Paul Bérenger, leader du MMM, ancien PM et, surtout, parlementaire aguerri, connaît Rodrigues depuis au moins un demi-siècle. Sans conteste, il a été une des chevilles ouvrières menant à l’adoption de la Rodrigues Regional Assembly Act, faisant de sorte que ce texte législatif soit intégré à la Constitution de Maurice. Pour les 18 ans de l’autonomie, il revient sur son engagement dans la mise en place de ce texte législatif, qui représente, selon lui, une avancée significative pour Rodrigues et sa population sur les plans politique, administratif et institutionnel. Avec simplicité et lucidité, il propose des pistes de réflexion, et insiste pour que les propositions d’amendements « viennent de Rodrigues » afin de préserver et continuer à bâtir sur les acquis, « dans le respect ». Il rend également hommage au travail et au dévouement de feue Antoinette Prudence, qui était « au service de Rodrigues et de l’autonomie ».

Nous sommes à la veille de la commémoration de l’évolution constitutionnelle et institutionnelle de Rodrigues avec la promulgation de la Rodrigues Regional Assembly Act (RRA). Une évolution intervenue dans le sillage des élections générales de septembre 2000. Mais aussi une évolution institutionnelle en ligne avec les aspirations de l’OPR et un aboutissement de la réflexion, de la philosophie historique du MMM, notamment en ce qui concerne Rodrigues et les administrations régionales. Pouvez-vous nous en dire plus sur la genèse de ce changement constitutionnel majeur ?

Pour le MMM, cela a toujours représenté un aspect très important, parce que Rodrigues est très importante. C’est un aspect de notre combat, pas juste nos conceptions et idées, mais de notre combat pour la démocratie sous toutes ses formes. Le MMM a toujours été fanatique de la démocratie à tous les niveaux. Quand on en fait mention, que ce soit au niveau parlementaire, à Maurice, ou de la MBC, peu importe, nous sommes des « fanatiques » de la liberté. Il était donc logique que nous venions avec des propositions pour des changements, y compris à Rodrigues, aux côtés surtout de l’OPR, en faveur de la démocratie, et de notre consolidation de la démocratie.

Pour nous, donc, l’autonomie de Rodrigues, c’est donner aux Rodriguais le maximum de pouvoirs et de moyens pour rouler leur propre vie afin de développer leur propre pays. Voilà pour le cadre général. Maintenant, au MMM, par rapport à Rodrigues, nous avons toujours pensé que le pays mérite une considération spéciale, avec ses spécificités, ses richesses, etc. Donc, il était logique que le MMM tombe d’accord avec l’OPR pour faire adopter non seulement une loi, la Rodrigues Regional Assembly Act, mais aussi, au-delà d’une loi votée par une simple majorité au Parlement de Maurice, et qui peut être amendée par une simple majorité.

Nous avons insisté pour mettre en œuvre l’autonomie de Rodrigues et l’inscrire dans la Constitution en elle-même. Ce qui était très sage de notre part. C’est un signe de respect pour Rodrigues et pour son autonomie. Cela indique que si quelqu’un souhaite échanger ou amender l’autonomie de Rodrigues, il faudra amender la Constitution. Et pour cela demander la majorité, et pas d’une simple majorité, mais d’une majorité qualifiée de deux tiers. Nous avons des clauses de la Constitution qui exigent les 3/4, pour empêcher tant que possible qu’on renvoie les élections générales, comme on l’a connu dans le passé.
Donc, l’autonomie de Rodrigues est non seulement une loi, la Rodrigues Regional Assembly Act, mais elle fait aussi partie intégrante de notre Constitution, la loi suprême, la loi fondamentale du pays. Ça, c’est pour le passé. Depuis, 18 années se sont écoulées et il y a certainement des leçons à tirer et des améliorations à apporter.

