquer des malentendus et des désordres.

O Ce successeur de Navin Ramgoolam à la tête du PTr pourrait être vous ?

— Je n’ai jamais pensé à ça. Mais si mon parti me demande d’assumer son leadership comme il m’avait demandé d’assurer sa présidence, je le ferais. Mais nous avons quelqu’un d’expérience, qui sait prendre de la hauteur, tenir compte des erreurs du passé. En 2014, l’alliance Lepep avait choisi comme leader Anerood Jugnauth un homme d’expérience pour sécuriser la population. Pourquoi est-ce que l’opposition ne pourrait faire la même chose en 20234, en présentant Navin Ramgoolam ?

O Vous pensez qu’après tout ce qui s’est passé de 2005 à 2014, Navin Ramgoolam peut être perçu comme quelqu’un de sécurisant ?

— Certainement. D’autant plus que nous sommes dans une situation où toutes les institutions foutent le camp, en dehors du judiciaire. Nous avons besoin de quelqu’un qui n’a pas besoin de se faire un nom ou de viser une position, mais de quelqu’un avec une maturité politique, qui en a vécu les bons moments et les moments durs, qui à une vision et une équipe pour préparer la transition. Pour moi, Navin Ramgoolam est cette personne.

O Je pourrais vous dire que Paul Bérenger correspond aussi à votre description.

— Nous avons présenté Paul Bérenger comme PM en 2014 et on sait ce qui s’est passé. Ensuite, et sans être méchant, il faut également tenir en ligne de compte les statistiques des dernières élections pour déterminer la force des partis. L’équipe qui va pouvoir battre le MSM aux prochaines élections doit se constituer autour du PTr et de son leader. Nous devons construire l’alternative, proposer un programme, choisir une équipe et des candidats crédibles pour les présenter aux Mauriciens.

O Est-ce que le « non, merci » de Navin Ramgoolam est une réponse définitive à la proposition que lePTr rejoigne la plate-forme de l’Espoir.

— Le leader du PTr a été clair : le parti ne va pas rejoindre la plate-forme de l’Espoir dans sa forme actuelle. Nous disons donc: non, merci à la proposition.

O A partir de cette réponse, quelles sont les conditions que le PTr imposerait pour accepter d’entrer dans la plate-forme de l’Espoir ?

— Il faut souligner que le PTr n’est pas contre, mais demande que les choses soient faites dans le respect des uns et des autres et de leurs instances. Le PTr n’est pas en train de casser l’élan de l’opposition, car il ne faut pas oublier que c’est lui qui, après les élections, a créé l’entente. Pour que l’entente se refasse, il faudra que l’on discute en respectant le PTr. Nous n’avons aucune envie de recommencer un autre épisode de « on, off ». Le BP a refusé que le PTr aille à la réunion pour des raisons évidentes: on a repris au PTr les postes de leader de l’opposition et de Chief Whip, on a voulu dire à Navin de leve so paké allé du poste de leader. Et subitement on nous invite à une réunion pour mardi comme si rien ne s’était passé avant !

O Est-ce que vous vous rendez compte qu’en ce faisant, vous êtes en train de laisser le gouvernement faire ce qu’il veut ?

— Vous avez raison, mais nous ne sommes pas responsables de cette situation. L’unité peut se faire, mais dans le respect. Il faut que les autres partis acceptent que c’est le PTr — et son leader — qui vont mener l’alliance contre le MSM aux prochaines élections. Les autres conditions seront négociées, discutées après. Je vous le redis : pour moi, Navin Ramgoolam doit être présenté comme le prochain Premier ministre de la transition.

O Changeons de sujet pour en aborder un autre, d’actualité. Est-ce que, de votre point de vue, le rapport sur l’affaire Britam est un moyen pour surtout embarrasser l’ex-ministre de la Bonne gouvernance et actuel leader du Reform Party dans l’opposition, Roshi Bhadain ?

— Tout d’abord, il ne faudrait pas de Pravind Jugnauth présentr le rapport comme une vierge effarouchée qui découvre des choses ! Qui était au pouvoir en 2015 quand a eu lieu la vente des avoirs de la BAI: le MSM et un gouvernement dirigé par un Jugnauth, un cabinet ministériel…

O Dont les membres étaient, entre autres, je le souligne, Xavier-Luc Duval, Roshi Bhadainn et Nando Bodha…

