Le ministre Ganoo aux côtés de l'Attorney General, dénonçant des irrégularités alléguées dans la déclaration des avoirs du leader de l'opposition, dont il demande la démission

La polémique entourant la déclaration des avoirs du leader de l’opposition, Arvin Boolell, a été le centre d’un point de presse des porte-parole du gouvernement, à savoir les ministres Alan Ganoo et Maneesh Gobin, intervenant sur cette affaire hier, au Prime Minister’s Office. Ils affirment que les explications données par Arvin Boolell constituent un aveu qu’il a enfreint les dispositions de la loi sur la déclaration des avoirs.

« On attend de voir ce que fera le DPP dans le cas d’Arvin Boolell », a affirmé Alan Ganoo, ajoutant que l’ICAC n’a qu’un rôle de “monitoring” des déclarations des avoirs et qu’il incombe, à présent, au Directeur des Poursuites Publiques (DPP) de décider s’il y a lieu d’entamer des poursuites ou pas contre quelqu’un qui n’a pas agi conformément aux provisions des lois.

Au sin du gouvernement, on estime que cette faute d’Arvin Boolell est « suffisante » pour qu’il démissionne de son poste de leader de l’opposition. Pour l’Attorney General, Maneesh Gobin, Arvin Boolell est allé à l’encontre des provisions de la loi, « quand il a affirmé que les biens qu’il n’a pas déclarés n’ont pas encore été partagés » et que cela serait « un délit très grave » entraînant une peine sévère. Maneesh Gobin s’est attardé sur les propos d’Arvin Boolell selon lesquels « l’ICAC n’aurait pas respecté la confidentialité ».

« Lor ki planet ki li pe viv ? », s’est demandé l’AG Gobin, en soutenant que la loi sur la déclaration des avoirs stipule que « la déclaration est rendue publique et publiée sur le site web de la commission anticorruption ». Il soutient que le leader de l’opposition « ne peut prétendre qu’il n’a pas commis un délit ». Il indique également que « possiblement, il y aurait aussi un délit de jurer un faux affidavit » dans cette affaire, qui, selon le porte-parole du gouvernement, « disqualifie Arvin Boolell pour le poste de leader de l’opposition ».

Par ailleurs, interrogé sur l’enquête entourant la mort de Soopramanien Kistnen, l’agent du MSM dont le corps calciné a été retrouvé dans un champ de cannes à Moka, Maneesh Gobin a répondu qu’il y a une enquête judiciaire en cours et qu’on ne peut tirer des conclusions hâtives. Il a précisé également que, dans une enquête judiciaire, « il n’y a pas d’accusé, contrairement à un procès » et qu’il « faudra attendre que tous les témoignages soient recueillis » entourant la mort de Soopramanien Kistnen.

Alan Ganoo a affirmé que l’enquête en question vise à faire la lumière sur les circonstances de la mort de Soopramanien Kistnen et qu’il « ne s’agit pas d’une enquête contre le ministre du Commerce ». Questionné sur la nécessité que Yogida Sawmynaden démissionne de son poste de ministre, notamment après les affirmations de Simla Kistnen, l’épouse de Soopramanien Kistnen, sur l’utilisation de son nom comme bénéficiaire d’une allocation pour le rôle de Constituency Clerk du ministre Sawmynaden, Maneesh Gobin affirme qu’il « faut attendre que l’enquête de l’ICAC sur cette polémique progresse avant de trancher ».

Au chapitre de l’Angus Road Saga, les deux ministres sont restés évasifs sur le document d’arpentage de juin 2004, portant les signatures du Premier ministre, Pravind Jugnauth, et de son épouse, avançant que « l’enquête est en cours » et que le Premier ministre « a déjà expliqué sa version des faits ».