Reaz Chuttoo : « Si ces travailleurs tombent malades,

ils mourront entre eux-mêmes… »

Alors même que sévit le Covid-19, la Confédération des Travailleurs des Secteurs public et privé dénonce les conditions inhumaines dans lesquelles vivent quelque 150 travailleurs indiens de la compagnie Swadeshi, à Phoenix. Ces derniers sont venus à Maurice en vue de procéder à la construction du nouvel hôpital de cancer, soit à l’emplacement de l’ancienne clinique MedPoint.

Ces travailleurs soutiennent qu’ils ne peuvent plus continuer à vivre dans l’insalubrité. « Les ordures sont entassées ici et là et les toilettes ne sont pas nettoyées », disent-ils.

Dans une déclaration au Mauricien, mardi, le président de la Confédération des Travailleurs des Secteurs public et privé (CTSP), Reaz Chuttoo, a souligné qu’il a envoyé une série de photos au ministère du Travail pour dénoncer ces conditions d’hébergement. Il devait souligner que ces travailleurs sont livrés à eux-mêmes depuis qu’on leur a interdit de quitter leurs dortoirs en raison du couvre-feu sanitaire. « Si ces travailleurs tombent malades, ils mourront entre eux-mêmes. Il n’y a point d’hygiène dans ce dortoir. Ce qui me fait dire qu’on risque de se retrouver dans la même condition que le Singapour où le taux de contamination du Covid-19 est en baisse, mais il augmente chez les travailleurs étrangers. Le cas d’un travailleur infecté de Larsen & Toubro doit nous interpeller tous », a déclaré Reaz Chuttoo.

Selon lui, dans les dortoirs de Phoenix, ces travailleurs sont dépourvus de masque de respiration, de gel désinfectant et même de savonnettes. « En sus de cela, ils ne sont pas autorisés à quitter leurs dortoirs pour acheter eux-mêmes des équipements de sécurité, d’autant plus qu’ils n’ont pas touché le salaire du mois dernier. C’est incroyable ce genre de traitement qu’on est en train d’administrer à ces ouvriers étrangers », a-t-il affirmé. Et de soutenir que malgré le fait qu’il ait dénoncé ces conditions d’hébergement, il semblerait que « ceux qui font des inspections dans les dortoirs restent chez eux ».

Reaz Chuttoo devait aussi affirmer qu’il avait depuis quelque temps dénoncé le fait que ces travailleurs se trouvaient dans l’obligation de consommer des menus végétariens, même si certains ne le sont pas. « On a fait comprendre aux travailleurs indiens que le Covid-19 a été transmis à l’homme en ayant consommé de la viande. Ce qui fait qu’ils doivent continuer à consommer des menus végétariens… Donc pour se protéger, on leur a dit qu’il ne faut pas consommer de la viande actuellement. Donc ils ont accepté. Tou lezour pe donn zot diri ek dal. Zour gagn enn legim pena dal. Enn martir sa bann travayer-la pe pase », soutient Reaz Chuttoo.

En sus de cela, ces ouvriers travaillent pour un contrat public, fait remarquer le syndicaliste. Il devait aussi soutenir avoir entendu le ministre de la Santé, Kailesh Jugatpal, venir dire à la télévision que « les inspecteurs sont en train d’aller rendre visite aux travailleurs étrangers », a-t-il affirmé, en concluant que tel ne serait pas le cas.