— A chacun d’assumer ses responsabilités et sa défense dans cette affaire. Il ne faut surtout pas oublier qu’il y avait comme membre de cette commission celui que l’on considère comme ayant été les yeux et les oreilles de Pravind Jugnauth dans l’affaire BAI, M. Abdoula. Il est partout dans l’empire Jugnauth: à la SBC, à Air Mauritius, et il a même voulu racheter la BAI pour une roupie. Sa présence pose un énorme point d’interrogation et met en doute la crédibilité du rapport de la commission d’enquête sur l’affaire Britam. C’est pour cette raison que le PTr n’était pas d’accord quand le MMM et le PMSD ont demandé une commission d’enquête sur l’affaire Betamax. On va demander à une juge et à ses assesseurs d’analyser les recommandations des membres du Privy Council ! Le MSM va transformer cette commission en outil politique comme il est en train de le faire avec le rapport Britam qu’on va tranférer à la police ! Je l’ai dit l’autre jour, certains dans cette la police se comportent comme la Gestapo !

O Où en êtes-vous dans votre relation avec le Speaker, dont vous semblez être un des députés préférés ?

— J’ai connu trois Speakers au cours de ma carrière, mais je n’ai jamais vu aucun d’entre eux défendre le gouvernement comme l’actuel. Dès qu’il estime que le gouvernement est en danger, il intervient de façon brutale et menaçante. Et cela ne s’arrête pas à l’hémicycle. C’est pour cette raison que j’ai dû aller défendre Arvind Boolell dans les couloirs du Parlement où le Speaker continuait à le menacer et a dû être évacué par les policiers ! C’est du jamais vu ! Le problème c’est que le comportement du Speaker empêche l’opposition de faire son travail et le niveau du Parlement a bien baissé. Surtout avec un Alan Ganoo qui se comporte comme le Speaker bis à la recherche de tous les points possibles pour bloquer l’opposition. Sans compter Obeegadoo, spécialiste pour seconder les motions de suspension et d’expulsion, dont l’éloquence n’arrive pas à cacher qu’il ne répond pas sur les problèmes de fond. Il a osé dire sur CNN que Maurice est « relatively covid safe », alors que le nombre de cas de Covid se compte tous les jours par centaines, selon son collègue de la Santé !

O Quel est votre commentaire sur la présence de Bhadain et de Bodha au sein de la plateforme de l’Espoir ?

— Si le MMM et le PMSD préfèrent l’option Badhain ou l’option Bodha en excluant le PTr, c’est leur choix. Nous allons donc faire cavalier seul et suivre la ligne que j’ai préconisée: briguer seul les suffrages élections pour les raisons que je vous ai expliquées au début de cette interview. Le PTr sait qui il est et ce qu’il représente en termes de députés et de pourcentages aux dernières élections. Il y a des choses que nous avons faites en 2019 et que nous ne pourrons pas refaire aux prochaines élections. Si Ramgoolam pense qu’il va pouvoir refaire ce qu’il a fait en termes de partage et d’attribution de tickets, nous allons droit dans le mur. Il doit montrer qu’il a compris les erreurs du passé et avoir des positions claires sur la gestion du pays, le rôle et les responsabilités du Premier ministre, du gouvernement et des institutions. Il doit prendre des engagements sur ces sujets pour être crédible. Ce que je suis en train de vous dire je l’ai déjà dit au BP du PTr. Cela ne veut pas dire que je suis contre Navin Ramgoolam, mais que je dis ce que je pense.

O On dirait qu’une des cibles de l’opposition est l’actuel ministre des Finances.

— Mais c’est lui qui est en train de dilapider les économies du pays. Le ministre des Finances me fait peur quand il parle d’économie, parce qu’il est si léger dans son discours. Si ce que tous les actuaires disent aujourd’hui sur la CSG est vrai, dans quelle situation allons-nous nous retrouver dans cinq ans ? A cela cet homme qui, avec la Banque de Maurice et l’ICAC, a fait que Maurice figure sur la liste grise de l’UE, répond que les experts ne savent pas ce qu’ils disent! Voilà ce qui arrive quand on met des novices et des incompétents au pouvoir. Ce ne sont pas eux qui payent les conséquences de leurs actions, mais les contribuables et les Mauriciens à travers les taxes et la MIC.

O, Mais est-ce qu’il ne fallait pas venir en aide aux entreprises en difficultés à cause de la Covid-19 ?

— Je ne dis pas le contraire, mais que tout cela soit fait dans la transparence. Qu’on nous dise pourquoi le MIC a aidé M. Gopee, ou le propriétaire d’un bateau récemment acheté en leur donnant des centaines de millions de roupies. Et qui plus dans deux cas où les entreprises de ces personnes ne correspondaient pas aux critères du MIC. Mais quand l’opposition questionne le ministre des Finances, il évoque la confidentialité et le Speaker lui donne raison. Avec ce gouvernement et ce ministre des Finances, tout se passe dans une opacité totale, le dernier exemple en date étant le Finance Bill.

