• Le ministre des Terres : « On ne peut se permettre de laisser notre pays devenir un pays sans loi où ce sont les hors-la-loi qui font la loi »
  • Le ministre du Logement et des Terres, Steven Obeegadoo, préconise la ligne dure contre les squatters. « Il nous faut agir parce qu’on ne peut se permettre de laisser notre pays devenir un pays sans loi où ce sont les hors-la-loi qui font la loi », a-t-il déclaré, hier, en commentant le dossier d’occupation des terres de l’État.

Le ministre Obeegadoo est d’avis qu’amplement de temps a été alloué à ceux qui occupent illégalement des terrains de l’État depuis le confinement pour les évacuer.  Il ajoute que son ministère a adopté une approche humanitaire afin de comprendre les raisons de ce phénomène. « Une équipe comprenant plusieurs ministères a été instituée. Ainsi, le ministère de la Sécurité sociale a vérifié si ces squatters ont bien reçu leurs pensions. La Santé s’est penchée sur le suivi médical des enfants et l’Éducation la fréquentation des écoles. La NHDC a invité tout le monde à venir se faire enregistrer en vue d’obtenir des maisons. La NEF compte faire la même chose. Le ministère de l’Egalité du Genre et la municipalité de Port-Louis ont également été consultés », poursuit-il.

« Il nous faut agir vite. Chaque jour qui passe voit une augmentation du nombre de squatters.  Nous voulons empêcher une plus grande injustice vis-à-vis de ceux qui sont respectueux de la loi. Nous ne pouvons les reloger parce que ce sera une plus grande injustice par rapport à ceux qui sont sur la liste d’attente de la NHDC. Nous devons agir ; on ne peut se permettre de laisser notre pays devenir un pays sans loi où ce sont les hors-la-loi qui font la loi », dit Steven Obeegadoo en rappelant qu’en 2015, il y avait 1100 squatters dont la situation, pour une partie, a été réglée. Il reste, selon lui, moins de 500 cas à s’en occuper.

Le ministre a fait état d’un relevé de la situation sur le terrain en février dernier. À Pointe-aux-Sables, les officiers ont constaté des constructions sur un terrain marécageux et dangereux. « Nous avons informé les personnes concernées qu’ils n’ont pas le droit d’y habiter », a-t-il dit. Or, pendant la période de confinement, le ministère du Logement a été informé des activités anormales avec un accroissement du nombre d’occupants illégaux.

Le 12 mai, les inspecteurs ont noté 12 structures, dont six étaient habitées. « Nous avons demandé à ces personnes de partir car ils n’ont pas le droit de construire sur ce terrain. Un nouveau recensement a été effectué le 19 mai et cette fois-ci le nombre de nouvelles structures était de 43 infrastructures, soit un total de 55. Le 22 mai, nous avons décidé de servir un préavis pour demander à ceux responsables de ces structures de partir. Nous avons constaté que trois sont partis mais que 9 sont arrivés portant le nombre de squatters à 66… », indique-t-il. Hier, d’autres structures ont été ajoutées.

Steven Obeegadoo récuse la thèse de Sans Domicile Fixe venant occuper des terrains de l’État. Il ajoute que cette situation prévaut dans quatre régions de Maurice. Il nie toute injustice à l’encontre de ces squatters. Il reconnaît qu’il y a beaucoup de personnes qui ont des problèmes de logement à Maurice. Toutefois, elles respectent la loi et attendent leur tour.