Double événement demain pour le père Gérard Sullivan. Entouré de ses confrères prêtres, il fêtera ses 79 ans ainsi que ses 50 de vie sacerdotale. Au bout de ce long parcours, qui est pour lui une « histoire personnelle avec le Seigneur », il garde le ton humble : « Je commence à croire que j’étais fait pour être prêtre. » Selon lui, que ce soit dans la vocation religieuse ou dans la vie du mariage, rien n’est acquis au moment de l’engagement. « C’est le parcours d’une vie qui finit par confirmer cet appel auquel j’ai pris du temps avant de répondre. Je suis un prêtre heureux. »

Prêtre mais aussi homme de théâtre et de spectacle, Gérard Sullivan a su conjuguer ses deux vocations. Il a traversé ses 50 années de vie sacerdotale en s’appuyant, dit-il, sur « la confiance du Seigneur » et grâce au soutien et la confiance de toutes les personnes qu’il a croisées sur sa route. « Il y a une réponse à donner à la confiance que quelqu’un nous fait », estime Gérard Sullivan, en s’attardant la confiance que lui a faite le cardinal Margéot durant les années où il était séminaire à Paris et après son retour au pays. « Quand je suis rentré du séminaire, certains avaient dit que je n’allais pas rester et que j’allais me casser la figure », confie aujourd’hui le prêtre sans amertume. « Mais je suis là aujourd’hui à célébrer ces 50 ans de vie sacerdotale. C’est une histoire personnelle avec le Seigneur qui continue et je suis un prêtre heureux », témoigne-t-il sur un ton catégorique. Mais il avoue qu’il « y a un prix à payer ». Poursuivant : « Si je suis le prêtre que je suis aujourd’hui, c’est d’abord grâce à Jean Margéot, qui m’a fait une totale confiance, et aux autres personnes que j’ai rencontrées par la suite. »

La musique, l’art théâtral et le monde du spectacle sont aussi indissociables de la personnalité de Gérard Sullivan. Depuis son enfance, il y a témoigné un grand intérêt, et cette passion, qu’il a nourrie au fil des années, il l’a mise au service de l’Église et du pays. Curé à la paroisse de Notre Dame de Lourdes depuis une vingtaine d’années, le père Sullivan reconnaît que l’Église lui a offert « un espace de liberté et de créativité ». L’inoubliable Zozef ek so Palto larkansiel mais aussi Un homme parmi les autres, et Les Misérables sont quelques-uns des spectacles qu’il a conçus et mis en scène, qui ont fait se déplacer les Mauriciens en grand nombre et qui restent dans les mémoires.

Fort du soutien du cardinal Jean Margéot et du cardinal Maurice Piat, qui l’ont compris et l’ont encouragé, il a pu vivre en toute sérénité ses deux vocations. « Ma vocation de prêtre et ma vie d’homme sont une même réalité. Elles vont de pair », dit-il. Entre ses responsabilités ecclésiales et ses activités artistiques, Gérard Sullivan a aussi trouvé le temps de concevoir une émission radiophonique intitulée Baro pa aret la vie, et qui donne la parole aux familles des prisonniers. « Si je devais arrêter le théâtre, je n’arrêterais pas d’être prêtre ni d’être homme. Toute ma personnalité est habitée par cela », conclut le père Sullivan.