O C’est-à-dire ?

— Savez-vous que le Finance Bill comprend des amendements à 84 lois diverses et variées depuis le CEB jusqu’à la CWA en passant par les droits des travailleurs ? Tous ces amendements, qui vont remplacer des pratiques du quotidien, sont groupés dans un bill présenté par le ministre des Finances qui sera voté en bloc par la majorité gouvernementale. Tout comme on a voté beaucoup d’amendements aux lois en profitant de la Covid-19. Savez-vous qu’il y a des années, alors que Navin Ramgoolam était Premier ministre et Rama Sithanen ministre des Finances, ce dernier a voulu faire passer dans le Finance Bill des amendements à des lois qui n’avaient rien à faire avec le budget. Bérenger a soulevé un point de droit et Kailash Purrayag, alors Speaker, a donné un ruling obligeant Rama Sithanen a enlever du Finance Bill tous les amendements n’ayant rien à faire avec le budget. Aujourd’hui, le gouvernement regroupe les amendements en catimini dans le Finance Bill pour empêcher l’opposition de faire son travail en posant des questions. Ils sont en train de transformer le Finance Bill en un fourre-tout pour toutes sortes d’amendements, dont la majeure partie n’ont rien à faire avec le budget. Je suis sûr que si je veux évoquer le ruling du Speaker Prayag, l’actuel Speaker pourrait m’interdire de le faire ou même m’expulser !

O Je répète mon refrain: si l’opposition était unie, elle aurait pu forcer le gouvernement à répondre à certaines questions. 

— Ce sont des vautours qui dirigent le pays. Un pays en pleine pandémie où l’on transforme les petits copains en vendeurs de médicaments et d’instruments de médecine. Où des hôtesses de l’air, amies d’enfance de ministres, deviennent des chefs d’entreprises qui obtiennent toutes sortes de contrats en temps record. Ou d’anciennes Miss météo ont des ascensions fulgurantes. Aucun des Premiers ministres du pays depuis l’Indépendance n’a porté le pays au niveau ou Pravind Jugnaut l’a mené. On avait fait campagne sur le fait que sous le gouvernement Ramgoolam des boutiques d’aéroport avaient été mises à la disposition d’une personne…

O Ce qui n’était pas faux !

— Mais aujourd’hui c’est pire. Un proche du pouvoir qui monte un home à Côte d’Or qu’il n’arrive pas à vendre obtient des centaines de millions des fonds du gouvernement! On dirait que le MSM est en train de créer de nouveaux Rakesh Gooljaury…

O Qui, je vous le rappelle, a fait ses premières armes pendant les gouvernements de Navin Ramgoolam !

— Le passé est le passé et nous avons payé, chèrement, pour nos erreurs. Mais les erreurs de Navin Ramgoolam ne donnent pas licence à Pravind Jugnauth pour faire pire !

O Un mot sur la création du parti de Nando Bodha, lancé la semaine dernière ?

— Nous lui souhaitons bonne chance, surtout qu’il semble avoir des problèmes avec son nom et son symbole. C’est un gentleman qui a un nouveau parti qui est dans la plate-forme de l’Espoir dont nous ne faisons pas partie pour les raisons expliquées.

O Puisque vous revenez sur le sujet. Est-ce qu’on peut envisager une réunification de l’opposition mettant de côté les erreurs du passé récent et les crise d’ego, pour faire face au gouvernement ?

— Il faut débarrasser le pays de Pravind jugnuath et du gouvernement MSM. Mon souhait, qui est également celui du BP du PTr, c’est qu’il y ait un regroupement des partis d’opposition, autour du PTr. Pour battre le MSM il faudra le PTr. Autour du PTr, il est possible de greffer beaucoup de choses, de ressembler des gens de bonne volonté. Si alliance de l’opposition il y aura, son fer de lance doit être le PTr avec Navin Ramgoolam à sa tête. Sinon, nous allons affronter ce que nous aurons à affronter. De toutes les manières, le PTr ne peut connaître de pire situation que celle entre 2014 et 2019.

O Est-ce que cette réunification des forces de l’opposition autour du PTr est un objectif qui peut être réalisée ?

— Je crois que Paul Bérenger et Xavier Luc Duval sont suffisamment intelligents pour savoir que pour remporter les prochaines élections il faudra construire autour du PTr. Ils sont intelligents pour comprendre dans le détail ce que je suis en train de dire en général. Sinon, nous aurons à affronter Pravind Jugnauth en ordre dispersé, ce qui sera à son avantage.