Il est important dans une perspective historique de rappeler cet engagement du MMM pour l’élargissement de la démocratie en prenant en considération les spécificités de Rodrigues. C’est aussi tout un résultat, un parcours, voire une présence régulière du parti depuis les années 70. Vous avez parcouru Rodrigues avec les moyens du bord de l’époque. Il y a eu une présence régulière qui vous a permis de tâter le pouls de l’île et de ses habitants, ainsi que leurs aspirations, depuis des décennies. Au tournant du siècle, on vous retrouve en 2000 naturellement aux côtés de l’OPR pour soutenir et réaliser cette avancée…

Certainement, le MMM avait marqué sa présence régulière à Rodrigues avant même que l’OPR ne prenne vraiment son envol. Par amitié et par respect, comme je l’ai dit, pour le peuple de Rodrigues, et sans être méchant, j’aimerais dire que s’il n’y avait pas le MMM, il n’y aurait pas eu d’autonomie de Rodrigues. Certains en déclarent la paternité, mais quand vous analysez la mentalité du MSM, c’est tout le contraire de la démocratisation et de la décentralisation.
Si le MMM n’était pas là, avec l’OPR bien sûr, il n’y aurait pas eu l’autonomie de Rodrigues. Mais il faut continuer à être vigilant.

Rappelons que dans le mandat électoral issu des élections de 2000, vous assumiez les responsabilités de DPM à l’époque dans le gouvernement MSM-MMM. Et en tant que DPM, vous avez géré, “shouldered”, comme dirait l’Anglais, et soutenu ce projet. Un projet qui porte votre empreinte…

Complètement, mais pas juste moi. Le MMM, mais aussi l’OPR. Et encore plus, dirais-je. Donc, l’autonomie de Rodrigues, c’est l’enfant du MMM et de l’OPR.

Quelles réflexions étaient les vôtres ? Nous nous plaçons toujours dans la perspective historique qui débouche notamment sur la visite d’informations, d’études, de découvertes, du système mis en place à Trinidad et Tobago, des îles se trouvant dans les Caraïbes. Quelle était l’implication du MMM au sein du gouvernement de l’époque ? Ne serait-ce que par rapport aux choix des participants de cette visite ?

D’abord, le choix de constituer une mission ayant pour but d’apprendre et d’améliorer ce qui doit être amélioré, je n’hésite pas à le dire, c’est aussi une de mes idées. Mais c’était aussi un signe de respect vis-à-vis des Rodriguais et des Rodriguaises.
Et une personne comme Antoinette Prudence a joué un rôle clé. Ils sont partis avec l’ancien juge Ahnee, ils ont tiré les leçons qu’il fallait et ont amélioré ce qu’il fallait. Et Antoinette Prudence, une personne que je salue avec beaucoup de tristesse et de respect…
Quand je pense qu’à cette époque-là, on avait proposé qu’Antoinette soit nommée ambassadrice de Maurice et de Rodrigues à Paris, en France. Elle nous a d’abord remerciés et avait demandé un temps de réflexion. Au final, elle a préféré nous dire non, parce qu’elle était au service de Rodrigues avant tout, qu’elle devait se concentrer plus dessus. Elle n’a donc pas accepté cette proposition et a fait un travail extraordinaire au niveau de l’autonomie de Rodrigues.

On doit saluer l’apport législatif, et surtout l’expertise juridique et constitutionnelle de feu Robert Ahnee. C’est une mission qui était “focussed” et qui a rapidement amené un premier “draft” comme matière initiale de discussions…

