L’Attorney General, Maneesh Gobin a pris pour cible l’opposition. Il n’a pas manqué de déplorer les agissements des députés de l’autre côté de la Chambre – malgré selon lui leur quasi-approbation du besoin de revoir le cadre légal – sur leur analyse de la situation alors que Maurice se retrouve sur la liste noire de l’Union européenne et la liste grise de la Financial Action Task Force (FATF) dans le combat contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Maneesh Gobin a rappelé que de nombreuses institutions financières sont passées à l’amende en raison de l’évolution constante du cadre règlementaire sur le combat contre le blanchiment et le financement du terrorisme. « L’Union européenne et le FATF ne voient pas uniquement les cas de Sobrinho ou Bastos de Morais qui entachent la réputation des services financiers à Maurice mais aussi le fait que celui qui était le plus haut placé du gouvernement avait des coffres-forts avec d’importantes sommes d’argent dont des devises étrangères », dit-il.

Le ministre de la Justice devait soutenir que l’objectif principal est de renforcer les règlements pour prévenir les vides juridiques et interpeller ceux qui contournent les règlements comme bon leur semble. Il devait ajouter que les amendements apportés notamment à la Banking Act permettront à la Banque centrale de procéder à des inspections rigoureuses et des évaluations de risques conformément aux normes internationales dans la lutte contre les mauvaises pratiques.

Maneesh Gobin s’est toutefois dit surpris de la décision de l’Union européenne de placer Maurice dans la liste noire « alors en plein milieu de la pandémie de COVID-19, avec l’annonce publique de cette liste où figure Maurice faite le même jour où de nouvelles méthodologies adoptées par l’UE ont été annoncées ». Selon lui, cette situation embarrassante a provoqué des réactions de l’Organisation of African, Carribean and Pacific States (ACP Group) « qui a fait bloc contre cette liste noire ».

Maneesh Gobin avance de plus que le gouvernement « explore toutes les possibilités pour sortir de la liste noire de l’UE ». Ne manquant pas de lancer des piques au leader du PTr, il a avancé que la Jewellery Act sera amendée « car il y a des personnes qui se permettent de s’acheter une Rolex » mais aussi que les amendements à la Financial Services Act «  permettront d’identifier les Beneficial Owners de compagnies, de fondations ou encore de trusts. Des amendements sont nécessaires selon l’Attorney General afin d’empêcher ceux qui outrepassent les règlements de s’en sortir sans frais.