Photo d'archives (2020)
  • L’opposition craint un coup fourré vendredi, avec la réunion du Gender Caucus avancée de 14h30 à 13h45, et l’opposition devant se rencontrer au bureau de son leader
  • Question Time : un cocktail avec, comme ingrédients, les naufrages du Wakashio et du Sir Gaëtan, les dessous des milliards de la MIC et les coupures unilatérales dans les salaires du personnel d’Air Mauritius

Avec le retour au sein de l’hémicycle mardi prochain, l’opposition parlementaire et le gouvernement affûtent leurs armes en vue de la séance de Question Time où l’on devra s’attendre à un carton plein en termes de nombre d’interpellations inscrites à l’ordre du jour. Il va sans dire qu’après des vacances de trois mois, les sujets ne manqueront pas, allant des séquelles des naufrages du MV Wakashio au large de Pointe-d’Esny le 25 juillet et du Sir Gaëtan à La Pointe-Roches-Noires le 31 août aux conditions de Non-Disclosure Agreement pour le financement par milliards sous la Mauritius Investment Corporation Ltd (MICL) en passant par les coupes unilatérales dans les salaires et conditions de service du personnel de la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, placée sous administration volontaire le 22 avril dernier. Mais avant d’arriver à la tranche des interpellations parlementaires de mardi, le ton pourrait monter d’un cran entre l’opposition et le gouvernement, ou en particulier, le Speaker de l’Assemblée nationale, Sooroojdev Phokeer. Et ce, dès vendredi, avec en toile de fond la réunion conjointe de tous les parlementaires de l’opposition, soit du parti Travailliste, du MMM et du PMSD.

Ainsi, du côté du Speaker’s Office, la position est déjà tranchée. La demande formelle logée par le leader de l’opposition, Arvin Boolell, pour disposer soit du Lunch Room soit du Committee Room au regard de cette première réunion de l’Opposition Parliamentary Group, a été formellement rejetée. La raison est que ces dispositions ont été réquisitionnées en vue d’une réunion du Gender Caucus de l’Assemblée nationale sous la présidence du Speaker. Arvin Boolell a été informé qu’il n’est pas question que cette réunion se déroule « in the Precincts of the National Assembly ». En guise d’alternative, le bureau du leader de l’opposition a été choisi pour accueillir cette séance de travail vendredi à compter de 15 heures.

Toutefois, un développement de dernière heure est intervenu tard dans la soirée d’hier. Le président du Gender Caucus de l’Assemblée nationale a informé tous les parlementaires de cette instance que l’heure de la réunion de vendredi, fixée à 14 heures, a été avancée à 13 h 45. Dans les rangs de l’opposition, même si une infime minorité accorde le bénéfice du doute à la présidence de l’Assemblée nationale, d’autres craignent un coup fourré, avec l’interdiction aux membres de l’opposition de se rendre au bureau du leader de l’opposition à 15 heures.

« Nous sommes sur nos gardes devant ces manœuvres avec le changement d’heure de la réunion du Gender Caucus. Il y a anguille sous roche. Cette réunion peut bien prendre fin avant 15 heures avec des instructions formelles aux policiers de service de boucler l’enceinte de l’Assemblée nationale vu qu’il n’y a aucun Parliamentary Business. De ce fait, l’accès au bureau du leader de l’opposition est interdit comme tel a été le cas récemment pour un point de presse. Nous sommes prêts à faire face à cette éventualité », indiquent des sources au sein de l’opposition avec des consultations en cours entre Arvin Boolell, le leader du MMM, Paul Bérenger et celui du PMSD, Xavier-Luc Duval.

Entre-temps, les Parliamentary Questions s’amoncellent au secrétariat de l’Assemblée nationale avec le Deadline du jour. Parmi les interpellations déjà déposées l’on relève au nom de

Xavier-Luc Duval : trois portant sur la Mauritius Investment Corporation Ltd, notamment le nombre de demandes de financement soumises et le montant approuvé et déboursé à ce jour, le montant des réserves étrangères de la Banque de Maurice alloué à la MIC et la composition de différentes instances de la MIC ;

Rajesh Bhagwan : la MBC Saga avec notamment le poste de directeur général de la station de radio et de télévision nationale en jeu, les séquelles du naufrage du Sir Gaëtan et la responsabilité de la Mauritius Ports Authority envers les proches des trois victimes et du capitaine Moswadeck Bheenick, toujours porté manquant en mer, le nombre de jets privés atterrissant au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport et la réduction substantielle des salaires et des conditions de service des employés de la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, décidée unilatéralement par les administrateurs nommés, Sattar Hajee Abdoula et Arvind Gokhool.

Patrick Assirvaden : le niveau de réservoirs en cette fin d’année, les régions les plus affectées avec les coupures d’eau appliquées par la Central Water Authority (CWA), les recrutements par le Central Electricity Board et les interventions du gouvernement en vue de sauvegarder la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius

Joanna Bérenger : les consultations au sujet de l’introduction à l’Assemblée nationale d’un Freedom of Information Bill et le calendrier à cet effet et l’urgence d’un Cultural Impact Assessment avec la deuxième phase de Metro-Express ;

Reza Uteem : le nombre d’infractions sous les Prevention of Resurgence and Further Spread of Epidemic Disease (COVID-19 Regulations, le montant collecté sous le COVID-19 Solidarity Fund et la fraude alléguée en Inde et commise par Nirav Modi au préjudice de la Punjab National Bank ;

Karen Foo Kune : sur le traitement contre le virus de COVID-19 et la contamination alimentaire à la suite de la marée noire du MV Wakashio au sud-est de l’île ;

Kushal Lobine : des allégations à l’encontre des membres de l’ADSU et les raisons de leur arrestation ;

Patrice Armance : le montant de la dette publique ;

Salim Abbas-Mamode : le paiement des allocations aux Frontliners contre la COVID-19 et si tous ceux concernés au ministère de la Santé ont été payés ;

Franco Quirin : l’accord controversé de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) avec des déboursements de Rs 400 millions en faveur de Liverpool F.C.

Adil Ameer Meea : les projets financés sous le Prime Minister’s Fund ces deux dernières années, le paiement des Rs 15 000 aux Frontliners et les consultations avec les armateurs japonais à la suite du naufrage du MV Wakashio pour des réclamations d’assurance et de compensation.