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Le rallye organisé par la Plateforme contre les prix abusifs n’aura pas lieu. Sauf si la cour en décide autrement. La police ayant rejeté la demande d’autorisation de la plateforme, celle-ci se tournera vers un juge en chambre pour trancher sur la question, tel que le prévoit la Public Gathering Act.

Dans la lettre datée du 20 juillet, le Deputy Commissioner of Police, Krishna Jhugroo, émet trois raisons pour lesquelles la demande de tenir un rallye à Port-Louis a été rejetée. En premier lieu, l’ACIM n’a pas produit de certificat d’enregistrement. Ensuite, les membres de l’association n’ont pas écrit de lettre pour dire qu’ils sont d’accord avec ce rallye et il n’y a pas de résolution de l’ACIM sur la tenue de ce rallye.

Pour Jayen Chellum, ces raisons sont futiles car elles ne sont pas mentionnées dans la Public Gathering Act. « D’abord, ce n’est pas l’ACIM qui organise, mais la Plateforme contre les augmentations abusives. Ensuite, la loi dit qu’il faut la signature de pas plus de trois membres de l’association. Ce qui veut dire qu’une signature suffit. »

Pour le secrétaire de l’ACIM, ce ne sont que des prétextes pour mettre des bâtons dans les roues. D’autant que la police a répondu 94 heures après la demande et non 48 heures comme prévu par la loi. La plateforme ne compte pas rester les bras croisés et aura recours au juge en chambre. C’est ce qu’a annoncé Rajen Narsinghen, qui rappelle que la loi prévoit de tels scénarios. « Nous allons d’abord faire appel au CP et s’il maintient son refus, nous n’aurons d’autre choix que d’aller devant le juge en chambre. J’espère que nous n’aurons pas à en arriver là. »

Ce dernier ajoute qu’il est toujours temps d’enlever la taxe de Rs 2 sur l’essence et le diesel, alors que le Finance Bill est débattu à l’Assemblée. Il rappelle également que l’année dernière, le gouvernement avait déjà prélevé Rs 4 pour le Covid-19 Fund. Dans ce contexte, une nouvelle taxe de Rs 2 pour acheter les vaccins anti-Covid, comme annoncé par le gouvernement, s’avère inappropriée.

De son côté, Bruneau Laurette estime que ce n’est pas aux citoyens de payer pour les erreurs du gouvernement. « Le citoyen n’est pas un ATM où on vient retirer de l’argent à chaque fois que le gouvernement a fauté. Chacun doit assumer ses responsabilités. » Il se demande ainsi pourquoi une commission d’enquête a été mise sur pied seulement après que le gouvernement a été condamné à payer des dommages à Betamax. « Pourquoi ne l’a-t-on pas fait avant de mettre un terme au contrat ? À ce moment-là, les responsables auraient eu à rendre des comptes. Pourquoi venir puiser des poches du citoyen qui est en train de trimer pour joindre les deux bouts ?»

Bruneau Laurette affirme son intention de porter cette affaire en cour. À ce sujet, Rajen Narsinghen est d’avis qu’une organisation devrait faire un test case en cour, concernant la responsabilité des decision-makers, comme cela se fait ailleurs, à travers une Fiscal Responsability Act.