Oui, mais le projet est allé au-delà de Rodrigues aussi. Depuis 30-40 ans, le MMM a lutté pour réformer le système électoral, pour en finir avec ce système de “first past the post”  hérité du colonialisme britannique. Le nôtre n’est pas démocratique, mais injuste, dangereux même. Et depuis 30-40 ans, nous proposons d’introduire une dose de représentation proportionnelle dans le système électoral mauricien. On l’a fait à Rodrigues.
Feu le juge Ahnee a fait un travail extraordinaire avec les autres membres de la délégation et avec nous, au gouvernement. Bien sûr, il y a des leçons à tirer, comme toute chose dans la vie. Il y a des améliorations à faire. Ce que nous avons fait dans le cas de Rodrigues, par amour, par respect pour les Rodriguais et Rodriguaises, allait au-delà de Rodrigues. Et nous avons aussi en tête qu’il fallait le faire pour Agalega.
Il y a des différences fondamentales en termes de population, mais si vous croyez dans la démocratie, vous ne pouvez pas faire le tri. La démocratie mérite d’être reconnue, et c’est un devoir de lutter partout au niveau du système électoral, au niveau de la MBC, de la radiotélévision… à tous les niveaux. L’aspect fondamental, c’est d’expliquer pourquoi, avec l’OPR, nous avons donné naissance à l’autonomie de Rodrigues, mais aussi à une réforme en profondeur des administrations régionales à Maurice. Pour donner aux administrations régionales le maximum de pouvoirs, pour prendre leurs propres décisions. Cela découle de la même philosophie, soit celle de respecter les gens, de leur donner le pouvoir pour gérer les choses. Comme c’est toujours le cas dans le cas de Rodrigues ou des administrations régionales à Maurice, ou même à Agalega.

Mettons l’accent dessus justement, soit la mise en place d’une dose de proportionnelle. C’était une percée considérable et une avancée démocratique indéniable qui, selon vous, ne prête pas à une remise en question. C’était également une expérimentation. Avec le recul, aujourd’hui, et certains soubresauts quelquefois, des gens disent que ce n’est pas une majorité suffisamment claire et nette et que, finalement, cela a, semble-t-il, braqué certaines personnes par rapport à l’éventuelle nécessité d’étendre le système au niveau de Maurice.

Oui. Certains ne comprennent pas, et ne comprendront jamais rien. Cela ne m’étonne pas. Le blocage en ce qui concerne la réforme électorale à Maurice, c’est le MSM. Et s’il n’y avait pas le MMM, ce blocage aurait eu lieu au niveau de l’autonomie de Rodrigues. Mais tant mieux, on a pu gérer et nous y sommes parvenus.
De par le monde, au niveau du système électoral, le système dangereux que nous avons est dépassé. C’est un des mauvais héritages du colonialisme. De par le monde, des pays ont la moitié des députés élus par les circonscriptions et la moitié à la proportionnelle. D’autres ont une proportion de deux tiers à un tiers. Dans le cas de Rodrigues, on n’avait peut-être pas assez considéré cela. Avec feu le juge Ahnee et tout le monde, ce qu’on avait proposé était l’idéal. C’était une démocratie parfaite. Si un parti a eu 75% des votes, il aurait 75% des sièges.

Rappelons cette réflexion de Robert Ahnee, avec toute la justesse de fin juriste qui le caractérisait. Il avait dit que ce système reflète « à la virgule près l’expression du pourcentage électoral que chaque parti obtenait »…

La démocratie demande la stabilité gouvernementale et quelque chose de différent. Mais il a donné à Rodrigues une démocratie idéale. Avec la population que Rodrigues possède, et le nombre de circonscriptions, un simple changement peut tout débalancer et faire basculer une majorité. Tandis que dans de grands pays, comme l’Allemagne par exemple, c’est une autre situation. Tout comme a Maurice, c’est une autre situation.

L’OPR, à travers son leader historique, Serge Clair, a émis beaucoup de réserves par rapport au système proportionnel.

