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Constat accablant des répercussions du naufrage du Wakashio et de la marée noire sur la côte sud-est de l’île. Le premier anniversaire de la manifestation monstre à Mahébourg pour protester contre la marée noire du naufrage du Wakashio au large de Pointe d’Esny, à l’initiative de Lasanble Solider Mahebourg Sid-Est, Rezistans ek Alternativ et le Center for Alternative Research and Studies aura permis d’établir l’étendue des dégâts causés à l’environnement marin. Les premiers éléments d’informations recueillis sur place confirment la thèse que l’état des lieux serait davantage plus catastrophique que les explications officielles fournies de part et d’autre et se félicitant d’avoir pu contenir les dégâts à l’environnement.

Des représentants des associations à l’avant-plan de ce combat, entre autres Stefan Gua et Dany Marie, ont été choqués de constater un immense amas de résidus de coraux endommagés juste à côté du site où le vraquier japonais avait échoué dans la soirée du 25 juillet de l’année dernière. La conclusion n’est autre que c’est la conséquence du naufrage. En parallèle, ils ont procédé à une collecte d’huile sur le littoral à marée basse en dépit de la campagne de nettoyage engagée jusqu’ici.

Durant ce week-end, un an après la campagne de dénonciations de la responsabilité des dirigeants sur la plus importante catastrophe écologique à Maurice, des militants de ces trois organisations sont partis à la rencontre des habitants du Sud-Est depuis vendredi. En vue de mettre au point le dossier à charge de l’opération Wakahsio, Justice et Réparation, qui se présente sous la forme d’une longue bataille légale contre les armateurs japonais, dans un premier temps, ils sont descendus dans la région de Rivière-desCréoles, une des régions côtières les plus affectées par la marée noire du mois d’août de l’année dernière suite à la négligence présumée des autorités.

Coraux endommagés et amoncelés

“Tout ce que nous pouvons dire, c’est que les habitants de ce village côtier sont laissés à eux-mêmes et que leur situation n’est pas encore retournée à la normale malgré les grands discours officiels”, fait comprendre Ashok Subron en guise de préambule. Mais le plus grave est à venir. À la lumière d’une sortie en mer, notamment dans les parages où une partie de la coque du Wakahsio est encore incrustée dans les récifs avec l’engagement non tenu du gouvernement de tout enlever avant la dernière saison cyclonique, le constat de la catastrophe et des répercussions est des plus révélateurs.

Les militants de Lasanble Solider Mahebourg Sid-Es, Rezistans ek Alternativ et CARES se sont rendus près de l’épave du Wakashio pour un constat des dégâts sur le récif de Pointe-d’Esny. Si le morceau du vraquier restant est bien ancré sur le récif, ce qui choque le plus, c’est l’amas de résidus de coraux à l’entrée du lagon. Cet amas de résidus formant un îlot existe après que le vraquier s’est échoué et semble provenir des débris du récif corallien endommagé”, soulignent Stefan Gua et Dany Marie, avec à l’appui des photos de ces coraux endommagés et amoncelés à l’entrée du lagon.

Ces militants de l’environnement ne comptent nullement rester les bras croisés. Ile se disent conscients que cet îlot de coraux endommagés a surgi après le naufrage du Wakashio et les dégâts causés aux récifs coralliens. “Nous allons établir des contacts au niveau scientifique à l’international pour une étude approfondie sur ce phénomène et cela en prévision des préjudices susceptibles d’être ressentis”, font-ils comprendre à ce stade. Un détail qui mérite d’être relevé est qu’alors que ces militants se trouvaient sur les lieux en mer, des membres du personnel de la société Polyeco, firme engagée dans le nettoyage post-marée noire, sont intervenus en vue de leur interdire l’accès à ce site.

En marge de ces sorties pour recueillir des preuves des dégâts à l’environnement, les représentants de Lasanble Solider Mahebourg Sid-Es, Rezistans ek Alternativ et Center for Alternative Research and Studies se mobiliseront en cette journée dominicale le long de la côte du Sud-Est, visitant les principales agglomérations, dont Vieux GrandPort, Quatre-Sœurs, Deux-Frères et Bambous-Virieux.

À ce stade, les premiers échantillons recueillis dans les parages de Rivière-des-Créoles présentent des caractéristiques soutenant les réclamations en dommages. “Les résultats des analyses seront versés dans le dossier pour l’action en justice, mais aussi pour la campagne d’informations du public au sujet de la toxicité de la faune et flore marines. Déjà, le premier constat est qu’il y a bel et bien de l’huile toujours dans le littoral, bien qu’il faut attendre la marée basse pour que cela soit plus visible. Les témoignages des habitants de la région abondent dans le même sens et se posent d’ailleurs la question sur la toxicité des fruits de mer, surtout la mangouak que ramassent les habitants de cette région de l’île”, ajoutent Stefan Gua et Dany Marie.

Les animateurs de cette opération de trois jours dans le Sud-Est axée sur la problématique de la marée noire du Wakashio soulignent qu’”elle vise en premier à confirmer l’enregistrement des personnes ayant subi un quelconque préjudice suite à l’échouage du Wakashio et le tragique déversement d’huile qui s’en est suivi pour une action en justice contre les propriétaires et affréteurs du vraquier. En second, cette opération ouvre la possibilité à toute personne non enregistrée à le faire pour l’action légale en question. En troisième, cette opération se veut être la collecte de preuves que les effets du déversement d’huile dans le lagon émanant du Wakashio sont toujours présents.”

La controverse portant sur la quittance de P&I Club confi rme aux yeux des militants de l’environnement que “ le gouvernement mauricien et les corporate interests japonais sont de mèche pour camoufl er les dégâts écologiques et sociaux du Wakashio”…