La Haute Cour de Londres a refusé mardi d’autoriser une action en justice visant à contester l’accord conclu entre le Royaume-Uni et Maurice sur la souveraineté de l’archipel des Chagos. La procédure avait été engagée par plusieurs plaignants, dont une citoyenne britannique née à Diego Garcia, qui reprochaient au gouvernement britannique de ne pas avoir consulté la communauté chagossienne.
Dans sa décision, la juge Mary Stacey a estimé que la demande de contrôle judiciaire reprenait essentiellement des arguments déjà examinés et rejetés auparavant par les tribunaux britanniques. Elle a néanmoins reconnu les injustices historiques subies par les habitants originaires des Chagos, expulsés de l’archipel dans les années 1960 et 1970.
Un accord au cœur de la restitution des Chagos
L’accord conclu entre Londres et Port-Louis prévoit le transfert de la souveraineté des Chagos à Maurice après des décennies de litige international. Toutefois, le Royaume-Uni conserverait l’usage de la base militaire stratégique de Diego Garcia grâce à un bail de 99 ans, permettant la poursuite des opérations militaires conjointes avec les États-Unis.
Cet arrangement vise à résoudre un différend historique sur l’archipel, séparé administrativement de Maurice en 1965, peu avant l’indépendance du pays, afin de permettre l’installation de la base militaire. La majorité des habitants de l’archipel avait alors été déplacée vers Maurice et les Seychelles.
Les plaignants envisagent de faire appel
Les requérants soutenaient que le Foreign Office n’avait pas suffisamment consulté les Chagossiens avant de conclure cet accord. Après le rejet de leur demande d’autorisation par la Haute Cour, ils ont annoncé leur intention de faire appel de la décision.
L’accord sur les Chagos reste par ailleurs au centre d’intenses débats politiques et diplomatiques, tant au Royaume-Uni qu’au niveau international, notamment en raison du rôle stratégique de Diego Garcia dans le dispositif militaire occidental dans l’océan Indien.

