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  • Par tradition, le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, ne propose pas de PNQ pour les séances du vendredi après-midi

La prochaine séance des travaux de l’Assemblée nationale se déroulera le vendredi 9 juillet. Avec la conclusion des débats sur le budget pour l’exercice financier 2021/22 et la Supplementary Appropriation”de Rs 23,6 milliards pour valider le règlement des réclamations de Rs 5,6 milliards au groupe Bhunjun dans l’affaire Betamax, le gouvernement s’est donné un mardi Relax. Car pour la séance du vendredi 9 juillet, le gros du travail devra être axé sur l’Unfinished Government Business à l’agenda, et cela sans le stress du Question Time.

Et très probablement sans Private Notice Question du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, également. En effet, il n’est un secret pour personne que ce dernier s’abstient de proposer de PNQ au gouvernement pour des séances se déroulant un vendredi. De ce fait, la prochaine séance consacrée aux interpellations parlementaires n’est prévue que pour le mardi 13 juillet. En parallèle, la Budget Cell du ministère des Finances est déjà à l’œuvre pour mettre au point les derniers détails du Finance Bill, avec des amendements dans toute une série de textes de loi pour donner force de loi aux mesures dans le budget.


DÉBATS PARLEMENTAIRES | Mauritius Emerging Technologies Council Bill

Joanna Bérenger : « Que ce Conseil ne rejoigne pas les institutions non fonctionnelles ! »

Joanna Bérenger a dit souhaiter que « ce conseil ne vienne pas s’ajouter aux institutions non fonctionnelles du pays ». Et de préciser : « On constate l’existence d’innombrables conseils en tous genres financés par l’argent des contribuables, mais qui ne fonctionnent pas comme ils le devraient. La plupart du temps parce que les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs ne leur ont pas été attribués. »

Elle estime qu’il n’y aurait « aucune raison apparente et flagrante » de créer ce nouveau conseil pour promouvoir les nouvelles technologies émergentes à travers l’innovation, la recherche ou encore la propriété intellectuelle. « Le Mauritius Research and Innovation Council existe déjà. Il suffisait d’étendre ses responsabilités afin d’inclure également les nouvelles technologies », a-t-elle dit.

Elle a affirmé ne pas croire en cette aberration de créer le METC avec le manque de protection en ce qui concerne la propriété intellectuelle. « Comment vouloir promouvoir les technologies émergentes à travers l’innovation et la propriété intellectuelle alors que la propriété intellectuelle au niveau local n’est pas protégée et reconnue sur le plan international ? » s’est-elle demandé. Elle a déploré que l’Intellectual Property Bill voté en 2019 n’ait jamais été proclamé.

La députée mauve se pose aussi des questions sur la manière dont le gouvernement compte promouvoir les nouvelles technologies à travers l’innovation et la recherche « alors que les données sur la propriété intellectuelle n’ont pas encore été digitalisées et harmonisées » avec celles de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Elle a conclu son discours en affirmant être partante pour la promotion des nouvelles technologies et des technologies vertes, « qui permettront de faire des économies », mais « contre le gaspillage à travers la création d’une nouvelle institution dont les responsabilités pouvaient être attribuées à d’autres institutions existantes ».


Subhasnee Luchmun Roy : « Le renforcement des capacités est un défi majeur »

La “backbencher” du gouvernement, Subhasnee Luchmun Roy, a déclaré que la mise sur pied du conseil des technologies émergentes arrive à point nommé pour combler les lacunes des législations existantes en ce qui concerne les technologies nouvelles et émergentes.

« Ce conseil fera avancer les projets utilisant ces technologies dans une optique de qualité et d’efficacité pour une économie durable à très long terme et au bénéfice des concitoyens. Compte tenu de la nature nouvelle et dynamique des technologies émergentes, nous devons convenir que le renforcement des capacités s’impose comme un défi majeur », a-t-elle poursuivi.

Elle a déclaré que Maurice « s’est déjà embarquée dans le voyage des technologies émergentes », citant notamment l’intelligence artificielle, utilisée dans la fabrication, ou encore la “Blockchain”, adoptée dans le nouveau système de gestion des informations sur l’évaluation des terres et aussi au Bagatelle Dam pour ses opérations quotidiennes. Elle a également soutenu qu’à mesure que les technologies de l’information et des communications ont mûri et qu’elles interviennent de plus en plus dans de vastes étendues d’activités sociales, politiques et économiques, « il incombe aux gouvernements démocratiques de s’attaquer aux façons dont ces technologies ont sapé les valeurs démocratiques, la protection des consommateurs et la cohésion sociale ».


Joanne Tour : « La conquête des étoiles a déjà commencé »

Dressant un parallèle entre le lancement récent du nanosatellite MIR-SAT1 et l’innovation de ce projet de loi sur les technologies émergentes, Joanne Tour a estimé que « la conquête des étoiles a déjà commencé pour les Mauriciens ». Selon elle, le gouvernement place la barre haut dans le secteur des technologies et de la communication « en visant l’excellence ».

