“Mon premier souvenir remonte à 1985. J’étais alors le Principal du collège Trinity. L’affaire Amsterdam Boys venait d’éclater… Un policier est venu me trouver au collège, pour me dire que le Premier ministre m’avait convoqué pour le lendemain. Je pensais qu’il avait fait une erreur et je le congédiais.

« Mais il a maintenu que le Premier ministre d’alors, sir Anerood Jugnauth, m’attendrait et de ne pas manquer cette entrevue. Quand je me pointais à son bureau, il avait une immense pile de documents en mains, et me lança : ‘Alalila ! Tou seki tonn prédire inn arive… Tonn dir la mafia ladrog so lebra pou reach ziska Parlman. Abe sa inn ariver. Ki nou fer aster ?’

«  SAJ était déjà à pied d’oeuvre et se lançait dans la bataille. Je suis, aujourd’hui, très triste, parce que c’est le seul PM qui a osé mettre deux commissions d’enquête sur la drogue : la première avec la Commission Rault, dans le sillage du scandale des Amsterdam Boys, et la seconde, en 2015, avec la Commission Lam Shang Leen. ! Il a eu le courage de le faire et pour ça, je le remercie énormément.

« Et aussi pour sa lutte acharnée contre les trafiquants. Dès 1985, il avait saisi les enjeux dramatiques qu’aurait la prolifération de la drogue dans la société. Aussi, avec la Commission Rault, SAJ institua le Trust Fund pour venir en aide aux victimes du trafic, soit les consommateurs et leurs proches.

Il y avait, entre nous deux, un respect mutuel. Par exemple, pour la commission Lam Shang Leen, il avait pris le soin de demander au chef du Cabinet de m’informer officiellement et personnellement avant l’annonce au conseil des ministres.
En 44 ans de lutte, c’est avec un pincement au coeur que j’ai appris la nouvelle de son départ.”