Le dirigeant du Parti travailliste (Ptr) Arvin Boolell a, plaidé pour le rappel du Parlement afin de pouvoir débattre de l’orientation d’Air Mauritius aujourd’hui et demain. Il a d’entrée critiqué la décision de nommer Sattar Hajee Abdoula comme administrateur volontaire, ce qui relève, selon lui, « non pas d’une motivation basée sur l’intérêt national, mais sur l’intérêt partisan ».

« Sa nomination comme administrateur volontaire constituait une insulte à la directrice de l’Insolvency Services et aux professionnels du secteur », estime-t-il, en rappelant que Sattar Hajee Adoula siège sur le conseil d’administration du SBM holdings, qui est le principal actionnaire d’Air Mauritius. « Où est l’objectivité, l’intégrité et la compétence professionnelle ? », s’est-il demandé.

Il fait de plus le constat que les administrateurs volontaires ont pris 17 mois pour accomplir leur travail, tout en étant grassement payés par les contribuables. « Il y a eu une excellente moisson pour les administrateurs volontaires, soit quelque Rs 200 millions. Tous les experts s’accordent à dire que les honoraires auraient dû être moins élevés », a poursuivi Arvin Boolell, avant de plaider pour la sauvegarde des droits des employés. Il a de même proposé qu’un système de VRS soit introduit pour ceux qui devront partir.
Au chapitre de l’avenir d’Air Mauritius, il a dit souhaiter que cette compagnie opère de manière autonome et qu’on lui restitue les compagnies rentables, dont MDFP, et les Ground Handling Operations. S’agissant de la situation précaire du fonds de pension d’Air Mauritius, il estime que les responsables de cette mauvaise gestion auraient dû être sanctionnés.

À ce propos, il a fait référence aux VRS introduits dans l’industrie sucrière dans le cadre de la centralisation des usines. « Cela avait été un travail colossal, avec toute une équipe, du public et du privé, qui a impliqué le syndicat et l’UE également. C’est grâce à la volonté politique et à l’esprit national, et non pas partisan, qu’Air Mauritius redeviendra le Flagship national. »

Poursuivant son analyse, Arvin Boolell a considéré que le plan de sauvetage « n’est qu’une étape » de franchie. « Le grand défi est à venir. » Raison pour laquelle il est d’avis que le Parlement aurait dû être rappelé en vue d’un débat national sur les orientations d’Air Mauritius. « Ce n’est pas un hasard si SSR et Didier Maingard avaient opté pour un partenariat stratégique pour qu’Air Mauritius devienne le moteur du développement économique et le grand transporteur de touristes et de cargos. En revanche, la privatisation à la Pravind Jugnauth, c’est le bal, le carnaval pour les chacals du régime », a-t-il encore dit, dénonçant le fait que « l’appétit des proches du pouvoir est sans limite ».

S’agissant du plan de sauvetage, Arvin Boolell a relevé que des Rs 12,5 milliards qui seront déboursées par le gouvernement, Rs 9,5 milliards sont destinées aux créditeurs. « Il ne restera que Rs 2,5 milliards pour relancer Air Mauritius », dit-il. Il adresse une « mise en garde contre les prédateurs qui cherchent des vols additionnels au détriment d’Air Mauritius » et insiste pour que la compagnie nationale « garde la main haute sur les routes profitables ».