Je ne souhaite pas être négatif, mais je n’ai pas apprécié les commentaires de Serge Clair par rapport à cela, et à la lumière des problèmes qu’il a eus au niveau de son parti…
Si les gens ont quitté son parti pour aller ailleurs, c’est leur droit. Je ne suis pas content de ça, mais c’est comme ça. À partir de là, il en tire de fausses conclusions. Il ne faut pas prendre cela comme prétexte, comme dans le cas de sir Anerood Jugnauth, qui a essayé de bloquer la réforme électorale dans son ensemble. C’est insensé ! Il faut considérer des amendements à apporter pour améliorer ce qui existe déjà, comme d’augmenter le nombre de membres de l’Assemblée régionale. Il y a des leçons à tirer pour Maurice aussi.

Justement, ça nous ramène à un autre aspect : à ce stade, si on fait une “swot analysis” des forces et faiblesses, opportunités et obstacles 18 ans après la mise en application, quels seraient, selon vous, les points importants à noter ?

Je respecte trop les Rodriguais et Rodriguaises pour m’aventurer dans ce type d’exercice. Dans le contexte de Rodrigues, il faut venir avec des propositions concrètes. Je sais que le peuple rodriguais est suffisamment mature pour venir avec des propositions concrètes après 18 ans d’autonomie.
Je suis très intéressé à entendre ces propositions et, après considération, d’améliorer l’autonomie de Rodrigues. Je n’apprécie pas les gens qui créent des confusions pour remettre en question l’autonomie de Rodrigues. C’est quelque chose d’historique qu’on a pu faire pour Rodrigues et Maurice, pour tout le monde. Il faut l’améliorer, consolider l’autonomie de Rodrigues…

Ce que vous êtes en train de dire, c’est qu’il faut déjà réfléchir à une nouvelle étape de l’autonomie. Comment cela peut évoluer vers une amélioration du système ?

Oui, il faut entrer dans les détails, définir quels pouvoirs additionnels il faut donner à l’Assemblée régionale, les relations entre l’ARR et le Parlement mauricien. Certainement, après 18 ans d’autonomie, il y a des choses à améliorer.

Certains observateurs disent, tout en prenant acte de l’avancée démocratique au niveau institutionnel, qu’au niveau de l’administration, il manque une dimension. La décentralisation du pouvoir n’a pas permis un véritable décollage assurant l’autonomie économique de l’île.

Ce n’est pas facile, vous savez. Maurice n’est pas le nombril du monde. On a des difficultés et on ne peut pas résoudre nos problèmes comme si on était un pays super-puissant. Et cela s’applique aussi pour Rodrigues. Malgré toute la bonne volonté que les Rodriguais et Rodriguaises doivent avoir pour développer le pays, il y a des limites à Rodrigues. Donc, il est nécessaire de faire bien attention. Le but est d’améliorer, et non d’abuser. On doit utiliser nos acquis, ce qui existe et ce que l’on possède pour améliorer.

Malgré l’autonomie, tous les flux économiques et commerciaux sont obligés de passer par Maurice. Cela ajoute des contraintes et constitue une barrière. N’est-il pas nécessaire d’engager une réflexion afin de permettre une ouverture et un accès direct commercial, pour qu’il y ait valorisation de la valeur ajoutée et générer des échanges, comme avec la région océan Indien, voire plus loin ?

Certainement. Moi, j’ai un esprit ouvert. La première question qu’il faut se poser est de savoir si les vols internationaux peuvent venir directement à Rodrigues…

La desserte maritime aussi…

Bien entendu. Il faut réfléchir. On doit absolument progresser.

L’autonomie est un fait établi aujourd’hui, mais elle n’a pas encore permis de résoudre des problématiques toujours omniprésentes, comme la question de l’eau, la valorisation de l’agriculture, des secteurs traditionnels qui sont restés en état, pour ne pas dire en régression… Il y a un nouveau dynamisme qui doit être mis en place à ce niveau-là.

