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Presque un mois après l’entrée en vigueur de l’Environment Protection (control of single use plastic products) 2020 interdisant l’utilisation, la vente et la possession de 10 objets en plastique à usage unique, le message semble être passé. Dans deux semaines, soit à partir du 1er mars, la deuxième phase d’opération anti-plastique entrera en vigueur, interdisant les nouveaux types de sacs en plastique non biodégradable, soit les sacs en rouleaux et les petits sacs, entre autres.

L’on compte à ce jour 51 contraventions pour la possession de produits en plastique à usage unique. « La plupart des contrevenants sont néanmoins des commerçants et risquent une amende de pas plus de Rs 20 000 », nous explique un officier de la Police de l’Environnement. « Nos officiers sont tous les jours sur le terrain et nous continuons notre campagne de sensibilisation et il faut souligner que plus de 95% de la population ont bien reçu le message et mettent les lois en application. C’est très encourageant », dit-il. Il soutient aussi que 10 000 objets ont été saisis et envoyés au National Environment Laboratory à Réduit pour être analysés. Le rapport qui en découlera sera utilisé pour déterminer s’il faut sanctionner ou pas.

Les restaurateurs et commerçants semblent avoir déjà adopté les alternatives plus ecofriendly. Ainsi, à la place des petits sachets en plastique, l’on privilégie les cornets en papier. Idem pour les take-aways et autres conteneurs en plastique à usage unique ou en polystyrène, vite remplacés par des boîtes en carton ou en matières biodégradables. Si les deux premières phases semblent avoir fait leur effet, la troisième, qui entre en vigueur à partir du 15 janvier 2022, interdisant les produits en plastique non biodégradable et à usage unique utilisés par l’industrie alimentaire locale, dont les gobelets et bols jetables utilisés pour l’emballage de produits alimentaires, notamment les yaourts, glaces et desserts.

“Des ajustements à faire”

Pour Sonny Wong, Chief Operating Officer d’innodis, distributeur des produits Dairyvale, entre autres, et dont certains de leurs emballages sont importés, alors que d’autres sont fabriqués localement, cette nouvelle loi a été favorablement accueillie. « Cependant, nous traversons une période difficile et il faut s’assurer qu’il y ait des alternatives pratiques à des coûts raisonnables afin que les producteurs et les consommateurs ne soient pas lésés par ce coût additionnel. Par ailleurs, il est également important que les producteurs locaux qui sont touchés par les nouvelles lois sur le plastique ne soient pas désavantagés vis-à-vis des produits importés équivalents qui pourraient échapper, quant à eux, à l’application de la loi. Il faut donc s’assurer qu’il y ait toujours un level playing field. »

Il explique, par ailleurs, être disposé à travailler avec les autorités pour trouver les meilleures solutions. « Des réunions avec les instances concernées sont organisées à travers la Chambre de commerce. Nous sommes prêts, de notre côté, à travailler avec les autorités afin d’évaluer les matériaux et produits alternatifs qui existent actuellement pour se substituer au plastique traditionnel. Il y a encore certains ajustements à faire. Par exemple, certains sacs biodégradables utilisés déjà pour le poulet acheté en vrac sont encore un peu fragiles », dit-il. Sonny Wong soutient aussi qu’il y a eu confusion au niveau de la liste des objets prohibés. « Dans la volonté des autorités d’aller vite, il y a certes eu une certaine confusion par rapport aux produits qui sont prohibés. Nous sommes confiants que cette confusion se dissipera dans les mois à venir. Nous sommes également prêts à travailler avec les autorités en ce sens », dit-il.

Pour ce qui est des alternatives au plastique utilisé pour leurs emballages, il soutient qu’elles ne « sont pas toutes 100% au point. C’est compréhensible, car pour avoir la caractéristique d’être compostable ou biodégradable, le matériau utilisé est souvent un peu plus fragile. Cependant, la technologie évolue vite et, avec ces nouvelles lois, de plus en plus d’entreprises devraient se lancer dans la production de produits biodégradables — nous sommes ainsi confiants que nous aurons des alternatives viables très bientôt. »

En ce qu’il s’agit des critiques de certains producteurs de plastique qui se disent lésés par rapport à d’autres, dont les producteurs de bouteilles PET, Sonny Wong explique que « pour combattre la pollution, il faut certainement une approche globale qui comprend également les bouteilles PET et autres, et non pas cibler uniquement certaines industries — autrement, nous n’aurons pas les bénéfices escomptés pour l’environnement. » Et il poursuit qu’ « à cet effet, nous comprenons que les autorités se penchent actuellement sur une liste additionnelle de produits en plastique qui pourraient être également concernés à l’avenir par les nouvelles lois, en prenant toujours en considération s’il existe déjà des alternatives ou pas. »