Même si le changement climatique est une grosse préoccupation commune, le ton n’était pas moins à la polémique dans les premiers débats hier soir sur le Climate Change Bill. Selon le constat d’Arvin Boolell, leader de l’opposition, ce projet de loi présenté par le ministre de l’Environnement n’est ni plus ni moins qu’ un « Copy-Paste Exercise of the Environment Protection Act 2002 » et qu’à son avis « la montagne a accouché d’une souris ». L’occasion aussi hier pour le leader de l’opposition de revenir sur le drame écologique dans la région sud-est du pays à la suite du naufrage du MV Wakashio. Et ce, en fustigeant le gouvernement pour son « disastrous mishandling » de cette affaire. « We are still in a state of national environment emergency », dira-t-il à ce sujet.

Au début de son intervention, le leader de l’opposition s’est attardé sur le dossier Wakashio et n’a épargné en aucune manière le ministre de l’Environnement sur ce dossier. «  Le gouvernement a été incapable d’atténuer l’impact de la marée noire après le naufrage du Wakashio. En revanche, nous devons féliciter la contribution des ONG et celle de milliers de volontaires pour leur engagement et leur détermination à sauver les lagons », a affirmé le leader de l’opposition. Selon ce dernier, cette crise serait le « worst ecological disaster » que le pays a connu – ce qui lui fait dire que « we are still in a state of national environment emergency ».

S’agissant du changement climatique, le leader de l’opposition souligne que la question figurait en effet dans le programme électoral du parti au pouvoir 2014-2019 mais que le gouvernement « n’a rien fait » à ce sujet durant ces cinq dernières années. « Cela fait penser au fameux slogan Dilo 24/7 . «  This bill is the same old wine in a new bottle with a new label », a affirmé Arvin Boolell en établissant un parallèle avec les précédentes lois en matière de protection de l’environnement. Selon le leader de l’opposition, l’ébauche de ce projet de loi était prête depuis une année – soit bien avant l’arrivée de Kavy Ramano dans le fauteuil de l’environnement – et il s’est interrogé sur la contribution du ministre dans la rédaction finale de ce Bill. « L’actuel ministre de l’Environnement vient à présent avec un projet de loi qui, selon mes informations, a été préparé bien avant sa nomination au poste de ministre. Could he tell us what is different in this bill from the one which existed before his appointment ? » s’est demandé Arvin Boolell. Cela, tout en maintenant que le gouvernement « a failli » sur le dossier du Climate Change durant ces cinq dernières années.

Alors que le ministre a donné l’assurance dans son discours qu’il a eu des consultations avec les ONG œuvrant sur le plan environnemental avant la présentation de ce projet de loi au Parlement, le leader de l’opposition a affirmé hier le contraire. « Il n’y a pas eu de discussions approfondies avec les stakeholders, et il n’y a pas eu de démocratie participative avant de préparer un tel texte de loi. Le ministre aurait dû vulgariser ce projet de loi dans la population afin d’avoir l’opinion publique sur un sujet tout aussi important », croit Arvind Boolell.

Le leader de l’opposition a exprimé des réserves au sujet des différentes structures administratives prévues dans le projet de loi et Arvin Boolell craint, a-t-il dit, une « duplication of duties » d’autant qu’il existe déjà, selon lui, plusieurs structures s’occupant de l’environnement et que certaines d’entre elles traitent déjà de certaines questions mentionnées dans ce Climate Change Bill. « Durant toutes ces années toutes les structures créées à partir de la Environment Protection Act 2002 have been handling climate change issues. Il n’y a aucune nécessité de mettre en place autant de nouvelles structures administratives mentionnées dans ce projet de loi à l’heure où chaque roupie doit être dépensée judicieusement » est d’opinion le leader de l’opposition. Ce dernier a fustigé aussi sévèrement le gouvernement pour « la représentation très limitée » de la société civile au sein de ces nouvelles structures. « Lorsqu’on regarde la composition de ces comités on ne peut que déduire que le gouvernement accorde peu d’importance à la participation de la société civile dans un tel combat »

Le leader de l’opposition a terminé son intervention sur une note très critique, affirmant que la population « a besoin d’un full-time minister of Environnement » et qui « soit présent à son bureau et dévoué totalement à la question du changement climatique » et non de quelqu’un qui soit occupé à d’autres responsabilités …