La parlementaire de la majorité a expliqué qu’avec ce texte de loi, le gouvernement œuvre pour l’inclusion sociale de jeunes professionnels par le biais de la formation au numérique, qui est désormais considéré comme un secteur porteur en termes de nouveaux emplois, mais aussi en termes d’efficience.

« Les technologies au service de l’économie, c’est aussi un des objectifs que veut atteindre ce texte de loi. Une des responsabilités de ce Conseil, une fois qu’il sera mis en place, sera de faciliter l’utilisation des technologies émergentes pour “booster” l’économie du pays. Il est important de mettre en exergue que les technologies ont changé les données et permis de sauver des vies dans certains pays africains », a affirmé Joanne Tour.

Elle a aussi soutenu que la technologie est désormais partout, que ce soit dans la gestion des terres, dans les finances, dans la gestion des affaires, dans la pêche, dans l’agriculture, dans le textile, dans le transport, dans l’élevage, dans la construction ou encore dans les PME.


Rajanah Dhaliah : « Contrer les conséquences néfastes des technologies »

Le PPS Rajanah Dhaliah a avancé que si les gouvernements ont un rôle clé à jouer dans l’offre de services publics améliorés, « ils ont également la responsabilité de protéger les citoyens contre les conséquences potentiellement néfastes des technologies émergentes ».

Il a poursuivi ainsi : « Les décideurs politiques doivent devenir plus avertis des technologies émergentes afin de tirer parti du large éventail d’opportunités qu’elles offrent pour améliorer les services publics. D’autre part, ils doivent maîtriser les subtilités de ces technologies pour pouvoir les réguler et, en même temps, éduquer et sensibiliser les citoyens sur les mesures de précaution qui doivent être adoptées pour se protéger des conséquences potentiellement néfastes. »

Selon lui, la création d’un Conseil des technologies émergentes créerait effectivement un écosystème pour traiter toutes ces questions émanant de l’utilisation de technologies innovantes. Il a avancé que le paysage technologique, « en constante évolution », permettra au Conseil d’agir comme un catalyseur pour façonner une architecture numérique intelligente dans le pays.


Sandra Mayotte : « Il faut adopter les nouvelles technologies »

Sa demande est faite à l’industrie du droit d’auteur. Il ne faut plus lutter contre les nouvelles technologies, « mais les adopter ». C’est ce qu’a soutenu la députée du gouvernement, Sandra Mayotte.

Expliquant en quelques détails les objectifs de ce projet de loi, elle s’est penchée sur la question de la propriété intellectuelle. « Je demande que l’industrie du droit d’auteur pense autrement, essaie de ne plus lutter contre les nouvelles technologies et réalise que sa survie pourrait dépendre de la recherche de nouveaux modèles commerciaux intégrant de nouvelles technologies », a-t-elle dit.

Défendant le projet de loi, Sandra Mayotte a aussi fait part des préoccupations essentielles face à ces technologies émergentes. Les attaques sexistes, les récits de haine, les insultes, les discours de haine sur les réseaux sociaux, a-t-elle dit, peuvent saper la confiance dans les technologies émergentes. Et d’ajouter qu’il est facile aujourd’hui de s’abriter derrière un écran d’ordinateur, de lancer des « missiles » et mettre K.-O. la personne qu’on n’aime pas. Elle a souligné qu’à ce jour, « très peu de solutions concrètes ont été mises sur place pour contrer ce phénomène inquiétant ». De ce fait, elle lance un SOS au ministre des TIC, Deepak Balgobin.


Patrice Armance craint que le MRIC et le METC aient le même rôle

S’il n’est pas contre les technologies émergentes, Patrice Armance, Whip de l’opposition, estime que le Mauritius Emerging Technologies Council (METC) « est un conseil similaire et une perte de ressources » alors qu’existe déjà le Mauritius Research and Innovation Council.

Abordant trois points, dont l’allocation budgétaire du METC, Patrice Armance a souligné qu’un fonds de Rs 125 millions est dédié à financer les projets de recherche. Il a dit ne voir aucune somme pour l’opération du METC. Critique envers ce conseil, il espère que des consultants appropriés seront nommés pour la mise en place du conseil. Il a demandé aussi si le ministre a eu des discussions avec les acteurs locaux impliqués dans les technologies émergentes et croit que le ministre n’en a pas eu. « Ce projet de loi n’est que pour la galerie », a-t-il dit.

Ce conseil, a-t-il dit, « va à l’encontre de son objectif et copie les travaux du MRIC ». Il estime aussi que les objectifs et les fonctions du METC et du MRIC « sont similaires ». Citant l’exemple de Singapour, il croit qu’il faut tout mettre sous le même toit pour que tous les conseils soient en synergie. Au sujet de la nomination du directeur, il a demandé « que le poste soit ouvert et qu’un Blue-Eyed Boy ne soit pas nommé ».

Le député de l’opposition pense que le gouvernement « a failli dans la transformation numérique du pays ». Constatant le plan stratégique de Digital Mauritius, il a avancé que la création du Mauritius Artificial Intelligence Council n’a pas vu le jour alors que le MRIC et le METC sont créés. Il demande qu’il n’y ait pas de conseils faisant le même travail et ainsi gaspillant les ressources.s