Le ministre du Commerce, Yogida Sawmynanden, à son arrivée en cour le mardi 29 décembre dernier

Déficit de soutien palpable venant des partisans du Mouvement socialiste militant (MSM) aux abords de la New Court House lors de la comparution du ministre du Commerce, Yogida Sawmynaden, dans la Private Prosecution. De 8h à 11h30, soit à la fin de la séance de mardi, rares ont été les signes ostensibles de soutien orange au colistier du Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, dans la circonscription de Moka/Quartier-Militaire (No 8), à l’exception de quelques agents venus sans afficher de couleur politique. L’un d’entre eux concédait d’ailleurs : « Premie minis pe fane lor la. Lor enn size anbarasan koumsa ti bizin fini deman li Step Down. »

Un bref passage du collaborateur au Prime Minister’s Office, Loveish Ramnochane, du côté de la Cour intermédiaire, n’est pas passé inaperçu, tout comme celui de Ben Annavey, proche de sir Anerood Jugnauth. Contrairement à la mobilisation, qui avait eu lieu devant le tribunal de Mahébourg lors des comparutions des ministres Ramano et Maudhoo le 21 août dernier dans le cadre des Private Prosecutions contre eux, il n’y avait aucune démonstration partisane en faveur de Yogida Sawmynaden à Port-Louis. L’arrivée du ministre peu avant 9h30, pour sa comparution, laissait déjà entrevoir le “mood” qui régnait Place Cathédrale. « Fou li deor », « Demisione ta ! », scandaient ceux présents et sous le contrôle d’un déploiement conséquent de policiers avec plusieurs hauts gradés sur place.

Le ministre arborait un sourire timide, escorté par une escouade de la VIPSU, qui avait déjà pris des dispositions pour parer à toute éventualité. Graduellement, le nombre de personnes venues en guise de soutien à la famille Kistnen augmentait, forçant la police à augmenter la vigilance pour contenir tout attroupement devant l’enceinte de la Cour intermédiaire. Au fil des minutes, ils étaient plusieurs observateurs sociaux ou encore des militants des droits de l’homme qui avaient pris place dans la cour de l’église.

L’on déplorait toutefois cette grosse mobilisation policière. « Pe fer koumadir nou kinn fane ek seki finn fane la pe gagn gro proteksion. Get komie gard finn bizin deplwaye zordi, enn lavey lane. Tou sa polisie-la pe bizin vinn donn proteksion politik. Me ziska kan ? », laissait entendre une dame, qui dit être venue pour accorder son soutien à Simla Kistnen et pour encourager cette dernière à mener à bout son action pour trouver la vérité sur la mort de son mari.

Ceux présents étaient d’ailleurs remontés, avec les nouvelles qui indiquaient que le ministre refusait de se présenter dans le box des accusés. « Ki kalite boug sa. Zis li ek so gouvernman ki pa pe trouve linn fote. Enn ta rise pouse zis pou pa rann kont. Li bizin azir kouma enn politisien dign. Step Down. Al blansi ou », affirmait un autre retraité, passionné de politique.

La sortie de Yogida Sawmynaden allait se faire sous des huées, voire une bousculade. À peine sa voiture avait pris place devant la cour, rue Pope Hennessy, que les manifestants se sont fait entendre, cette fois de plus belle manière. Le ministre, sous forte escorte policière, était bousculé et a dû faire quelques mètres pour regagner sa berline. « Fou li deor », « ena lamour prop ek demisione », laissaient entendre plusieurs voix. Un homme, qui voulait s’en prendre directement au ministre, a été immobilisé par plusieurs policiers alors qu’un autre lui a lancé « le 7 to pou kone ».