J’ai 50 ans de combat politique derrière moi, et je peux dire que la solution miracle n’existe pas. Il nous faut utiliser notre propre réflexion, tirer des conclusions des bonnes choses comme des mauvaises, et améliorer. Cette méthode s’applique pour le problème de l’eau. Je sais que l’eau, malgré tous les efforts des gens qui étaient au pouvoir à Rodrigues et lors de l’autonomie de Rodrigues, reste un problème majeur. Moi, je n’ai jamais embêté personne dans ma vie, et donc, qu’ils ne baratinent pas non plus les gens, leur faisant croire que tout est facile et qu’il y a des solutions magiques. Il faut rester sérieux quand on a des acquis, comme l’autonomie de Rodrigues. Il faut préserver une base pour progresser, améliorer, aller de l’avant…

Comment souhaiteriez-vous que l’histoire se souvienne de vous par rapport à votre cheminement et celui du MMM aux côtés de Rodrigues pendant toutes ces années ? Premier consul, parrain ou grand-père de l’autonomie ?

Je ne veux pas diminuer le rôle de l’OPR et des autres personnes ayant lutté pour l’autonomie, mais je suis non seulement fier, mais aussi très satisfait de ce qu’on a accompli. Mauriciens et Rodriguais, ensemble dans l’unité. Je le redis, c’est un aspect de ma lutte. Je respecte les spécificités rodriguaises, Je suis rempli de respect et d’amitié pour Rodrigues et sa population. Je suis fier et heureux de ce que nous avons réussi.
Mais il y a encore beaucoup à faire pour l’autonomie . Cependant, Rodrigues nous donne beaucoup de leçons sur plein de choses. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais on le sait que Rodrigues nous sert de modèle sur énormément d’aspects à nous, Mauriciens.



Oui. Il y a des initiatives par rapport à l’environnement, entre autres, et beaucoup d’autres choses. Toutefois, avec tout ce que vous avez apporté, la mise en place du système actuel, ce qui semble quand même étonnant, c’est que l’on ne vous a pas souvent vu invité officiellement aux célébrations de l’autonomie ces dernières années…

J’y suis déjà allé mais, surtout, je me souviens du jour où l’ARR a voté pour l’autonomie. Quand la loi a été implémentée à Rodrigues, toute l’île était en fête, dans les rues, sur les collines. Je me souviens que ce jour-là, il y avait beaucoup de brume. C’était extraordinaire. Les Rodriguais et Rodriguaises ont su créer une ambiance extraordinaire.
Je vais être franc : ce qui m’a blessé, c’est que quand Rodrigues a fêté son 10e anniversaire de l’autonomie, à l’époque, j’étais leader de l’opposition. Mais quand les gens qui étaient à la tête de Rodrigue ont choisi de ne pas m’inviter, alors que je sais tout ce que j’ai accompli, et soutenu en faveur de ce projet avec d’autres Mauriciens et Rodriguais qui ont lutté pour la naissance de l’autonomie, cela m’a blessé.

Ce n’est pas quelque chose que j’oublie facilement et que je pardonne. C’est la raison pour laquelle je suis un peu absent ces derniers temps à Rodrigues. Mais aussi parce que je respecte profondément les gens, peu importe la personne. Même si c’est un adversaire politique, je vais lui accorder mon respect. Il y a eu un petit blocage de ce côté que je regrette profondément, mais certainement, cela ne diminue pas mon désir d’être avec Rodrigues pour continuer à progresser.

C’est intéressant ce que vous dites là, que vous avez pu dépasser ce stade. Bientôt, on va donc vous voir à Rodrigues avec le MMM ?

Certainement. On a pris une décision depuis à peu près six mois, après les dernières élections ici, qu’une délégation se rendrait à Rodrigues. Dernièrement, cela a été un vrai plaisir de rencontrer le Minority Leader de l’opposition à Rodrigues, Franceau Grandcourt, qui m’a rendu une visite de courtoisie. Je suis très satisfait de notre entretien. Il nous a invités à venir à Rodrigues, et on va bien sûr y aller.

On se donne rendez-vous pour notre prochain entretien à Rodrigues alors… ?
Avec grand plaisir.