La commission économique de l’opposition ne cache pas ses inquiétudes vis-à-vis de plusieurs secteurs et revient sur la question de la Black List de l’Union européenne. Avec un constat unanime : si Maurice n’est pas retirée de cette liste noire cette année, des menaces pèseront sur les emplois des diplômés mauriciens employés dans ce secteur.
Ainsi, Paul Bérenger, président de la commission et leader du MMM, Nando Bodha, Xavier-Luc Duval, Roshi Bhadain, Reza Uteem, ainsi que le Dr Sudesh Lallchand, Robert Pallamy et Veer Deewoo ont, à travers les statistiques de la Banque de Maurice et de Statistics Mauritius, démontré la « situation alarmante », selon eux, dans laquelle se trouve le pays « dans presque tous les secteurs » de l’économie.

« Le secteur des services financiers est déjà négativement touché par la liste noire de l’Union européenne (UE) et du Royaume-Uni. Si le Groupe d’action financière (GAFI) et l’UE maintiennent cette liste jusque fin 2021, le secteur des services financiers sera lourdement frappé et, ce faisant, de nombreux emplois de diplômés seront certainement menacés », estiment-ils. Et de citer les cas « très inquiétants » des secteurs du tourisme, de l’agriculture et de la manufacture.

Le cas de la Banque de Maurice (BoM) a aussi été commenté, notamment à travers les commentaires du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre des récentes Article IV Consultations, et concernant le financement du déficit fiscal du gouvernement central par la BoM. Ainsi, sur la question du recours des autorités au fonds de la BoM, le comité s’est dit « peu surpris » par la position ferme affichée par le FMI à l’égard des décideurs mauriciens, qui « agissent depuis un certain temps déjà de manière très irresponsable et mélangent politique fiscale et politique monétaire ».

Les dirigeants de l’opposition rappellent ainsi que « la mission primaire et l’objectif de la BoM, comme le stipule la Bank of Mauritius Act, est de maintenir la stabilité des prix ». « Toutefois, en raison de l’incompétence des personnes qui gèrent et gouvernent cette institution, associée à une forte ingérence continue du gouvernement dans les opérations monétaires de la BoM, c’est exactement le contraire qui s’est produit. La roupie s’est dépréciée à un rythme alarmant, gonflant ainsi les prix des produits de base et causant de graves souffrances à la population en général », poursuivent-ils.

A noter que ces derniers se sont également longuement appesantis sur le cas de la compagnie d’aviation nationale, Air Mauritius.

Les membres de la commission économique se réuniront encore la semaine prochaine. Au programme des discussions cette fois : la gestion et la gouvernance des institutions et des entreprises gérées par l’État.