Lors travaux parlementaires de ce mardi, 20 avril, le ministre la Santé, Kailesh Jaguptal, a affirmé que le gouvernement n’a aucune intention d’initier une enquête suite aux décès des patients sous dialyse du New Hospital de Souillac, positifs à la Covid-19.

Au début de séance, le ministre de la Santé a tout d’abord présenté ses condoléances aux proches des dix patients dialysés décédés en mars et avril de cette année. « Chaque mort est un mort de trop », a déclaré Kailesh Jagutpal.

Répondant à la Private Notice Question, il a rappelé que le pays compte actuellement 1 579 patients dialysés, soit 1 285 dans les établissements publics et 294 dans les cliniques privées. Il a aussi rappelé que la salle de dialyse à l’hôpital de Souillac comporte 16 machines où sont traitées environ 90 personnes.

Le ministre a ainsi rappelé que le personnel médical impliqué dans ce traitement comprend des spécialistes dans leurs domaines qui sont pleinement engagés dans leurs devoirs.

Il affirme que les machines elles-mêmes sont issues d’un programme d’auto désinfection, qui est effectué après chaque séance de dialyse et que les surfaces des machines est aussi nettoyée, rajoutant aussi une fumigation de la pièce.

Le ministre a aussi déclaré que des fourgonnettes de 15 places étaient utilisées pour le transport des patients du centre de quarantaine vers l’hôpital et que les mesures sanitaires étaient respectées, rajoutant qu’un plastique transparent séparait le chauffeur des patients.

Des facilités de transport sont mises à la disposition de tous les patients dialysés du service public, poursuit-il, précisant que certains ont « au moins trois à quatre sessions de dialyse par semaine, qui sont offertes gratuitement ».

Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a promptement interrompu le ministre, estimant que toute ses informations avaient déjà été communiquées lors de la précédente session parlementaire.

Le leader de l’opposition a ainsi fait comprendre à l’Assemblée que « c’est son devoir moral de faire la lumière sur la mort des 10 dialysés et (sur l’état de celle) qui est dans une situation critique (…) Il n’y a pas de place pour l’autosatisfaction ».

Selon le ministre de la Santé, Maurice est l’un des rares pays qui isole tous les patients positifs à la Covid-19.

« Dans la plupart des pays d’Europe et d’Amérique, il y a eu de nombreuses épidémies de Covid-19 dans les unités de dialyse. Il n’y a eu aucune tentative d’isoler les patients dans des centres de quarantaine. Les patients sont auto-isolés à domicile et se rendent à l’unité de dialyse et en reviennent par transport organisé. Il existe donc un risque élevé de propagation de l’infection au reste de la communauté », a-t-il expliqué.

Il soutient par ailleurs que toutes les normes relatives au traitement par dialyse ont été « adoptées et maintenues ». Ajoutant que tous les patients dialysés poursuivent leur hémodialyse dans le même centre d’origine afin de minimiser le risque de contamination des autres centres.

En ce qui concerne le patient dialysé positif à la Covid-19, en soins intensifs à l’hôpital de Souillac, le ministre a indiqué que son état de santé « s’est aggravé » hier et qu’il a été intubé.

« L’équipe médicale lui prodigue les meilleurs soins possibles et le personnel médical informe régulièrement les proches de l’état de santé du patient », a soutenu le ministre.

Par ailleurs, le leader de l’opposition a brandi une photo de l’intérieur d’une fourgonnette arguant que la distanciation sociale n’était pas respectée.

Le leader de l’opposition s’est, par la suite, intéressé aux staffs des hôpitaux. Il a indiqué qu’aucun test PCR n’a été effectué sur eux, en particulier à l’hôpital Souillac.

À quoi le ministre de la Santé a répondu que « le plus important est de porter un masque, pas de faire les tests PCR ».

Xavier Luc Duval a également interpellé le ministre sur les conditions de quarantaine, les qualifiant de « psychological torture » étant donné que certains patients étaient dépourvus de télévision ou de connexion internet.

Toutefois, le Speaker a interrompu la réponse du ministre de la Santé en lançant « time is over » sans discussions.